L’imparfait

Par le corps
Lecture musicale
dimanche 31 mai, 17h
1h
10€ / 5€
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Éric Reinhardt et Victoria Quesnel
Musique de Kassel Jaeger
Vidéos de Gérard & Ange Petit

Passer une nuit seul dans la prestigieuse Galerie Borghese, à Rome, parmi les Caravage, les Raphaël, les sculptures du Bernin… Et glisser en douce une couette dans sa valise pour aller se coucher auprès de l’Hermaphrodite endormi. Le geste est sérieux, presque sacré. Il est aussi, chez Éric Reinhardt, légèrement burlesque, déplacé, et volontiers drôle.

De cette nuit naît L’Imparfait, un texte au plus près des œuvres, traversé par une attention aiguë au détail et à la sensation. Mais très vite, quelque chose déraille. L’auteur n’est plus tout à fait à sa place ; il se regarde lui-même avec une distance nouvelle, un humour inattendu.

Car Éric Reinhardt s’amuse aussi de sa propre silhouette : dandy un peu inquiet, engoncé dans un costume vintage Francesco Smalto à la doublure presque épiscopale, aux prises avec les contraintes les plus prosaïques d’une nuit au musée. Le comique affleure dans ces décalages, dans ces situations à la fois absurdes et très concrètes, où l’angoisse se transforme peu à peu
en énergie narrative.

À la déambulation dans le musée se mêle, comme souvent chez l’auteur de Cendrillon ou de L’amour et des forêts, une fiction contemporaine : Gloria, chanteuse habitée par la figure de l’Hermaphrodite, et Bruno, dentiste désenchanté. Entre eux, un amour incertain, traversé par les questions de désir et de genre. Les temps se superposent, les identités glissent, les récits bifurquent, dans une écriture libre et sensuelle, où le désir s’invite.

Sur scène, Éric Reinhardt s’entoure de la comédienne Victoria Quesnel — que l’on retrouvera cet été dans la Cour d’honneur d’Avignon — pour faire entendre cette matière à deux voix. La musique de Kassel Jaeger et les images de Gerald & Ange Petit prolongent cette dérive, entre nappes sonores et fragments visuels.

Une lecture immersive, où le musée devient un terrain de jeu, de désir et de fiction.


À lire

  • Éric Reinhardt, L’imparfait, coll. « Ma nuit au musée », Stock, 2026.

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