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Bamberger

Journal sexuel d’un garçon d’aujourd’hui

Avec Arthur Dreyfus
et la complicité de Nicolas Lafitte

Sur les traces de Tricks (1979) de Renaud Camus (lorsqu’il était un écrivain encore fréquentable) ou de Guillaume Dustan et Dans ma chambre (1996), Arthur Dreyfus, 35 ans – à la fois auteur, scénariste, journaliste et réalisateur – a entrepris de raconter cinq ans de la vie sexuelle d’un jeune gay avec son Journal sexuel d’un garçon d’aujourd’hui, dans le moindre détail et sans filtre. L’écrivain s’accompagnera au piano et interprètera ses propres chansons pour nous narrer quelques extraits, ponctués de traits d’humour salutaires sous forme de digressions philosophiques ou psychanalytiques, de ce pavé littéraire de 2294 pages et un kilo et demi, qu’il décrit comme « un livre de vérité et non pas comme de l’autofiction ».


Lecture musicale réservée à un public averti.


À lire :

  • Arthur Dreyfus, Journal sexuel d’un garçon d’aujourd’hui, P.O.L, 2021.
Paolo Bevilacqua

Trilogie méditerranéenne

Avec Alexandra Schwartzbrod
Entretien animé par Yann Nicol

Quoi de mieux qu’un roman noir pour éclairer nos tragédies contemporaines, que les thrillers haletants d’Alexandra Schwartzbrod pour tenter d’expliquer le conflit israélo-palestinien?

Avec distance et une connaissance précise des lieux, la romancière, critique, essayiste, spécialiste du Moyen-Orient et rédactrice en chef adjointe de Libération nous offre sa vision d’un inextricable conflit géopolitique. Connue pour ses éditos engagés, Alexandra Schwartzbrod déplace ici le curseur dans un futur proche et plutôt inquiétant, où l’État d’Israël se verrait coupé en deux, avec les ultra-orthodoxes d’un côté et des « résistants » de l’autre.

Les Lumières de Tel-Aviv est le dernier opus d’une grande trilogie israélienne unanimement saluée par la presse, composée de Balagan (Prix SNCF du polar, 2003) et de Adieu Jérusalem (Grand Prix de littérature policière, 2010).

Une foule de personnages gravite dans des espaces clos, souvent liés les uns aux autres, amis ou ennemis qui fuient en bus, à pied ou en bateau, et qui souvent franchissent au péril de leur vie murs et checkpoints. Dans cette odyssée qui tient autant du récit d’aventures que du roman politique, Alexandra Schwartzbrod s’interroge au-delà de la « question israélienne » et de «la colonisation, ce cancer d’Israël » : le monde de demain sera-t-il sécessionniste ?

Dystopie prophétique? « C’est une tragédie envisageable à très court terme, un futur possible si on ne change pas de politique ». N’est-il pas déjà trop tard? Les passerelles sont-elles encore possibles, mêmes infimes ? Alexandra Schwartzbrod avoue avoir quelques doutes sans se départir, à l’instar de ses personnages, d’un certain optimisme qu’elle partagera avec nous pendant cet entretien.


À lire :

  • Alexandra Schwartzbrod, Balagan ; Adieu JérusalemLes Lumières de Tel-Aviv, Rivages/Noir Poche, 2021.

Nouveaux féminismes

Avec Mathilde Blézat et Lucie Geffroy
Rencontre animée par Guénaël Boutouillet

Où en est le féminisme dans cette époque troublée du post-#MeToo ? C’est à cette question, et à bien d’autres, que répondront Mathilde Blézat et Lucie Geoffroy. Autrice, avec d’autres collaboratrices, de la version française revisitée et actualisée de Notre corps, nous-mêmes (classique du féminisme paru en 1973 aux États-Unis qui aborde à travers de nombreux témoignages le corps, la sexualité, l’avortement, la vieillesse ou l’émancipation), Mathilde Blézat se penchera avec Lucie Geoffroy, cofondatrice de la revue trimestrielle La Déferlante, consacrée aux thématiques liées au féminisme et au genre, le brûlant et épineux sujet du/des féminismes contemporains.


À lire :

  • La Déferlante. La revue des révolutions féministes.
  • Collectif, Notre corps, nous-mêmes, Hors d’atteinte, 2020.

La rencontre sera suivie d’un temps de discussion informelle avec le public.

Hannah Assouline

Les beaux jours de Valérie Zenatti

Avec Valérie Zenatti
Entretien animé par Olivia Gesbert

Écrivaine, traductrice, scénariste, Valérie Zenatti possède à l’évidence toutes les qualités pour se prêter à l’exercice du grand entretien façon Oh les beaux jours !. Alors que reparaît son premier roman, En retard pour la guerre, elle reviendra sur son parcours riche et éclectique qui a démarré avec l’écriture d’ouvrages pour la jeunesse, notamment Une bouteille dans la mer de Gaza (L’École des loisirs, 2005) pour lequel elle a remporté une vingtaine de prix, qui a été traduit dans une quinzaine de langues et adapté au cinéma par ses soins et par le réalisateur Thierry Binisti.

L’œuvre de Valérie Zenatti est marquée par l’enfance, ses possibles et ses peurs, par la guerre, la dimension géopolitique des conflits, mais aussi par la place qu’occupent l’individu et son histoire intime dans la sphère collective. C’est ainsi que dans Jacob, Jacob (L’Olivier, 2014 ; prix du Livre Inter) elle a exploré la mémoire algérienne de sa famille à travers le portrait de Jacob, jeune juif de Constantine enrôlé en 1944 pour libérer la France de l’occupation nazie.
Valérie Zenatti est aussi une grande traductrice de l’hébreu, particulièrement de l’œuvre d’un des plus importants écrivains de notre temps, l’écrivain israélien Aharon Appelfeld (disparu en janvier 2018). Elle a relaté leur relation littéraire et amicale extrêmement forte dans un récit intimiste, Mensonges (L’Olivier, 2011), mais aussi dans un essai brillant, Dans le faisceau des vivants (L’Olivier, 2019).

Depuis peu, Valérie Zenatti a élargi sa palette avec l’écriture de séries. Au Mucem, elle évoquera tout cela mais aussi son goût des autres, sa passion pour la musique et pour les langues. À ses côtés, la comédienne Agathe Bonitzer, qui interprétait le personnage principal d’Une Bouteille à la mer, et l’écrivaine Nathalie Kuperman dont elle dit qu’elle est la personne au monde avec laquelle elle a « le plus de bonheur à ne pas être d’accord…».
Accords et dissonances : oh le beau programme !

 


À lire :

  • Valérie Zenatti, En retard pour la guerre, L’Olivier, 2021 ; Dans le faisceau des vivants, L’Olivier, 2019 (prix France Télévisions).

À voir :

  • Thierry Binisti, Une bouteille à la mer, Diaphana, 2019.

En coréalisation avec le Mucem.

© Angela Flahault

Storie Nostrum

Avec François Beaune et Jack Souvant

En 2012, l’écrivain François Beaune s’est lancé dans une vaste collecte d’histoires vraies : plusieurs livres, des formes scéniques et un site internet sont nés de cette expérience. Depuis, le projet Histoires vraies de Méditerranée est devenu une vaste aventure collective qui associe d’autres auteurs, des artistes, des scientifiques et qui s’ouvre aujourd’hui à l’histoire publique et à la création sonore sous celle de Jack Souvant. Oh les beaux jours ! et le musée d’Histoire de Marseille présentent les premiers podcasts du projet Storie Nostrum sous la forme d’une sieste archéologique en plein air, sur le site du port antique. Des archéologues et des historiens de l’Antiquité jouent le jeu de la fiction pour restituer l’existence des habitants ordinaires de la Méditerranée, il y a 2 500 ans.

Installés confortablement sur une chaise longue, un casque audio sur les oreilles, fermez les yeux et embarquez pour ce voyage sonore. Partez à la découverte de Derdas le berger molosse, de Mélanippè l’esclave koraxe, de Philto, l’adolescente d’Olbia, ou encore d’Hermolaos et de Diermos. L’écoute de chaque histoire (8 minutes environ) sera suivie d’un échange avec le public.

En présence des participants au projet : Maya Bresciani (médiatrice en archéologie sur le site d’Olbia à Hyères), Anca Dan (chargée de recherche au CNRS), Marie-Pierre Dausse (maîtresse de conférence en histoire grecque à l’université de Paris 8), Vincent Mespoulet (coordinateur du projet Storie Nostrum), Manuel Moliner (archéologue de la ville de Marseille) et Réjane Roure (maîtresse de conférence en archéologie à l’université Paul Valéry de Montpellier).

En partenariat avec le musée d’Histoire de Marseille et l’association Histoires vraies de Méditerranée.

https://histoiresvraies.org/storie-nostrum/


À lire :

François Beaune, Calamity Gwenn, Albin Michel, 2020 ; La Lune dans le puits. Histoires vraies de Méditerranée, Verticales, 2013.


 

DR

Beyrouth ô Beyrouth !

Avec Camille Ammoun et Lamia Ziadé
Rencontre animée par Élodie Karaki

Pour Octobre Liban, l’écrivain Camille Ammoun, par ailleurs spécialiste des questions de résilience et de durabilité urbaine, a arpenté la rue la plus longue de la capitale, histoire de mieux cerner le souffle révolutionnaire qui s’est emparé de Beyrouth en 2019 (à l’image du printemps arabe égyptien ou du hirak algérien). Une artère étroite de plus de 5 kilomètres qui change de nom et traverse tout le centre-ville, où l’auteur a interrogé les gens, participé aux débats improvisés et s’est infiltré dans les lieux alternatifs. Un vent d’espoir malheureusement réduit à néant le 4 août 2020 à 18h07 précises avec l’explosion d’un stock de 2750 tonnes de nitrate d’ammonium générant un souffle ressenti à des dizaines de kilomètres à la ronde, l’effondrement de nombreux bâtiments, causant la mort de 171 personnes et plus de 6 500 blessés et détruisant l’artère d’où était partie la contestation populaire.
De son côté Lamia Ziadé, auteure et illustratrice, raconte avec Mon port de Beyrouth la manière dont elle a vécu ce drame explosif depuis Paris et au plus profond de sa chair, mélangeant les témoignages des membres de sa famille, rendant hommage aux victimes, tressant des louanges aux pompiers, bénévoles et membres du corps soignant, ponctuant le tout de son ressenti personnel face à son pays natal et de flashback sur l’histoire du Liban. Le tout en alternant textes et dessins dans un livre qui émeut par son urgence et sa sincérité.
Avec Beyrouth en personnage principal, les livres de Camille Ammoun et de Lamia Zadié se font écho, l’un se terminant là où l’autre débute, lorsqu’un drame a éteint la flamme d’un espoir démocratique et remis malheureusement en mémoire la corruption politique qui gangrène le pays depuis des générations.


À lire

  • Camille Ammoun, Octobre Liban, Inculte, 2020.
  • Lamia Ziadé, Mon Port de Beyrouth, P.O.L, 2021.

Le Procès du siècle : la forêt amazonienne

Avec Joëlle Zask et des comédiens de la compagnie Balagan Système
Mis en scène par Grégoire Ingold


Au moment où notre société se doit de réinventer ses modèles pour se donner de nouvelles perspectives, les citoyens sont invités à ouvrir le procès du siècle et soumettre à examen les fondamentaux auxquels nous souscrivons et sur lesquels nous avions cru pouvoir établir notre assurance en l’avenir.

Au croisement du théâtre et d’une instruction judiciaire, le procès convoque une instance –ou les figures qui l’incarnent – à répondre d’elle-même. C’est la philosophe Joëlle Zask, dont les travaux portent sur la démocratie participative et qui est aussi l’autrice d’un livre passionnant sur les mégafeux, qui a été sollicitée pour l’assignation de l’homme à comparaître (rien que ça !) pour sa destruction de la forêt amazonienne.

Elle sera entourée par les participants du Gymnase des orateurs, un atelier participatif (voir ci-dessous) tandis que le public, à son tour, sera sollicité pour prendre part aux débats.


À lire :

  • Joëlle Zask, Quand la forêt brûle, Premier Parallèle, 2019.

LE GYMNASE DES ORATEURS
Samedi 17 juillet, 10h à 17h

Une journée complète d’exercices pour déchiffrer et pratiquer les arcanes de la rhétorique : exercices préparatoires (série des progymnasmata), analyse d’un sujet et construction d’un argumentaire, recherche documentaire, préparation et lecture à voix haute, dispute.Au Gymnase des orateurs l’exercice de la rhétorique croise celui du théâtre : ici, on joue ensemble à penser, on joue l’argumentation, le dialogue avec l’autre.

L’ensemble des exercices de la séance se développe autour de la thématique du Procès du siècle, qui se tiendra à 19h.
Assigné à comparaître : l’homme, roi de la création.
Plaignante : la forêt amazonienne.

Les participants de la séance sont invités à prendre une part active à la délibération publique du procès lors du spectacle.

Atelier gratuit, ouvert à tous sur réservation : reservation@mucem.org


En coréalisation avec le Mucem.

Brigitte Baudesson

Âges d’or, d’Istanbul au Caire

Avec Sedef Ecer et Iman Mersal
Rencontre animée par Élodie Karaki


Née en Égypte, vivant désormais au Canada, Iman Mersal était jusqu’ici reconnue comme l’une des figures du renouveau poétique égyptien (poèmes réunis dans Des choses m’ont échappé, magnifiquement traduits en français par Richard Jacquemond et publiés chez Actes Sud/Sindbad). La voici désormais romancière, couronnée par le prix littéraire Sheikh Zayed, le plus prestigieux du monde arabe pour la première fois décerné à une femme.
Iman Mersal est donc partie Sur les traces d’Enayat Zayyat, jeune écrivaine égyptienne qui s’est suicidée en 1963, à l’âge de 26 ans. Autrice d’un seul livre, qu’elle avait cherché en vain à publier et qui n’est paru qu’à titre posthume quatre ans après sa mort, son nom a été rayé de l’histoire de la littérature égyptienne des années 1960, période pourtant féconde qui vit s’affirmer les tenants du nouveau roman arabe dans le sillage du grand Naguib Mahfouz.
C’est par hasard qu’Iman Mersal a découvert dans les rayons d’un bouquiniste L’Amour et le silence, le livre d’Enayat Zayyat, qui l’a conduit à s’embarquer dans une entreprise singulière, bien plus qu’une enquête littéraire passionnante et une plongée dans l’archive, bien plus qu’un essai féministe ou qu’une tentative de réhabilitation biographique à l’aune des enjeux politiques et sociétaux de l’Égypte nassérienne. Rarement une quête documentaire n’aura été aussi bien transformée en un immense objet littéraire.

Avec Trésor national, Sedef Ecer fait le portrait d’une Turquie marquée par quatre coups d’État, à travers celui d’une actrice de cinéma, Esra Zaman, trésor d’un cinéma turc qui a connu son apogée dans les années 1960-70. Cette histoire nous est racontée par Hülya, la fille d’Esra, qui se fait désormais appeler Julya depuis qu’elle a coupé tout lien avec sa mère et quitté son pays natal pour s’installer à Paris. Le putsch raté de juillet 2016 l’oblige à se souvenir d’une enfance passée sur les plateaux, de la diva flamboyante qu’était sa mère, de la disparition non élucidée de son père, de cette Turquie laïque qui n’est plus. Malgré les tourments de l’histoire, sa mère n’a pas changé : elle continue à vivre dans l’illusion du cinéma, pour ses rôles et sa gloire. Elle prépare le dernier spectacle de sa vie, son enterrement somptueux au Théâtre de la ville d’Istanbul, et s’est mise en tête que sa fille en écrive le discours. Hülya hésite puis se décide : elle écrira l’histoire de cette mère qui l’a si peu été, cette femme à la fois soleil et démon.

Deux pays auscultés par des procédés littéraires différents – fiction et non-fiction –, deux âges d’or à la fois réels et fantasmés qu’Iman Mersal et Sedef Ecer mettent au jour avec un grand art du récit.


À lire

  • Sedef Ecer, Trésor national, JC Lattès, 2021.
  • Iman Mersal, Sur les traces d’Enyat Zayyat, traduit de l’arabe (Égypte) par Richard Jacquemond, Actes Sud, 2021.

À consulter


Iman Mersal est résidente en 2020-2021 à l’IMéRA où elle est titulaire de la Chaire Camus sur les modes de vie en Méditerranée.


 

En coproduction avec la Saison Africa 2020 / Institut français.

Remise du prix littéraire du Barreau de Marseille

Avec Laurent Petitmangin et le ou la lauréate 2021
Remise du prix et entretien animés par Nicolas Lafitte


Depuis l’an dernier, Oh les beaux jours ! a répondu à l’appel du Barreau de Marseille, désireux d’organiser un prix littéraire. Très vite, nous sommes tombés d’accord pour dire que ce prix, s’il ne devait pas exclure les genres stimulants du polar et du roman noir, devait aussi s’étendre plus largement aux livres dont les sujets étaient en lien avec les préoccupations éthiques ou professionnelles des avocats.
Histoires familiales complexes et parfois tragiques, réalité difficile du monde du travail, parentalité, technocratie judiciaire, carcérale et policière, parts sombres et parfois insondables de l’individu, violence des parcours migratoires… les six romans sélectionnés cette année nous entraînent avec force dans des histoires qui questionnent la société contemporaine.

La sélection 2021

  • Le Roman de Jim, Pierric Bailly, P.O.L
  • L’Instruction, Antoine Brea, Le Quartanier
  • Le Passeur, Stéphanie Coste, Gallimard
  • Les Nuits d’été, Thomas Flahaut, L’Olivier
  • Le Démon de la colline aux loups, Dimitri Rouchon-Borie, Le Tripode
  • L’Ami, Tiffany Tavernier, Sabine Wespieser

L’an dernier c’est Laurent Petitmangin qui avait remporté le prix pour Ce qu’il faut de nuit (La Manufacture de livres, 2020), un premier roman poignant, histoire d’une rupture filiale qui mettait à l’épreuve les idéaux et les certitudes d’un père, roman social qui pointait sans misérabilisme une France marginalisée et répondait à la question : peut-on pardonner à son enfant lorsque celui-ci rompt avec les valeurs qu’on lui a transmises ?

Empêché de faire le déplacement l’an dernier pour les raisons que l’on sait, Laurent Petitmangin sera cette année à Marseille pour enfin parler de son livre et rencontrer le public. Il sera en compagnie de l’heureux lauréat ou de l’heureuse lauréate du Prix littéraire du Barreau de Marseille 2021, qui aura été désigné lors d’une cérémonie de remise du prix ouverte à tous.

 

 


En partenariat avec le Barreau de Marseille.

Prix
Le ou la lauréate reçoit la somme de 3 000 € grâce au soutien de la Société de courtage des Barreaux.

Bamberger

En l’absence d’Hervé Guibert

Avec Mathieu Lindon
Projection des photographies de Hans Georg Berger
Rencontre animée par Tewfik Hakem

Cela fait trente ans qu’Hervé Guibert nous a quittés, emporté par les effets du sida à 36 ans, laissant derrière lui une œuvre fascinante qui occupe une place unique dans la littérature française et que redécouvrent aujourd’hui de nouveaux lecteurs. On a tout dit de Guibert, l’enfant terrible et subversif, à la fois doux et provocateur, précurseur dans l’autofiction, auteur de romans, nouvelles et récits mais aussi de photographies où surgissaient avec éclat tous les protagonistes et les objets d’un petit théâtre personnel parcouru par le désir ; Guibert qui poussait si loin l’introspection qu’il alla jusqu’à filmer sa maladie.

Écrivain et journaliste à Libération, Mathieu Lindon a été très proche, et ce de longues années, d’Hervé Guibert, apparaissant de manière récurrente dans plusieurs romans de l’écrivain disparu en 1991. Si Lindon est resté plutôt discret sur cette amitié qu’il a commencé à aborder dans ses romans avec le sublime Ce qu’aimer veut dire paru en 2011, Hervelino (du petit nom affectueux qu’il donnait à son ami) sorti au printemps revient sur cette amitié hors norme, sur « leurs années romaines » lorsqu’ils séjournaient tous les deux à la Villa Médicis de 1988 à 1990, alors qu’Hervé était déjà malade et diminué physiquement par le sida.
Interviewé par Tewfik Hakem, Mathieu Lindon replongera dans Hervelino, court texte mélancolique et souvent drôle qui n’est pas une collection de souvenirs à proprement parler, mais plutôt un livre sur la difficulté à raconter l’être aimé. Autre compagnon de route d’Hervé Guibert, le photographe Hans Georg Berger partageait avec lui sa passion pour l’image et a réalisé parmi les plus beaux portraits de l’écrivain. Certains seront projetés et nourriront cet entretien qui s’annonce passionnant.


À lire :

  • Mathieu Lindon, Hervelino, P.O.L, 2021.
  • Hans Georg Berger, Hervé Guibert, Un amour photographique, Éditions Le Quai et Michel de Maule, 2020.