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L’Instant poésie – France Culture avec Blandine Rinkel

L’Instant poésie – France Culture avec Blandine Rinkel
Rencontre animée par Camille Renard

Expérience sensorielle et immersive programmée à l’antenne, en podcast et également sur les réseaux sociaux de France Culture, L’Instant poésie invite à un partage d’émotions. Chaque poème est éclairé par la voix d’un artiste qui compose jour après jour à l’antenne sa propre anthologie.

L’exercice est à la fois simple et excitant : dans le hall de La Criée, Blandine Rinkel pioche dans les archives de Radio France des poèmes lus par des comédiens et proposent au public un moment d’échange. Pourquoi se souvient-elle de ce vers ? Quels rimes l’émeuvent ? Quels auteurs chérit-elle ? «Le temps du poème n’est pas le temps du poète» écrivait Guy Goffette, «il est plutôt le temps nombreux du vertige ou de la communion des temps». En véritable passeuse de la poésie d’hier et d’aujourd’hui, l’écrivaine transmet au public ses émotions à travers ses morceaux choisis.
Équipé de casque pour ne rien perdre de leurs confidences, le public est invité à les entendre en direct.

Autrice et musicienne à l’énergie contagieuse, Blandine Rinkel explore avec finesse les zones floues de l’intime et du politique, de la famille et de la liberté. Elle poursuit une œuvre littéraire audacieuse, entre roman, essai et autofiction. Sur scène, elle prête aussi sa voix et sa fougue au groupe Catastrophe, où se mêlent danse, littérature et pop jubilatoire.


  • À écouter
    L’Instant poésie sur France Culture, du lundi au vendredi à 21h30, ou en podcast.

Retrouvez Blandine Rinkel le vendredi 30 mai à 14h30 au conservatoire pour une rencontre avec Hélène Giannecchini intitulée Choisir sa famille et le samedi 31 mai à 21h au conservatoire pour le Kometa Comedy Club.

L’Instant poésie – France Culture avec Arnaud Cathrine

L’Instant poésie – France Culture avec Arnaud Cathrine
Rencontres animées par Camille Renard

Expérience sensorielle et immersive programmée à l’antenne, en podcast et également sur les réseaux sociaux de France Culture, L’instant poésie invite à un partage d’émotions. Chaque poème est éclairé par la voix d’un artiste qui compose jour après jour à l’antenne sa propre anthologie.

Dans le hall de La Criée, Arnaud Cathrine pioche dans les archives de Radio France des poèmes lus par des comédiens et proposent au public un moment d’échange. Pourquoi se souvient-il de ce vers ? Quels rimes l’émeuvent ? Quels auteurs chérit-il ? «Le temps du poème n’est pas le temps du poète» écrivait Guy Goffette, «il est plutôt le temps nombreux du vertige ou de la communion des temps». En véritable passeur de la poésie d’hier et d’aujourd’hui, l’écrivain transmet au public ses émotions à travers ses morceaux choisis.

Équipé de casque pour ne rien perdre de ses confidences, le public est invité à l’entendre en direct.

Sensible à la musique et aux mots, conseiller littéraire pour la Maison de la poésie à Paris et pour les Correspondances de Manosque, Arnaud Cathrine fait régulièrement entendre ses écrits sur scène et travaille avec de nombreux chanteurs et musiciens.


 

Je ne sais pas si je passe bien dans le paysage

Anne Portugal
Entretien animé par Michaël Batalla

Pour écrire ses livres de poésie, depuis Les Commodités d’une banquette (P.O.L, 1985) jusqu’à s&lfies (P.O.L, 2023), en passant par quelques opuscules plus secrets (voyer en l’air, Éditions l’Attente, 2001), Anne Portugal imagine des dispositifs éphémères comme on conçoit dans l’industrie des montages d’usinage, dans le but de faciliter la fabrication en série des pièces attendues.
Travaillant ainsi par ensembles successifs, elle donne vie à des « générations de poèmes » qu’elle charge de solutionner des problèmes variés, tout à la fois historiques, esthétiques et politiques comme, par exemple, celui du voyeurisme (Le plus simple appareil, P.O.L, 1992).

Du surréalisme sans métaphores à l’autoportrait sans images, chaque livre d’Anne Portugal se présente dès lors comme le laboratoire d’une écriture nouvelle qui ravive l’expérience de la lecture.
En sa compagnie, nous explorerons, en parole et par les textes, quelques-unes des lignes de force de cette passionnante aventure de création poétique.

En partenariat avec le CipM.


À lire

  • Anne Portugal, s&lfies, Éditions P.O.L, 2023.

 

Habiter l’intime

Marie Kock et Mazarine M. Pingeot
Rencontre animée par Camille Thomine

Dans Après le virage, c’est chez moi, un essai à la fois intime et philosophique, Marie Kock explore la quête universelle d’un « chez soi ». Mêlant souvenirs personnels, réflexions sur l’enfance et considérations sur les contraintes sociales, elle interroge notre rapport à l’habitat, naviguant entre les lieux que nous quittons et ceux que nous espérons trouver.

Mazarine Pingeot revisite dans 11 quai Branly un pan secret de son histoire. Avec une écriture tout en émotion contenue, elle nous ouvre les portes d’un appartement parisien où, adolescente, elle vécut cachée, fille d’un président de la République. Ce retour sur les lieux de son enfance clandestine, aussi romanesque que philosophique, devient une exploration des fantômes de son passé et de la construction de soi dans l’ombre du secret.

Rencontre avec deux autrices qui nous invitent à réfléchir sur la façon dont les lieux façonnent nos identités, tissant une réflexion profonde sur notre rapport à l’espace et à nous-mêmes.
Leur dialogue débutera avec la présentation, par un conservateur du musée, d’une œuvre appartenant aux collections du Mucem, choisie pour ses résonances avec les deux textes.

En coréalisation avec le Mucem.


À lire

  • Marie Kock, Après le virage, c’est chez moi, La Découverte, 2025.
  • Mazarine M. Pingeot, 11 quai Branly, Flammarion, 2024.

Grand déballage

Mona Messine et Esther Teillard
Rencontre animée par Claire Mayot

Il y a des livres qui laissent des traces, non parce qu’ils cherchent à convaincre, mais parce qu’ils passent en force. Carnes d’Esther Teillard et Villa Bergamote de Mona Messine en font partie. Deux romans sans concession, qui choisissent le risque plutôt que le confort, le mordant plutôt que le bienveillant – et qui, chacun à leur manière, mettent le feu aux conventions du récit féminin.

Chez Esther Teillard, c’est une écriture à vif, tout en nerfs et en griffures, qui suit les dérives d’une narratrice sans nom entre Marseille et Paris. Des plages brûlantes où bronzent les cagoles aux milieux arty parisien, elle traverse des lieux où le désir n’est jamais neutre, où le corps est terrain de violence, d’épreuve et de revanche. C’est une prose qui cogne autant qu’elle palpe, traversée par les noms de femmes mythiques – Hestia, Médée, Ève – comme autant de masques pour dire l’insupportable. Carnes, c’est la chair sans fard, le féminin dans ce qu’il a de plus exposé, de plus insurgé.

Chez Mona Messine, la violence se drape d’un autre langage – plus joueur, mais tout aussi acéré. Villa Bergamote met en scène une outsider propulsée malgré elle dans les coulisses d’un pouvoir mafieux et grotesque. Le luxe, la corruption, les héritiers, les armes planquées et les cocktails trop sucrés sirotés dans une villa des Antilles composent un théâtre où la narratrice, Roxane, observe et encaisse. Mais derrière cette passivité de surface, c’est une parole souveraine qui s’élève : ironique, féroce, consciente de sa condition de pièce rapportée dans une dynastie de ploutocrates. L’humour ici est un scalpel, la langue, un territoire de résistance.

Ce qui unit ces deux romans ? Une manière de raconter les femmes sans les lisser. Une attention aiguë à la violence systémique, qu’elle soit sociale, sexuelle ou symbolique. Et surtout, une langue à contre-courant, nourrie de colère, d’intelligence et de jubilation. On ressort de ces lectures à la fois dérouté et galvanisé, avec le sentiment d’avoir été invité à un grand carnaval du réel – où la parole ne s’excuse pas d’être outrée, ni d’être outrancière.
Esther Teillard et Mona Messine dialogueront autour de ces univers où l’intime rime avec politique, où les héroïnes, gouailleuses ou mutiques, ne demandent pas la permission d’exister. Un moment rare avec deux voix qui comptent déjà, et qui ne comptent pas s’arrêter là !


À lire

  • Mona Messine, Villa Bergamote, Bouclard, 2025.
  • Esther Teillard, Carnes, Pauvert, 2025.

Retrouvez Esther Teillard pour une sieste acoustique le samedi 31 mai à 14h30 au conservatoire Pierre Barbizet.

Enfer vert

Pedro Cesarino et Colin Niel
Rencontre animée par Sonia Déchamps et traduite du portugais

Ingénieur des eaux et forêts devenu écrivain, Colin Niel arpente depuis plus de dix ans la Guyane française, qu’il a choisie pour décor de ses romans policiers. Avec Wallace, il revient sur la question de la parentalité, de la perte et de la transmission, à travers l’histoire de Mathurine, mère célibataire, et de son fils Wallace, neuf ans. Alors que la jungle déploie ses forces invisibles, la forêt devient le théâtre d’apparitions mystérieuses, où se croisent mythes ancestraux, peurs et secrets. Colin Niel joue avec les codes du polar et du réalisme magique pour interroger la relation de l’homme à la nature et à ses propres démons.

De l’autre côté de la frontière, au Brésil, Pedro Cesarino, anthropologue et écrivain, s’inspire de ses enquêtes de terrain. Les vautours n’oublient pas mêle roman noir et voyage initiatique au cœur des communautés indiennes d’Amazonie. À travers une intrigue à suspens, il dénonce la persistance de pratiques néocoloniales, le racisme systémique et la corruption qui ravagent la région. Confronté aux fantômes du passé, son héros plonge dans l’univers du chamanisme, où mythes et réalité s’entremêlent pour révéler la violence structurelle qui frappe les peuples autochtones et leur environnement.

Lorsque des meurtres sont commis dans la jungle, la nature luxuriante peut rapidement se transformer en enfer vert. Loin d’être de bon conseil, les esprits de la forêt rappellent à chaque pas la fragilité de l’équilibre entre l’homme et son habitat…


À lire

  • Pedro Cesarino, Les vautours n’oublient pas, traduit du portugais (Brésil) par Hélène Melo, Éditions Rivages, 2025.
  • Colin Niel, Wallace, Éditions du Rouergue, 2024.

Éloge de la honte

Mathieu Simonet

De quoi avez-vous honte ? Cette question, à la fois intime et universelle, a été le point de départ d’une aventure littéraire et humaine portée par l’écrivain Mathieu Simonet. Avec le projet «Éloge de la honte», il invite depuis 2019 des centaines de personnes, adolescents et adultes, à sonder leur mémoire et à livrer, anonymement, les secrets et les souvenirs liés à ce sentiment parfois inavouable

À l’occasion du festival, trois classes monteront sur le plateau de La Criée pour partager le fruit de cette expérience collectivet. Leurs témoignages, recueillis au fil de plusieurs mois d’ateliers, composent une mosaïque sensible de récits, tour à tour drôles, poignants, libérateurs. Car la honte, loin d’être seulement un poids, peut devenir une force lorsqu’on ose la nommer et la partager. Comme le rappelle Mathieu Simonet, «on peut faire de nos hontes, de nos faiblesses, une force politique»

Sur scène, les voix des élèves se mêleront pour dire la honte, la regarder en face, la transformer en parole vivante. Un moment riche en émotions, qui nous rappelle que l’on n’est jamais seul avec ses failles – et que l’écriture, parfois, peut nous aider à les apprivoiser.

Le projet «Éloge de la honte» s’inscrit dans la lignée des dispositifs participatifs chers à Mathieu Simonet. Depuis plus de vingt ans, l’écrivain imagine des formes inédites pour inciter chacun à se sentir légitime à écrire, à raconter son histoire, à tisser du lien par la littérature. Qu’il s’agisse d’échanges de secrets entre lycéens, de récits de rêves en prison ou d’ateliers d’écriture dans les hôpitaux, son travail explore sans relâche les frontières entre l’intime et le collectif, la performance et la littérature.

Un projet mené avec le regard artistique de Maissiat par les élèves des lycées Montgrand et Rempart-Vinci (Marseille) et du collège Mistral (Port-de-Bouc).


À lire

  • Mathieu Simonet, Anne-Sarah K., Seuil, 2019.

À réécouter ou à revoir

  • De quoi avons-nous honte ?, L’été comme jamais, France Inter, émission du 20 juillet 2021.

  • TV : 28 minutes, Arte, Anne-Sarah Kertudo, émission du 12 juin 2018.

Des ruines mayas aux sommets andins

Lætitia Bianchi et Alexandre Lasheras
Rencontre animée par Sonia Déchamps

Dans Le Manège des Andes, son premier roman très réussi, Alexandre Lasheras suit le destin de trois femmes – une immigrante vénézuélienne afro-descendante, une expatriée italienne et une Colombienne – qui tentent de réinventer leur vie dans le Bogotá d’aujourd’hui. En parallèle, le rêve de Simon Bolivar de créer une Amérique latine libre et unifiée nous rappelle l’histoire de ce pays. Entre rêves de liberté et fantômes du passé, le roman tisse une fresque intime et politique au cœur de la plus vaste crise migratoire qu’ait connue ce continent.

De son côté, Laetitia Bianchi livre avec Bonampak une enquête littéraire sur la découverte d’un site maya dans le Chiapas, au Mexique, désormais livré au tourisme de masse. À travers une écriture aussi précise qu’engagée, elle démonte les récits dominants et dévoile comment les fantasmes occidentaux ont façonné la perception de ces vestiges. Interrogeant l’usage idéologique du patrimoine et la manière dont l’histoire est écrite, elle révèle les violences coloniales qui sont toujours à l’œuvre dans ce morceau de jungle mexicaine.

Entre mémoire collective et récits intimes, Alexandre Lasheras et Laetitia Bianchi nous entraînent au cœur de l’Amérique latine pour une rencontre autour des héritages coloniaux, des luttes et de la résistance des peuples.


À lire

  • Lætitia Bianchi, Bonampak, Éditions Verticales, 2025.
  • Alexandre Lasheras, Le Manège des Andes, Le Bruit du monde, 2025.

Des nouvelles des collégiens

Julien Delmaire, Sébastien Joanniez, Louise Mottier, Marc Alexandre Oho Bambe et Sigolène Vinson
Rencontre et remise du prix animées par Nicolas Lafitte

Pour la 7e saison de ce concours qui stimule l’imagination des collégiens, cinq écrivains ont chacun accompagné une classe dans l’écriture d’une nouvelle. Aucune contrainte ni thématique imposées. Une page vierge, donc, pour les collégiens ainsi que les autrices et auteurs Julien Delmaire, Sébastien Joanniez, Louise Mottier, Marc Alexandre Oho Bambe et Sigolène Vinson.
Les élèves ont plongé avec ferveur dans cette aventure collective. S’inspirant du réel ou flirtant avec la science-fiction, les élèves ont fait surgir des univers multiples qui reflètent leurs interrogations et leurs préoccupations. D’une grande qualité, ces cinq nouvelles nous plongent dans des intrigues à suspens et des ambiances qui font frissonner !

Les cinq textes ont ensuite été soumis au vote avisé de 2500 collégiens des Bouches-du-Rhône, qui en ont débattu passionnément en classe. Le palmarès sera dévoilé en direct dans la grande salle de La Criée, en présence des écrivains accompagnateurs et des jeunes auteurs qui se verront remettre le recueil imprimé des cinq nouvelles.


Projet mené en collaboration avec l’Académie d’Aix-Marseille, avec le soutien de la Drac Paca, du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône et de la Fondation La Poste.


À lire

  • Des nouvelles des collégiens, saison 7, Oh les beaux jours !, 2025.
    Publication en accès libre sur ohlesbeauxjours.fr

Cicatrices

Maryline Desbiolles et Sylvie Tanette
Rencontre animée par Élodie Karaki

L’histoire de l’immigration – italienne, algérienne – est au cœur des romans de Maryline Desbiolles et de Sylvie Tanette, qui rappellent que les blessures nées du déracinement peuvent traverser les générations.

Dans L’Agrafe, Maryline Desbiolles donne vie à Emma Fulconis, jeune femme de l’arrière-pays niçois, farouchement libre, soudain stoppée dans son élan par une chute brutale qui l’oblige à repenser sa liberté. Ce corps qui vacille, c’est toute une histoire qui remonte : celle d’un village, d’un nom, d’un héritage porté malgré soi. Petite-fille de harkis, Emma porte en elle les traces de l’histoire collective, des non-dits et du racisme latent. À travers une langue poétique et charnelle, l’écrivaine fait entendre des voix multiples, comme un chœur ancien dans un décor contemporain. Une écriture de la sensation, de l’écho, du mouvement.

Dans Une vieille colère, Sylvie Tanette revient sur son enfance passée à Marseille, dans une famille d’origine italienne où certaines histoires n’étaient pas faites pour être racontées. Deux cousins condamnés pour meurtre, des silences à répétition, une colère qui s’installe – sourde, tenace –, qui traverse les générations et finit par chercher ses mots. Son récit, à la fois intime et lucide, mêle chronique familiale, souvenirs et digressions dans une prose tendue, qui se joue des silences, où humour et douleur ne sont jamais loin l’un de l’autre.

Entre ces deux écrivaines, un même refus de l’oubli. L’une écrit au rythme des paysages et des voix qu’elle fait affleurer ; l’autre avance par à-coups, par éclats, comme on cherche à comprendre, sans trahir. Ensemble, Maryline Desbiolles et Sylvie Tanette traceront des chemins de lecture qui parlent tout autant de solitude que de famille, des histoires qu’on garde en soi et de celles qu’il faut bien finir par dire.


À lire

  • Maryline Desbiolles, L’Agrafe, Sabine Wespieser Éditeur, 2024 (Prix littéraire Le Monde).
  • Sylvie Tanette, Une vieille colère, Les Avrils, 2024.