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Archives

Théorie de la grande diversion

Victor Pouchet

Dans cette conférence-performance joyeusement érudite imaginée à partir de son dernier roman Voyage voyage, Victor Pouchet livre ses astuces pour échapper au malheur et trouver de la légèreté là où on ne l’attend pas.

En 1 heure et 4 minutes, par le biais d’images, de vidéos, d’histoires inattendues et de digressions, le poète et romancier répondra aux questions, petites ou grandes, que nous nous posons tous : Comment être content quand tout va mal ? Quel est le juste prix d’une Renault 21 ? Pourquoi pense-t-on toujours à autre chose ? De quelle étincelle naissent les romans  ? Comment choisir sa direction quand on ne sait pas où aller ? Quel est le premier musée de l’histoire du monde ? Peut-on trouver de la poésie sur les aires d’autoroute, et où sont les dragons ?
Mises toutes ensemble dans un grand récit et bien secouées, les réponses à ces questions dessinent les contours de cette théorie de la grande diversion, qui s’apparente à un manuel philosophique de survie en terrain hostile.

Sur scène, un bureau, un écran, des images qui défilent… et très vite, une pensée qui bifurque. Victor Pouchet raconte, digresse, saute d’une idée à l’autre, transforme la futilité en terrain d’aventure et nous montre que penser à autre chose est peut-être la manière la plus sérieuse de tenir debout.


Retrouvez Victor Pouchet pour une rencontre animée par les lecteurs des bibliothèques de Marseille, le vendredi 29 mai à 18h.


À lire

  • Victor Pouchet, Voyage voyage, coll. «L’arbalète», Gallimard, 2025.

Le grain de beauté

Mathieu Simonet et Maissiat

Comment continuer à aimer quand l’autre n’est plus là ? Avec Le Grain de beauté, Mathieu Simonet compose un récit de deuil singulier, traversé de fragments et de détours.

Après la mort de Benoît, son mari, emporté par un mélanome, l’écrivain refuse les chemins balisés. Il enquête, collecte, écoute, rouvre des archives, appelle ceux qui l’ont connu. Non pour figer un souvenir, mais pour découvrir celui qu’il n’avait pas entièrement connu, et inventer, peut-être, une autre manière d’aimer encore.

De cette traversée naît un portrait à la fois intime et sans complaisance, porté par une vitalité inattendue, où affleurent l’humour et le désir. En creux, se dessine une réflexion sensible sur ce qui fait un couple, et sur cette « liberté du deuil » que l’auteur s’efforce de conquérir.

Sur scène, cette écriture diffractée prend voix. Mathieu Simonet lit, accompagné par la chanteuse et compositrice Maissiat, dont les chansons dialoguent avec le texte et en prolongent les vibrations. Une archive sonore de Benoît traverse la soirée, comme une présence fragile et persistante.

Avec délicatesse, cette lecture musicale explore les états du deuil — ses « microfolies », comme les nomme l’auteur, ses silences, ses échappées — et cherche, au cœur même de la perte, une forme de grâce.


Retrouvez Maissiat pour une lecture musicale avec les patients et les soignants du Centre hospitalier Valvert et du Centre Isidore Ducasse, le mardi 26 mai à 16h.

La salle Billioud n’est actuellement pas accessible aux personnes à mobilité réduite (PMR) ni aux usagers en fauteuil roulant (UFR).


À lire

  • Mathieu Simonet, Le Grain de beauté, Philippe Rey, 2026.

À écouter

  • Maissiat, Delta, Cinq7, 2023.

Certaines fièvres échappent au mercure

Mathilde Forget

Petite, Édith préfère les filles, mais croit que seuls les garçons ont le droit de les aimer. Alors elle se cache. À 8 ans, la mort brutale de sa mère ouvre en elle une faille durable. Depuis, dans sa « tête secrète », tout s’intensifie : les peurs, les scénarios, les sensations.

Avec Certaines fièvres échappent au mercure, son troisième roman, Mathilde Forget écrit au plus près de ces mouvements invisibles et capte ce qui circule sous la surface : les souvenirs qui insistent, les désirs qui débordent. Jusqu’à cette rencontre, dans un train de banlieue, avec une jeune femme aux cheveux bouclés. Une apparition concrète, presque électrique, qui déplace les lignes. Entre la mère disparue et l’amoureuse, une circulation s’invente.

Sur scène, l’écrivaine, par ailleurs compositrice et interprète, propose une lecture-performance où elle lit, joue de la guitare et fait entendre une création sonore qu’elle a composée pour l’occasion. Les extraits du texte alternent avec des chansons, dans un mouvement tendu qui prolonge l’écriture. Comme autant de variations autour d’une même fièvre…


À lire

  • Mathilde Forget, Certaines fièvres échappent au mercure, L’Iconoclaste, 2026.

Ballades

Camille Potte et Antonin Appaix

Découverte avec Ballades (prix Révélation à Angoulême 2025), Camille Potte propose une adaptation scénique à l’image de cette bande dessinée : libre et délicieusement incontrôlable.

Dans ce faux conte médiéval qui part joyeusement en vrille, un prince est changé en grenouille, une chevalière trace sa route, une princesse s’émancipe, pendant qu’autour grouillent une sorcière acariâtre, un ménestrel pénible et des batraciens mélomanes. On croit assister à une farce (c’en est une !), mais une farce qui grince : derrière l’absurde, Ballades parle avec humour de pouvoir, de démocratie et d’injonctions.

Sur scène, Camille Potte lit et incarne cette galerie de personnages, tandis qu’Antonin Appaix fabrique en direct un univers sonore débridé : voix transformées, synthétiseur, bruitages et tubes pop-médiévaux chantés au vocodeur… Les images projetées prolongent le dessin et participent à cette joyeuse dérive.

Sous ses airs d’épopée absurde, Ballades déploie un récit féministe et contemporain, qui bouscule les rôles autant que les codes. Une aventure imprévisible, drôle et piquante, où les grenouilles ont le dernier mot !


À lire

  • Camille Potte, Ballades, Atrabile, 2024 (prix Toute première fois à Colomiers 2024, prix Révélation à Angoulême 2025).

Un chat dans la cafetière

Raphaële Frier, Agathe Monnier et Richard Gérard (guitare)

«J’ai la nostalgie du pain de ma mère, du café de ma mère, des caresses de ma mère,
et l’enfance grandit en moi, jour après jour,
et je chéris ma vie, car si je mourrais, j’aurais honte des larmes de ma mère.»
À l’origine du livre Un chat dans la cafetière, un poème du grand écrivain palestinien Mahmoud Darwich, traduit par Elias Sanbar, qui évoque avec nostalgie le café de sa mère.

À partir de leurs souvenirs d’enfance et de ceux de leurs proches, Raphaële Frier et Agathe Monnier ont composé à leur tour un recueil de poèmes illustrés par des collages, destiné aux enfants qui n’ont pas le droit de boire du café… Mais aussi aux grands qui ne peuvent plus s’en passer !

Une lecture dessinée, accompagnée à la guitare par Gérard Richard, qui est aussi l’occasion de célébrer les dix ans de la maison d’édition Le Port a jauni. Installée à Marseille – où, certains jours de pluie, le port jaunit –, elle publie des albums et des livres de poésie bilingues, en français et en arabe, avec pour fil conducteur la traduction afin de proposer un autre accès au monde.

Nous sommes complets mais vous pouvez tenter votre chance sur place 30 minutes avant !


À lire

  • Raphaële Frier et Agathe Monnier, Un chat dans la cafetière, traduit vers l’arabe par Golan Haji, Le port a jauni, 2024.

Le voyage du petit nuage

Charlotte des Ligneris et Coline Pierré

Quelque part dans le ciel, un petit nuage gris en a assez de vivre sous la pluie. Il se rêve autrement, délesté des gouttes-larmes qu’il retient en lui. Sur les conseils de son ami l’oiseau, il décide de transformer sa vie et part à l’aventure… Survolant campagnes, mers et montagnes, il parvient au dessus d’une ville où il va tenter de changer d’identité. Mais ce n’est pas si simple…

Une lecture dessinée, musicale et bruitée, qui joue avec les formes et les sons pour évoquer avec finesse et espièglerie l’acceptation de soi.


À lire

  • Charlotte des Ligneris et Coline Pierré, Le Voyage du petit nuage, Gründ, 2024.

Les siestes acoustiques

Bastien Lallemant, Maëva Le Berre, Mocke, Albin de la Simone, Rémi Baille

Il n’y a pas qu’à Marseille qu’on fait la sieste, mais disons que dans la cité phocéenne l’exercice relève de la culture ! On ne présente plus ces siestes littéraires, créées il y a plus de dix ans par Bastien Lallemant. À ses côtés, des complices de choix, auteurs, chanteurs, compositeurs : Maëva Le Berre, Mocke et Albin de la Simone.

Pendant une heure, confortablement installés, laissez-vous bercer par l’alternance de lectures et de chansons. Il est d’ailleurs fortement recommandé d’apporter son oreiller et de s’endormir pour de vrai…

Une véritable expérience sensorielle pour mettre en pause le rythme trépidant du festival et découvrir en douceur comment les univers des écrivains se mêlent aux territoires explorés par les chanteurs.

Les écrivains invités
Samedi 25 mai, 14h – Marion Brunet
Dimanche 26 mai, 14h – Rémi Baille


À lire

  • Rémi Baille, Les Enfants de la crique, Le Bruit du monde, 2024.
  • Marion Brunet, Nos armes, Albin Michel, 2024.

À écouter

  • Bastien Lallemant, Les Micros Siestes acoustiques, Zamora Label, 2022 ; La Paresse, Zamora Label, 2024.

Les siestes acoustiques

Bastien Lallemant, Maëva Le Berre, Mocke, Albin de la Simone
Avec Marion Brunet (samedi) et Rémi Baille (dimanche)

Bon, d’accord, il n’y a pas qu’à Marseille qu’on fait la sieste, mais disons que dans la cité phocéenne l’exercice relève de la culture ! On ne présente plus ces siestes littéraires, créées il y a plus de dix ans par Bastien Lallemant. À ses côtés, des complices de choix, auteurs, chanteurs, compositeurs : Maëva Le Berre, Mocke et Albin de la Simone.

Pendant une heure, confortablement installés, laissez-vous bercer par l’alternance de lectures et de chansons. Il est d’ailleurs fortement recommandé d’apporter son oreiller et de s’endormir pour de vrai…

Une véritable expérience sensorielle pour mettre en pause le rythme trépidant du festival et découvrir en douceur comment les univers des écrivains se mêlent aux territoires sensibles explorés par les musiciens.

Les écrivains invités
Samedi 25 mai, 14h – Marion Brunet
Dimanche 26 mai, 14h – Rémi Baille


À lire

  • Rémi Baille, Les Enfants de la crique, Le Bruit du monde, 2024.
  • Marion Brunet, Nos armes, Albin Michel, 2024 (Prix littéraire du Barreau de Marseille 2024).

À écouter

  • Bastien Lallemant, Les Micros Siestes acoustiques, Zamora Label, 2022 ; La Paresse, Zamora Label, 2024.

Retrouvez Marion Brunet jeudi 23 mai à 17h30 à La Criée, pour une rencontre autour de Nos armes, qui vient de recevoir le Prix littéraire du Barreau de Marseille.

De mes nouvelles

Colombe Boncenne, Gaspar Claus et Maëva Le Berre

Faux recueil de nouvelles, autoportrait d’un écrivain à l’œuvre ou roman déguisé ? Dans De mes nouvelles, Colombe Boncenne livre un ensemble de textes courts où la narratrice, aux prises avec la trivialité de son quotidien, laisse son esprit divaguer. De sa déposition au commissariat, qui ouvre le recueil, à son brossage de dents qui le clôt, ses pensées se déploient, se répondent, créent des personnages qui à leur tour en invitent d’autres, et tissent des fictions. Par association d’idées, une pensée en engendre une autre et les nouvelles s’enfantent et s’enchâssent comme des poupées russes.

Colombe Boncenne s’intéresse à la genèse de la fiction, remontant le fil de la pensée pour révéler comment l’imaginaire jaillit du réel par le bouillonnement des neurones. Décortiquant les rouages de l’inconscient, passant aux rayons X l’activité cérébrale de son héroïne, elle assemble un puzzle dont chaque pièce s’encastre parfaitement. En cartographiant les pensées de sa narratrice à l’imagination débordante et en contant avec humour les fictions qu’elles engendrent, Colombe Boncenne – que l’on avait vue l’an dernier sur scène au festival lors d’un mémorable Repas de famille –  dresse le portrait d’un écrivain au travail et révèle les forces souterraines qui sous-tendent la création littéraire, entre imaginaire et réalité.

Pour accompagner la lecture de ces nouvelles, deux musiciens inclassables, Maëva Le Berre et Gaspar Claus, accordent leurs violoncelles pour interpréter les mouvements féconds de la pensée et l’origine magmatique des histoires.


À lire

  • Colombe Boncenne, De mes nouvelles, Zoé, 2024.

À écouter

  • Gaspar Klaus, Tancade, InFiné/Les Disques du festival permanent, 2021.

Cette lecture musicale a été créée en mars 2024 dans le cadre du festival Hors Limites, à la médiathèque de Bagnolet.

Ravages de Violette Leduc

Mathilde Forget et Laura Vazquez

En 1955, le roman Ravages, écrit par Violette Leduc, est publié dans une version censurée. Le manuscrit original a été amputé de ses cent-cinquante premières pages que Raymond Queneau, membre du comité de lecture de Gallimard, jugeait obscènes… L’ouvrage, qui retraçait l’itinéraire amoureux de Thérèse, alter ego de Violette Leduc, de son adolescence à l’âge adulte, a été expurgé d’un viol, d’un avortement et de passages érotiques lesbiens. L’écrivaine vivra cette censure comme un «assassinat» et envisagera même d’abandonner l’écriture.

En 2023, Ravages est enfin publié en intégralité par Gallimard. Thérèse y aime Isabelle, puis Cécile, puis Cécile et Marc, puis Marc, pleinement et sans censure ! Pour fêter ensemble cet événement littéraire, Mathilde Forget, qui a écrit l’une des deux préfaces de cette nouvelle édition, a imaginé une lecture augmentée mêlant archives et chansons, accompagnée par la poétesse et romancière Laura Vazquez.

Laura Vazquez a reçu le prix Wepler en 2021 pour son premier roman La Semaine perpétuelle et le prix Goncourt de la poésie en 2023 pour l’ensemble de son œuvre. Son dernier roman, Le Livre du large et du long (2023), est une épopée versifiée conçue comme un livre-monde, une encyclopédie incarnée. Mathilde Forget est autrice, compositrice et interprète. Elle a publié en 2019 un premier roman très remarqué, À la demande d’un tiers, suivi de De mon plein gré, qui met en scène la victime d’un viol s’accusant du meurtre de son agresseur.


À lire

  • Violette Leduc, Ravages, coll. “L’Imaginaire”, Gallimard, 2023.
  • Mathilde Forget, De mon plein gré, Grasset, 2021.
  • Laura Vazquez, Le Livre du large et du long, Éditions du sous-sol, 2023 (prix Goncourt de la poésie 2023).

Lecture musicale créée à la Maison de la poésie dans le cadre du festival Paris en toutes lettres.