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Pente raide

Marin Fouqué et Samira Negrouche

Avec Pente raide, Samira Negrouche et Marin Fouqué prennent le risque d’un échange sans filet : un face-à-face escarpé, dans lequel se percutent les préjugés et les possibles, les espoirs et les malentendus, les non-dits et la colère. Un dialogue à vif, tendu entre deux pays qui s’éloignent, l’Algérie et la France.

Dans une ville méditerranéenne écrasée de soleil, dont les rues pourraient être celles d’Alger ou de Marseille, deux corps s’approchent. Lui avance avec ses silences et son couteau dans la poche ; elle avec le poids de l’Histoire et une parole à faire entendre. Entre eux : la mer, les idées reçues, les héritages brûlants et les récits confisqués.

Écrit à quatre mains, le texte épouse le mouvement de la pente : monter, descendre, se heurter, tenter de se relever. Une « langue d’éboulis », faite de fractures et d’élans, où se mêlent mémoires intimes et histoires collectives : celles de la guerre, des années noires, des transmissions empêchées.

Dans cette lecture musicale, leurs voix se répondent et s’affrontent, portées par une écriture qui boxe autant qu’elle relie, loin des discours figés. De cette confrontation naît un « nous » fragile, une tentative de faire pont là où tout semble séparer. Alors que se tient la Saison Méditerranée, une traversée essentielle pour rouvrir l’espace du dialogue entre les deux rives par le biais de la littérature.


Retrouvez Marin Fouqué, dans une performance collective avec les étudiant.e.s des Beaux-Arts de Marseille, le dimanche 31 mai à 15h.


À lire

  • Marin Fouqué, Samira Negrouche, Pente raide, Actes Sud, 2025.

Nos larmes

Maissiat avec les patients et les soignants du Centre hospitalier Valvert
Avec la participation de Léa Casadamont

Et si les larmes devenaient une force ? Avec Nos larmes, la chanteuse, autrice et compositrice Maissiat — dont l’écriture délicate et habitée explore depuis ses débuts les zones sensibles de l’intime — mène une création collective née d’ateliers d’écriture au long cours avec des patients et des soignants du Centre hospitalier Valvert et du Centre Isidore Ducasse, à Marseille.

De ces échanges émergent des textes qui disent l’impuissance, la colère, le chagrin, mais aussi l’apaisement, la libération et la nécessité des larmes. Nos larmes sont précieuses et souveraines. Elles se lisent, s’écoutent et se chantent pour enluminer les souvenirs et rendre compte de nos sensibilités.

Portée sur scène par les voix mêlées des participants et la présence de Maissiat qu’accompagne la comédienne Léa Casadamont, cette performance tisse paroles et musique. À la croisée du concert et de la création littéraire, elle fait entendre une partition fragile et vibrante, où chacun trouve sa place.
Un geste artistique en forme de manifeste, un hymne au vivant et à la joie où les larmes de chacun deviennent, peu à peu, le chant de tous.


Retrouvez Maissiat pour une lecture musicale avec Mathieu Simonet, le samedi 30 mai à 18h.


À écouter

  • Maissiat, Delta, Cinq7, 2023.

Les siestes acoustiques – Guillaume Poix

Bastien Lallemant, Maëva Le Berre, Maissiat et JP Nataf

Avec Guillaume Poix

On ne présente plus ces siestes littéraires, créées par Bastien Lallemant et devenues l’un des rendez-vous les plus prisés du festival ! À ses côtés, des complices de choix, qui n’auraient pour rien au monde manqué nos dix ans : la violoncelliste Maëva Le Berre, le chanteur et musicien JP Nataf – fidèles compagnons d’Oh les beaux jours ! – et une nouvelle venue à Marseille, la chanteuse Maissiat.

Pendant une heure, confortablement installés, laissez-vous bercer en mode acoustique par l’alternance de chansons et de lectures (il est d’ailleurs fortement recommandé d’apporter son oreiller et de s’endormir pour de vrai !).

Une véritable expérience sensorielle pour mettre en pause le rythme effréné du week-end et découvrir en douceur comment l’univers littéraire de Guillaume Poix se mêle aux territoires sensibles explorés par les musiciens.


Retrouvez Guillaume Poix pour la remise du Prix du Barreau de Marseille 2026, dont il est lauréat, le jeudi 28 mai à 18h30, et pour une rencontre avec Cédric Gerbehaye, autour des prisons, le samedi 30 mai à 16h.

Retrouvez les siestes acoustiques le samedi 30 mai à 14h, avec Kinga Wyrzykowska, et le dimanche 31 mai à 14h, avec Laurence Potte-Bonneville.

La salle Billioud n’est actuellement pas accessible aux personnes à mobilité réduite (PMR) ni aux usagers en fauteuil roulant (UFR).


À lire

  • Guillaume Poix, Perpétuité, Verticales, 2025.

À écouter

  • Bastien Lallemant, La Paresse, Zamora, 2024.
  • Maissiat, Delta, Cinq7, 2023.
  • JP Nataf (avec Les Innocents), 6 1/2 , RCA, 2019.

Les siestes acoustiques – Kinga Wyrzykowska

Bastien Lallemant, Maëva Le Berre, Maissiat et JP Nataf

Avec Kinga Wyrzykowska

On ne présente plus ces siestes littéraires, créées par Bastien Lallemant et devenues l’un des rendez-vous les plus prisés du festival ! À ses côtés, des complices de choix, qui n’auraient pour rien au monde manqué nos dix ans : la violoncelliste Maëva Le Berre, le chanteur et musicien JP Nataf – fidèles compagnons d’Oh les beaux jours ! – et une nouvelle venue à Marseille, la chanteuse Maissiat.

Pendant une heure, confortablement installés, laissez-vous bercer en mode acoustique par l’alternance de chansons et de lectures (il est d’ailleurs fortement recommandé d’apporter son oreiller et de s’endormir pour de vrai !).

Une véritable expérience sensorielle pour mettre en pause le rythme effréné du week-end et découvrir en douceur comment l’univers littéraire de Kinga Wyrzykowska se mêle aux territoires sensibles explorés par les musiciens.


Retrouvez Kinga Wyrzykowska pour une rencontre avec Louise Rose, le vendredi 29 mai à 16h.

Retrouvez les siestes acoustiques le vendredi 29 mai à 14h, avec Guillaume Poix, et le dimanche 31 mai à 14h, avec Laurence Potte-Bonneville.

La salle Billioud n’est actuellement pas accessible aux personnes à mobilité réduite (PMR) ni aux usagers en fauteuil roulant (UFR).


À lire

  • Kinga Wyrzykowska, Princesse, Éditions du Seuil, 2026.

À écouter

  • Bastien Lallemant, La Paresse, Zamora, 2024.
  • Maissiat, Delta, Cinq7, 2023.
  • JP Nataf (avec Les Innocents), 6 1/2 , RCA, 2019.

Les siestes acoustiques – Laurence Potte-Bonneville

Bastien Lallemant, Maëva Le Berre, Maissiat et JP Nataf

Avec Laurence Potte-Bonneville

On ne présente plus ces siestes littéraires, créées par Bastien Lallemant et devenues l’un des rendez-vous les plus prisés du festival ! À ses côtés, des complices de choix, qui n’auraient pour rien au monde manqué nos dix ans : la violoncelliste Maëva Le Berre, le chanteur et musicien JP Nataf – fidèles compagnons d’Oh les beaux jours ! – et une nouvelle venue à Marseille, la chanteuse Maissiat.

Pendant une heure, confortablement installés, laissez-vous bercer en mode acoustique par l’alternance de chansons et de lectures (il est d’ailleurs fortement recommandé d’apporter son oreiller et de s’endormir pour de vrai !).

Une véritable expérience sensorielle pour mettre en pause le rythme effréné du week-end et découvrir en douceur comment l’univers littéraire de Laurence Potte-Bonneville se mêle aux territoires sensibles explorés par les musiciens.


Retrouvez Laurence Potte-Bonneville pour une rencontre avec Pauline Peyrade, le samedi 30 mai à 14h.

Retrouvez les siestes acoustiques le vendredi 29 mai à 14h, avec Guillaume Poix et le samedi 30 mai à 14h, avec Kinga Wyrzykowska.

La salle Billioud n’est actuellement pas accessible aux personnes à mobilité réduite (PMR) ni aux usagers en fauteuil roulant (UFR).


À lire

  • Laurence Potte-Bonneville, Fossiles, Verdier, 2026.

À écouter

  • Bastien Lallemant, La Paresse, Zamora, 2024.
  • Maissiat, Delta, Cinq7, 2023.
  • JP Nataf (avec Les Innocents), 6 1/2 , RCA, 2019.

Le grain de beauté

Mathieu Simonet et Maissiat

Comment continuer à aimer quand l’autre n’est plus là ? Avec Le Grain de beauté, Mathieu Simonet compose un récit de deuil singulier, traversé de fragments et de détours.

Après la mort de Benoît, son mari, emporté par un mélanome, l’écrivain refuse les chemins balisés. Il enquête, collecte, écoute, rouvre des archives, appelle ceux qui l’ont connu. Non pour figer un souvenir, mais pour découvrir celui qu’il n’avait pas entièrement connu, et inventer, peut-être, une autre manière d’aimer encore.

De cette traversée naît un portrait à la fois intime et sans complaisance, porté par une vitalité inattendue, où affleurent l’humour et le désir. En creux, se dessine une réflexion sensible sur ce qui fait un couple, et sur cette « liberté du deuil » que l’auteur s’efforce de conquérir.

Sur scène, cette écriture diffractée prend voix. Mathieu Simonet lit, accompagné par la chanteuse et compositrice Maissiat, dont les chansons dialoguent avec le texte et en prolongent les vibrations. Une archive sonore de Benoît traverse la soirée, comme une présence fragile et persistante.

Avec délicatesse, cette lecture musicale explore les états du deuil — ses « microfolies », comme les nomme l’auteur, ses silences, ses échappées — et cherche, au cœur même de la perte, une forme de grâce.


Retrouvez Maissiat pour une lecture musicale avec les patients et les soignants du Centre hospitalier Valvert et du Centre Isidore Ducasse, le mardi 26 mai à 16h.

La salle Billioud n’est actuellement pas accessible aux personnes à mobilité réduite (PMR) ni aux usagers en fauteuil roulant (UFR).


À lire

  • Mathieu Simonet, Le Grain de beauté, Philippe Rey, 2026.

À écouter

  • Maissiat, Delta, Cinq7, 2023.

Le monde yiddish

Olivier Peyroux, Léa Platini et le Marseyer Klezmer Klang

Pour ouvrir joyeusement le festival dans la cour de la Vieille Charité, le sociologue Olivier Peyroux s’associe au Marseyer Klezmer Klang, orchestre marseillais dirigé par Léa Platini, pour une lecture musicale de l’album Le Monde Yiddish. Ensemble, ils font revivre une culture juive méconnue, civilisation foisonnante née en Europe de l’Est et disparue dix siècles plus tard dans la violence du 20e siècle, dont l’empreinte continue de traverser la littérature, le théâtre, les avant-gardes, jusqu’à Broadway et aux super-héros.

Ici, les mots et la musique avancent ensemble. Berceuses, chants domestiques, mélodies liturgiques : la tradition klezmer, nourrie d’influences roumaines, russes et ukrainiennes, accompagne le récit et lui donne corps. Peu à peu, c’est tout un monde sans frontières qui réapparaît, une culture yiddish inventive et profondément vivante.

Une forme accessible à tous, à découvrir en famille, pour entrer autrement dans cette mémoire et en éprouver, le temps d’une écoute, la vitalité et la force.

La lecture a lieu en extérieur, en cas de chaleur pensez à vous protéger (eau, chapeau, crème solaire).


À lire

  • Olivier Peyroux, Arnaud Nebbache (illustrations), Le Monde yiddish, Gallimard Jeunesse, 2024.

La Realidad

Julien Allouf et Dorian Gallet

Mise en scène Hélène Lotito 

Texte de Neige Sinno

Adapter sur scène l’écriture de Neige Sinno, c’est faire entendre une langue à la fois intime et traversée par le monde, où le récit devient chemin, quête et déplacement. Avec La Realidad, Julien Allouf et Dorian Gallet s’y attèlent sous la forme d’une lecture musicale mêlant pop et électro.

Au cœur du livre, un voyage fondateur. En 2002, Neige Sinno découvre le Mexique et s’engage, aux côtés d’une amie, sur les routes du Chiapas, dans le sillage des luttes zapatistes. De rencontres en détours, d’espoirs politiques en désillusions, le récit avance comme une errance habitée : celle de deux jeunes femmes cherchant une place dans le monde, un territoire où vivre, une langue qui les accueille. La Realidad – nom d’un village autant que promesse d’un horizon – devient alors moins un lieu qu’une question : comment habiter un pays, une histoire qui ne sont pas les siens ?

Portée par la voix du comédien et par la musique en direct, l’écriture de Neige Sinno déploie toute sa puissance : celle d’un texte où s’entrelacent récit intime, réflexion politique et élan amoureux pour une terre et ceux qui la peuplent.

Déjà accueillis au festival l’an dernier avec une adaptation marquante du Ciel ouvert de Nicolas Mathieu, présentée au Château d’If, Julien Allouf, Dorian Gallet et Hélène Lotoito poursuivent ici leur travail de «concerts littéraires» : faire entendre autrement des écritures contemporaines.

Pensée en étroite relation avec l’autrice, cette adaptation s’accompagne de sa présence vocale. Neige Sinno sera également sur scène pour une rencontre avec Maylis de Kerangal, qui précèdera ce spectacle en accès libre.


Retrouvez Neige Sinno pour une rencontre avec Maylis de Kerangal, le mercredi 27 mai à 16h.


À lire

  • Neige Sinno, La Realidad, P.O.L, 2025.

La jeune fille et la mort

Negar Haeri et un quatuor à cordes (Henri Demarquette, Geneviève Laurenceau, Hugo Meder et Adrien La Marca)

La jeune fille et la mort est un texte nécessaire, porté à voix haute par son autrice, l’avocate Negar Haeri. Elle revient sur le destin de Shaïna, adolescente prise dans une mécanique implacable de violences, de rumeurs et d’abandon, jusqu’à son assassinat, poignardée puis brûlée vive. Avocate de sa famille, elle ne l’a pas connue vivante : elle l’a rencontrée à travers les dossiers judiciaires et les témoignages. De cette rencontre naît une nécessité : restituer une voix, dire qu’elle fut autre chose que ce à quoi on l’a réduite. Écrire pour lui rendre sa dignité, en lui offrant un lieu, un tombeau de mots, à l’abri de la violence du monde.

Avec ce récit sans détour, Negar Haeri interroge autant les faits que ce qui les a rendus possibles : le silence, la stigmatisation, les failles de l’institution judiciaire.

Pour le festival, ce texte devient une lecture musicale d’une intensité singulière. Sur scène, la voix de Negar Haeri se déploie, accompagnée par un quatuor à cordes, aux côtés de musiciens majeurs de la scène classique. Les quatre mouvements du quatuor La jeune fille et la mort de Schubert, interprétés en dialogue avec la lecture, traversent la soirée comme une autre manière de dire l’inéluctable et la lutte.

Une création qui fait entendre autrement une histoire qu’on ne doit pas oublier, pour que le nom de Shaïna ne soit pas effacé une seconde fois. Et l’occasion d’entendre l’une des œuvres les plus puissantes de Schubert.


Retrouvez le quatuor à cordes pour le spectacle musical de Laure Grandbesançon, Frissons, le samedi 30 mai à 14h30. 


À lire

  • Negar Haeri, La jeune fille et la mort, Seuil, 2025.

À écouter

  • Henri Demarquette, Bach. Cello suites, Evidence, 2024.
  • Quatuor à cordes en Ré mineur, dit « La Jeune Fille et la Mort », de Franz Schubert.

L’imparfait

Éric Reinhardt et Victoria Quesnel
Musique de Kassel Jaeger
Vidéos de Gérard & Ange Petit

Passer une nuit seul dans la prestigieuse Galerie Borghese, à Rome, parmi les Caravage, les Raphaël, les sculptures du Bernin… Et glisser en douce une couette dans sa valise pour aller se coucher auprès de l’Hermaphrodite endormi. Le geste est sérieux, presque sacré. Il est aussi, chez Éric Reinhardt, légèrement burlesque, déplacé, et volontiers drôle.

De cette nuit naît L’Imparfait, un texte au plus près des œuvres, traversé par une attention aiguë au détail et à la sensation. Mais très vite, quelque chose déraille. L’auteur n’est plus tout à fait à sa place ; il se regarde lui-même avec une distance nouvelle, un humour inattendu.

Car Éric Reinhardt s’amuse aussi de sa propre silhouette : dandy un peu inquiet, en costume vintage Francesco Smalto à la doublure presque épiscopale, aux prises avec les contraintes les plus prosaïques d’une nuit au musée. Le comique affleure dans ces décalages, dans ces situations à la fois absurdes et concrètes, où l’angoisse se transforme peu à peu en énergie narrative.

À la déambulation dans le musée se mêle, comme souvent chez l’auteur de Cendrillon ou de L’amour et des forêts, une fiction contemporaine : Gloria, chanteuse habitée par la figure de l’Hermaphrodite, et Bruno, dentiste désenchanté. Entre eux, un amour incertain, traversé par les questions de désir et de genre. Les temps se superposent, les identités glissent, les récits bifurquent, dans une écriture libre et sensuelle, où le désir s’invite.

Sur scène, Éric Reinhardt s’entoure de la comédienne Victoria Quesnel — que l’on retrouvera cet été dans la Cour d’honneur d’Avignon dans Maldoror — pour faire entendre cette matière à deux voix. La musique de Kassel Jaeger et les images de Gerald & Ange Petit prolongent cette dérive, entre nappes sonores et fragments visuels.


À lire

  • Éric Reinhardt, L’imparfait, coll. « Ma nuit au musée », Stock, 2026.