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juillet 2021
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Les beaux jours de…

Jonathan Coe, Nancy Huston, Valérie Zenatti. Cette année, pour l’exercice du grand entretien façon Oh les beaux jours !, le festival invite trois grands écrivains dont les univers conjuguent un intérêt marqué pour le monde avec une prodigieuse capacité à faire récit. Écologie, Afrique, Angleterre, cinéma, musique, amitiés, exils, accords et dissonances, engagements et influences… : carte blanche leur est offerte pour nous entraîner dans leur petite fabrique de littérature, découvrir ou approfondir leur œuvre et partager leurs passions.

Dernières nouvelles du monde

C’est peu dire qu’il s’en est passé des choses depuis qu’on s’est quittés ! L’une des plus belles voix du continent africain, la chanteuse Angélique Kidjo, nous donne des nouvelles d’un monde où les droits humains ne cessent d’être bafoués. L’historien Sobhi Bouderbala fait un état des lieux de la langue arabe dans la traduction littéraire. Depuis Alexandrie, Safaa Fathy, Raphaël Imbert et Maylis de Kerangal ont répondu à l’appel d’un cri rassembleur, tandis que Camille Ammoun et Lamia Ziadé ont sondé l’âme meurtrie de Beyrouth et qu’Alexandra Schwartzbrod épouse les codes du roman noir pour éclairer le conflit isréalo-palestinien. La vague #MeToo continue de déferler et fait surgir de nouveaux féminismes portés par Mathilde Blézat et Lucie Geffroy. Le chanteur Florent Marchet explore le monde du vivant dans son premier roman, le poète Maxime Actis arpente les périphéries délaissées dans un road-movie européen, la philosophe Joëlle Zask assigne l’homme à comparaître pour sa destruction de la forêt amazonienne. Et nul ne peut ignorer qu’un virus mutant a assailli la planète, bouleversant notre quotidien et le sens même de nos vies. Comment alors réapprendre à vivre ensemble ? C’est la question à laquelle le journaliste scientifique Nicolas Martin et ses invités répondront au cours d’une grande soirée alliant sciences, arts et politique. En clôture du festival, la chanteuse Keren Ann et la comédienne Irène Jacob tenteront d’apaiser nos craintes dans un duo poétique et musical né de leurs échanges pendant le grand confinement.

N'ayons pas peur des histoires !

Si la non-fiction occupe désormais une place importante dans la littérature, l’imagination et les grands récits ont encore de beaux jours devant eux ! Tiffany Tavernier et l’écrivain américain David Vann pénètrent les profondeurs de l’âme humaine pour en faire surgir des monstres pendant que le romancier soudanais Abdelaziz Baraka Sakin et le poète haïtien Jean D’Amérique explorent la puissance des imaginaires de leurs pays pour donner naissance à des personnages inoubliables. Rébecca Dautremer nous entraîne dans ses mondes fantastiques, tout comme le chanteur Oxmo Puccino, qui a choisi la forme du conte pour son premier roman. François Beaune poursuit sa collecte d’histoires vraies et joue, avec Jack Souvant, le jeu de la fiction pour restituer l’existence des habitants ordinaires de la Méditerranée, il y a 2 500 ans. Le metteur en scène Grégoire Ingold interroge les puissances de la parole et convoque Platon pour un incroyable Philo Fight. Le chanteur Fred Nevché et Simon Henner (French 79) invitent cinq écrivains d’aujourd’hui à raconter l’histoire irréelle de Lou Reed.
Vive la fiction !

Risquer pour vivre plus

Vivre pour ses idées, ses amours ou ses croyances, défier le réel ou composer avec, jusqu’à, parfois, risquer de tout perdre. L’héroïne du roman de Sedef Ecer, diva du cinéma turc, le sait mieux que personne, tout comme Enayat Zayyat, écrivaine égyptienne disparue trop tôt qu’Iman Mersal fait revivre. Quant aux personnages des romans de Pierric Bailly et de Thibault Bérard, ils mettent à l’épreuve les liens du sang tandis que ceux de Maylis de Kerangal et de Sylvain Prudhomme écoutent leurs voix intérieures pour faire vibrer leur existence, tout comme le jeune héros romantique d’Éric Reinhardt qui brave les secrets d’État pour mettre au jour l’incompétence des élites françaises. Vivre, c’est frôler la mort comme l’écrivain Georges Arnaud, incarcéré injustement en 1941, dont le cri de révolte résonne aujourd’hui grâce au rappeur Vîrus. Vivre, c’est se regarder disparaître, à l’image de l’écrivain juif d’Odessa Isaac Babel dont Camille de Toledo raconte les derniers mois dans l’enfer des geôles staliniennes, ou comme Hervé Guibert, mort du sida à 36 ans, dont les compagnons de route, Hans Georg Berger et Mathieu Lindon, viennent rappeler la place subversive et fascinante qu’il occupe toujours dans la littérature 30 ans après sa disparition.

Corps intime, corps social

Nos corps nous rappellent à l’ordre, nous font souffrir ou nous libèrent. Ils sont le reflet de ce que nous héritons de nos parents, comme le rappelle Camille de Toledo. Ils exultent jusqu’à l’addiction et interrogent notre époque, comme l’expérimente Arthur Dreyfus. Ils dévoilent aussi, avec Nathalie Kuperman et Laura Ulonati, le lien parfois complexe qui nous unit à nos mères, ou nous disent, avec le poète Patrick Varetz, que la chronique de soi est aussi une chronique du monde. Le regretté Hervé Guibert avait exprimé sa fascination pour les corps de ses grands-tantes dans un roman-photo que Xavier Legrand a choisi de porter sur scène. Le corps c’est aussi le cerveau, siège de la conscience qui parfois déraille et conduit à la folie, un monde à part qu’ont sondé la romancière Joy Sorman et l’autrice BD Lisa Mandel ; le cerveau, un organe que Jean-Yves Duhoo a décortiqué dans une BD passionnante adoubée par le brillant neurologue Lionel Naccache, un centre de contrôle du corps humain d’où proviennent les rêves que Bernard Lahire choisit d’interpréter à l’aune inattendue de la sociologie tandis que Charly Delwart en fait un motif romanesque. Enfin, en ces temps où nous avons dû dompter nos corps pour travailler à la maison, l’examen de nos postures fait son retour dans la réjouissante Ethnologie du bureau de Pascal Dibie.

Les livres et les enfants d'abord !

Cette année, Oh les beaux jours ! participe à la grande manifestation estivale Partir en livre, organisée par le Centre national du livre. Aude Léonard, Jeanne Macaigne et Marie-Élise Masson déploient leurs univers colorés dans les parcs marseillais au cours d’ateliers matinaux. Nicolas Lafitte et Lionel Romieu créent pour l’occasion un spectacle musical qui nous transporte au pays de Sinbad. Benjamin Chaud et Gildas Etevenard nous entraînent dans le monde merveilleusement agité des Marsus ! Casque vissé sur la tête, Mari Moto sauve le monde et défie l’ouragan qui s’abat sur la ville au cours d’une lecture dessinée imaginée par Dorothée de Monfreid, qu’accompagne le musicien de jazz Thomas Savy. Waouh, le beau programme !

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