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La jeune fille et la mort

Negar Haeri et un quatuor à cordes (Henri Demarquette, Geneviève Laurenceau, Hugo Meder et Adrien La Marca)

La jeune fille et la mort est un texte nécessaire, porté à voix haute par son autrice, l’avocate Negar Haeri. Elle revient sur le destin de Shaïna, adolescente prise dans une mécanique implacable de violences, de rumeurs et d’abandon, jusqu’à son assassinat, poignardée puis brûlée vive. Avocate de sa famille, elle ne l’a pas connue vivante : elle l’a rencontrée à travers les dossiers judiciaires et les témoignages. De cette rencontre naît une nécessité : restituer une voix, dire qu’elle fut autre chose que ce à quoi on l’a réduite. Écrire pour lui rendre sa dignité, en lui offrant un lieu, un tombeau de mots, à l’abri de la violence du monde.

Avec ce récit sans détour, Negar Haeri interroge autant les faits que ce qui les a rendus possibles : le silence, la stigmatisation, les failles de l’institution judiciaire.

Pour le festival, ce texte devient une lecture musicale d’une intensité singulière. Sur scène, la voix de Negar Haeri se déploie, accompagnée par un quatuor à cordes, aux côtés de musiciens majeurs de la scène classique. Les quatre mouvements du quatuor La jeune fille et la mort de Schubert, interprétés en dialogue avec la lecture, traversent la soirée comme une autre manière de dire l’inéluctable et la lutte.

Une création qui fait entendre autrement une histoire qu’on ne doit pas oublier, pour que le nom de Shaïna ne soit pas effacé une seconde fois. Et l’occasion d’entendre l’une des œuvres les plus puissantes de Schubert.


Retrouvez le quatuor à cordes pour le spectacle musical de Laure Grandbesançon, Frissons, le samedi 30 mai à 14h30. 


À lire

  • Negar Haeri, La jeune fille et la mort, Seuil, 2025.

À écouter

  • Henri Demarquette, Bach. Cello suites, Evidence, 2024.
  • Quatuor à cordes en Ré mineur, dit « La Jeune Fille et la Mort », de Franz Schubert.

La Cour des Contes

La Cour des Contes : Arthur Binois, Charles Deffrennes et Guillermo Van der Borght

Chants par le duo Leï (Laurène Barnel et Carine Habauzit)
Musique par Max Beucher

Vous aimez qu’on vous raconte des histoires ? Tant mieux : eux adorent les bousculer ! Pour la grande soirée d’ouverture à Marseille, le collectif La Cour des Contes — compagnie pour les uns, bande organisée pour les autres — investit la cour de la  Vieille Charité avec un spectacle jubilatoire, entre stand-up littéraire et art du récit.

De Giono à Voltaire, des classiques du bac aux récits glanés autour de la Méditerranée, les conteurs font circuler les textes, les détournent, les réinventent, avec humour et panache. Sur scène, les histoires s’enchaînent, portées par l’énergie des comédiens et ponctuées par la musique de Max Beucher et les voix du duo Leï, entre swing et échappées poétiques.

Tour à tour épiques, intimes ou franchement irrévérencieuses, ces « histoires à emporter » composent un parcours libre dans la littérature, où tout peut arriver, y compris un résumé de Candide en dix minutes ou un détour par des contes d’Algérie.

Carte blanche joyeuse et participative, cette première virée à Marseille de la célèbre (et unique !) Cour des contes promet une soirée vive, collective, où la littérature se partage à voix haute et avec le public.

Frissons

Laure Grandbesançon, Éléonore Mallo (bruiteuse) et un quatuor à cordes (Henri DemarquetteGeneviève LaurenceauHugo Meder et Adrien La Marca).

Ouvrez grand les oreilles… et accrochez-vous ! Le célébrissime podcast Frissons de France Inter quitte le studio pour monter sur scène et transformer La Criée en véritable terrain de jeu pour les amateurs de peurs délicieuses.

Au programme : L’Étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde, chef-d’œuvre de la littérature fantastique écrit par Robert Louis Stevenson, dont on raconte que l’épouse jeta le manuscrit au feu tant sa lecture l’effraya. C’est dire !

Portée par Laure Granbesançon, la voix et la plume des Odyssées, accompagnée d’un quatuor à cordes d’exception et de la bruiteuse Éléonore Mallo, l’histoire nous entraîne à Londres, où le vieux Utterson va mener l’enquête… Musique, bruits et silences : tout concourt à faire monter la tension… jusqu’au grand frisson. Mais ici, on ne fait pas que trembler : on joue avec la peur, on l’apprivoise, on en rit parfois. Et on découvre, au passage, les zones d’ombre qui se cachent en chacun de nous.

Un spectacle à vivre en famille, pour petits et grands courageux, et une occasion unique d’entendre ce podcast culte emmené pour la première fois hors des murs de la Maison de la Radio.


Retrouvez le quatuor à cordes pour la lecture musicale La jeune fille et la mort, avec Negar Haeri, le vendredi 29 mai à 19h.


À écouter

  • Laure Grandbesançon, Frisson symphonique : Docteur Jekyll et Mr Hyde, France Inter, 17 décembre 2025. Et retrouvez toute la série Frissons sur France Inter.
  • Henri Demarquette, Bach. Cello suites, Evidence, 2024.

Une production créée à Radio France, avec les musiciens de l’Orchestre National de France.
Retrouvez tous les épisodes Frissons sur le site et l’application Radio France.
Direction artistique : Marc-Olivier de Nattes

À ce stade de la nuit

Sophie Cattani et Peshawa Mahmood 

Mise en scène Antoine Oppenheim, collectif ildi! eldi

Texte original de Maylis de Kerangal

Publié en 2015, À ce stade de la nuit de Maylis de Kerangal est devenu l’un de ces récits qui traversent le temps sans rien perdre de leur nécessité. À partir d’un nom désormais connu de tous – Lampedusa – et d’un naufrage survenu en 2013, l’écrivaine se livre à une méditation nocturne sur un monde qui se défait.

À la catastrophe se superpose aussitôt ce que le nom de Lampedusa charrie pour elle : celui de l’auteur du Guépard, Giuseppe Tomasi di Lampedusa, le visage de Burt Lancaster dans le film de Luchino Visconti, ses propres souvenirs de voyage dans les îles Éoliennes. De ces glissements naissent des échos symboliques, entre la chute de l’aristocratie italienne et le naufrage de notre époque.

Le collectif ildi ! eldi  propose une adaptation de ce livre, portée par la voix de Sophie Cattani, tandis que le plasticien kurde Peshawa Mahmood réalise une peinture en direct. Texte, image et musique composent ici une forme qui fait résonner autrement la puissance de ce récit.

Créée avec le soutien de Maylis de Kerangal, ce spectacle prolonge l’élan du livre plus de dix ans après sa parution, alors que les drames migratoires n’ont pas cessé.

Pour la première fois, à l’occasion de ses dix ans, le festival prend ses quartiers dans le magnifique cadre de la Fondation Camargo, à Cassis. Face à la Méditerranée, mer de tous les récits, un spectacle sobre et intense qui rappelle ce que les mots peuvent encore porter du réel.

🚗 Covoiturage pour se rendre à Cassis


Camargo est un site sensible qui mérite une attention particulière :

  • Site entièrement non-fumeur.
  • Vélos et chiens interdits (sauf pour les chiens guides).
  • Parking payant à proximité : parking Bestouan (117 places) – veillez à privilégier le covoiturage et à anticiper vos déplacements.

Veuillez noter que la salle de spectacle est accessible aux fauteuils, ce n’est pas le cas de l’espace buvette/restauration.


À lire

  • Maylis de Kerangal, À ce stade de la nuit, Verticales, 2015.

Production : Collectif ildi ! eldi
Soutiens : La Fabrique Mimont (Cannes), le Théâtre du Centaure, Les Rencontres à l’échelle, La Friche Belle de Mai (Marseille), Manifesta 13/Région Sud, Ville de Marseille et SPEDIDAM.
Coréalisation : Théâtre des Halles – Avignon

Le ciel ouvert

Julien Allouf et Dorian Gallet
Texte Nicolas Mathieu
Direction artistique Hélène Lotito

C’est dans le cadre exceptionnel du château d’If, nouveau lieu chargé d’histoire investi cette année par le festival, qu’on pourra entendre le dernier livre de Nicolas Mathieu, Le Ciel ouvert.

À partir d’une longue lettre d’amour fragmentée, d’abord écrite sur les réseaux sociaux, l’auteur du prix Goncourt 2018 tisse un grand poème en prose, entre confidences intimes et chronique à la fois lucide et poétique de notre époque. Le texte, fait de fragments, retrace la passion entre un homme et une femme «qui n’était pas libre», explore les phases d’un amour incandescent, le temps qui passe, l’absence, la joie et la perte, tout en capturant la pulsation d’une vie d’aujourd’hui – celle d’un écrivain sur les routes, d’un père, d’un homme séparé, qui affirme sa présence au monde avec une poésie invincible.

Au large de Marseille, sur l’une des îles du Frioul, la voix puissante de Julien Allouf  dialogue avec la création musicale de Dorian Gallet, entre guitare et électro, pour faire vibrer la force et la fragilité de ce récit. Un moment rare, à vivre véritablement «à ciel ouvert», pour entendre autrement cette histoire d’amour «si singulière et semblable aux autres».

Avec le soutien du château d’If-Centre des monuments nationaux.


À lire

  • Nicolas Mathieu, Le Ciel ouvert, Actes Sud, 2024.

Billet groupé lecture + bateau

15€/10€/5€* + 11€ pour le transport en navette depuis le 4 quai du Port (angle quai des Belges et quai du Port, Marseille 1er), qui donne également accès au château d’If.

  • Départ de la navette 15h45 (arrivée conseillée à 15h15, accueil par l’équipe du festival)
  • 16h15 : arrivée au Château d’If
  • 16h30 : début de la lecture musicale
  • 17h30 : fin de la lecture musicale
  • 17h30-18h15 : temps libre sur l’île
  • 18h15 : retour de la navette (arrivée 18h35 au Vieux-Port)

Attention : en cas d’intempéries, la lecture musicale est reportée au lendemain, samedi 31 mai, aux mêmes horaires et selon les mêmes conditions. Les spectateurs qui ne pourraient pas s’y rendre seront remboursés sur demande à reservations@ohlesbeauxjours.fr.

Accessibilité

  • Site non accessible aux PMR
  • Marches et terrain escarpé : prévoir des chaussures adaptées
  • Prévoir eau, chapeau et lunettes de soleil (il peut faire très chaud !).

Mémoires sauvées de l’eau

Nina Leger et Marina Chiche

Nina Leger sonde les mémoires fragiles – celles des paysages dévastés par l’orpaillage, des rivières asséchées et des récits qu’on a voulu effacer. Son dernier livre est un roman choral, où l’eau sert de fil rouge pour explorer les non-dits de la ruée vers l’or et les vies englouties par la violence. Passé et présent s’entrelacent pour donner vie à une myriade de personnages confrontés aux héritages familiaux et à la mémoire de leurs ancêtres.

En 1848, un homme trouve de l’or dans la Feather River, en Californie du Nord, et déclenche une ruée sans précédent. Une ville naît, baptisée Oroville.
En 2020, au même endroit, Thea, une géologue venue à Oroville pour travailler en aval d’un gigantesque barrage est contrainte de fuir devant l’avancée des mégafeux…

Pour faire contrepoint aux silences de l’histoire, Marina Chiche mêle son violon aux voix d’un monde qui s’est construit en détruisant, épousant les tensions et les symboles d’un roman à la fois politique et poétique.
Littérature et musique unissent ici leurs pouvoirs d’évocation pour faire jaillir sur scène le chant ancien de la rivière, livrant un contre-récit du mythe américain.

En partenariat avec l’association des Alumnis de la Villa Albertine.


À lire

  • Nina Leger, Mémoires sauvées de l’eau, Gallimard, 2024.
  • Marina Chiche, Musiciennes de légende, Éditions First, 2021.

À écouter

  • Marina Chiche, Post Scriptum, avec Aurélien Pontier (piano), Éditions Standard, 2020.

 

La Nuit Mylène. Tout est chaos ?

Emmanuelle Bayamack-Tam, Arnaud Cathrine, Grégory Le Floch, Raphaël Neal, Anouk Schavelzon et Sergueï Shikalov
Mise en scène Emmanuel Noblet

Depuis sa création, Oh les beaux jours ! convie des écrivains à inventer collectivement un ovni artistique qui ne se joue qu’une seule fois, à la croisée du spectacle et de la performance. Après le football (Le match des matches), l’amour au cinéma (L’amour 24 fois par seconde), une exploration inattendue des pratiques alimentaires (Dans le ventre des frigos), une Comédie musicale durant laquelle les auteurs chantaient sous la douche et un Repas de famille mémorable, le festival s’attaque cette fois à une icône de la scène musicale française, la chanteuse Mylène Farmer ! Célèbre pour ses clips ultra-créatifs, ses concerts spectaculaires et son goût prononcé pour le mystère, elle l’est aussi pour ses textes cryptiques où se mêlent doubles sens, allitérations et références littéraires.

Carte blanche est offerte à cinq écrivains et à un photographe, dont on sait pour certains qu’ils entretiennent avec la chanteuse un lien passionnel – parfois à la limite du déraisonnable –, tandis que d’autres ont accepté de se pencher sur un phénomène qui leur échappe…

Que se cache-t-il derrière cette fascination ? De quoi est-elle l’expression ? Comment se construit le statut d’une icône ? et celui du fan ? Mais quelqu’un sur Terre sait-il vraiment qui est Mylène Farmer ? Autant de questions qui inspireront les interventions d’Emmanuelle Bayamack-Tam, Arnaud Cathrine, Grégory Le Floch, Raphaël Neal, Anouk Schavelzon et Sergueï Shikalov, à partir de textes écrits pour l’occasion, répétés deux jours durant sur le plateau de La Criée et mis en scène par Emmanuel Noblet.

Pour ouvrir le festival, un spectacle littéraire unique en son genre, imaginé pour un public désormais familier de ce joyeux exercice.


À lire

  • Emmanuelle Bayamack-Tam, La Treizième Heure, P.O.L, 2022.
  • Arnaud Cathrine, Roman de plages, Flammarion, 2025.
  • Grégory Le Floch, Gloria, Gloria, Christian Bourgois Éditeur, 2023.
  • Raphaël Neal, Hollywood Nightmares, texte d’Alice Zeniter, Le Bec en l’air, 2024.
  • Anouk Schavelzon, Le Bleu n’abîme pas, Seuil, 2024.
  • Sergueï Shikalov, Espèces dangereuses, Seuil, 2024.

L’aurore est bientôt

Avec Malik Djoudi (chant), Jessie Chapuis (texte et lecture) et Gaspar Claus (violoncelle)

Pour clore la 7 e édition du festival, Oh les beaux jours ! vous convie à un dialogue musical et littéraire avec Malik Djoudi, artiste majeur de la scène musicale électro-pop. L’aurore est bientôt est une expérience sensorielle qui explore la naissance du désir et l’errance du sentiment amoureux, avec ses vérités et ses non-dits. Sensuel et cinématographique, l’univers de Malik Djoudi convoque avec grâce la poésie de l’invisible. C’est à cet endroit que la comédienne Jessie Chapuis – également autrice des textes de ce spectacle – et le violoncelliste virtuose Gaspar Claus lui répondent avec leur propre sensibilité.

Aux côtés des mots de Jessie Chapuis, ceux de Roland Barthes et de John Fante s’invitent aussi comme repères dans cette traversée contemplative ponctuée par les chansons issues des trois albums de Malik Djoudi, Un, Tempéraments (nommé « Album révélation de l’année » aux Victoires de la musique en 2020) et Troie (comprenant un duo hypnotique et déjà culte avec Étienne Daho).

Porté par la voix aiguë et envoûtante du chanteur, un final en forme de concert littéraire qui détourne en douceur les codes de la pop pour les transporter dans la dimension intimiste de l’amour, fil conducteur de cette ultime soirée du festival !


Le billet pour le concert littéraire donne également accès, à 20h, à la lecture musicale L’art et la manière de Barbara Carlotti.


À écouter 

  • Malik Djoudi, « Troie », Cinq7, 2021.

Cette lecture musicale a été créée aux Correspondances de Manosque 2022.

L’art et la manière

Lecture musicale avec Barbara Carlotti, Ingrid Samitier (guitare électrique), Jacinthe Cappello, Sophie Cattani et Fatima N’Doye.

Dans la baise, il y a l’art et la manière, les bonnes manières et les mauvais coups.

Barbara Carlotti n’y va pas par quatre chemins, surtout si la voie (voix !) mène à l’émancipation du désir féminin. Dans son premier roman, qui figure déjà dans la sélection finale du Goncourt de la nouvelle, l’autrice-compositrice-interprète a choisi le chant choral de la nouvelle pour raconter sans détour les histoires intimes de treize femmes, vécues comme des aventures sexuelles, charnelles ou amoureuses qui les poussent à repenser leurs relations aux hommes. La langue est crue et directe comme l’est la vérité nue. La parole dans l’espace public ne s’est-elle pas libérée ? Penser le corps, mettre des mots sur ce qu’on vit, sur celles et ceux qu’on touche, sur ce qu’on sent et ce qu’on ressent : Claire, Virginie, Sylvie, Anne et les autres décrivent sans honte, comme une manière de se reconsidérer.

Dans cet état des lieux d’un désir protéiforme, les nouvelles se répondent, enchevêtrant musique et littérature, Baudelaire et Gainsbourg, Shakespeare et Nina Simone, Verlaine et Étienne Daho. Car l’art est une réponse pour chacune de ces femmes, qui leur permet de mettre à distance ce qu’elles ont (mal) vécu. Il leur donne à entendre et à voir la vie, leur offrant l’art et la manière de se recréer.

Barbara Carlotti lira sur scène quelques-unes de ses nouvelles qu’elle tissera subtilement avec des chansons de son répertoire. Pour cette lecture à Marseille, elle a souhaité un final éblouissant, entourée d’une guitariste et de trois comédiennes qui n’ont peur de rien, et surtout pas de hurler «L’AMOUR EST À REINVENTER» !


Le billet pour la lecture musicale donne également accès, à 21h30, au concert littéraire L’aurore est bientôt avec Malik Djoudi, Jessie Chapuis et Gaspar Claus.


À lire

  • Barbara Carlotti, L’Art et la manière, Seuil, 2023.

À écouter

  • Barbara Carlotti, Corse île d’Amour, Elektra/Warner Music France, 2020.

Couleurs primitives

Lecture musicale de Jeanne Cherhal et projection des dessins de Petites luxures

Si l’amour voit basiquement rouge, l’érotisme a une palette chromatique un peu plus subtile. En témoignent les Couleurs primitives que lui attribue Jeanne Cherhal dans son espiègle nuancier érotico-poétique paru dans un album éponyme.

Elles sont trente glorieuses à s’épanouir sous sa plume exquise dans un foisonnement de vers courts et d’alexandrins, d’haïkus et de blasons. Prune, Fujita, Écorce claire, Saint-crème, Sang frais, Bleu d’orage, Or liquide, Pelage, Braise, Beluga, Diamant, Sahara, elles teintent le désir, le corps, l’étreinte et le plaisir d’une gracieuse volupté que souligne le trait délicat de Petites luxures alias le talentueux dessinateur Simon Frankart, au trait reconnaissable entre tous.

Sur scène, les dessins projetés deviennent des complices, effeuillant ce Pantone érotique dans un flirt ludique de mots, de musique et de dessins, faisant naître une autre couleur qui se nomme «poésie». Derrière son piano, la talentueuse Jeanne Cherhal mêle chansons et poèmes pour un début de soirée tout en sensualité.


Le billet pour cette lecture musicale donne également accès, à 23h, à celle de Pierre Ducrozet et Rubin Steiner, Variations de Paul, et au DJ Set de Rubin Steiner.


À lire

  • Jeanne Cherhal, Couleurs primitives. Un nuancier érotique, illustré par Petites luxures, Gründ, 2022.

À écouter

  • Jeanne Cherhal, « L’an 40 », Barclay, 2019.

Cette lecture musicale a été créée à la Maison de la poésie, Paris.