Comment continuer à aimer quand l’autre n’est plus là ? Avec Le Grain de beauté, Mathieu Simonet compose un récit de deuil singulier, traversé de fragments et de détours.
Après la mort de Benoît, son mari, emporté par un mélanome, l’écrivain refuse les chemins balisés. Il enquête, collecte, écoute, rouvre des archives, appelle ceux qui l’ont connu. Non pour figer un souvenir, mais pour découvrir celui qu’il n’avait pas entièrement connu, et inventer, peut-être, une autre manière d’aimer encore.
De cette traversée naît un portrait à la fois intime et sans complaisance, porté par une vitalité inattendue, où affleurent l’humour et le désir. En creux, se dessine une réflexion sensible sur ce qui fait un couple, et sur cette « liberté du deuil » que l’auteur s’efforce de conquérir.
Sur scène, cette écriture diffractée prend voix. Mathieu Simonet lit, accompagné par la chanteuse et compositrice Maissiat, dont les chansons dialoguent avec le texte et en prolongent les vibrations. Une archive sonore de Benoît traverse la soirée, comme une présence fragile et persistante.
Avec délicatesse, cette lecture musicale explore les états du deuil — ses « microfolies », comme les nomme l’auteur, ses silences, ses échappées — et cherche, au cœur même de la perte, une forme de grâce. Un moment fort, où la mémoire devient mouvement.
Retrouvez Maissiat pour une lecture musicale avec les patients et les soignants du Centre hospitalier Valvert et du Centre Isidore Ducasse, le mardi 26 mai à 16h.
À lire
- Mathieu Simonet, Le Grain de beauté, Philippe Rey, 2026.
À écouter
- Maissiat, Delta, Cinq7, 2023.
