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La Trace et l’Aura

Avec Patrick Boucheron.
Entretien animé par Arno Bertina.

Avec l’Histoire mondiale de la France, qu’il a dirigée avec succès, ses cours au Collège de France, ses émissions pour Arte et pour France Culture, Patrick Boucheron a acquis une notoriété à laquelle peu d’historiens peuvent prétendre aujourd’hui. C’est donc avec excitation qu’on l’entendra évoquer son dernier essai, La Trace et l’Aura, où il revient à son champ d’études privilégié : le Moyen Âge. Avec une passion érudite, il y fait le récit de la vie – ou plutôt des vies posthumes – d’Ambroise, élu évêque de Milan en 377, à cette époque de l’Antiquité tardive où la ville est l’une des capitales de l’Empire romain. En interrogeant le temps long de l’histoire, il nous révèle sur douze siècles les multiples directions que peut prendre un récit qui cherche à se renouveler, entre manipulation du souvenir et mémoire chahutée.

Pour comprendre sa tentative de « rendre l’épaisseur des temps par quelques expériences narratives », Oh les beaux jours ! a demandé à l’écrivain Arno Bertina d’interroger Patrick Boucheron. Ensemble, ils évoqueront les manières dont se fabriquent les identités collectives mais aussi les frontières poreuses entre histoire et littérature.


À lire

  • Patrick Boucheron, La Trace et l’Aura. Vies posthumes d’Ambroise de Milan (IVe-XVIe siècle), coll. « L’Univers historique », Seuil, 2019.
  • Arno Bertina, Des châteaux qui brûlent, Verticales, 2017.

Des nouvelles d’Edgar Allan Poe

Avec Christian Garcin et Thierry Gillybœuf.
Rencontre animée par Élodie Karaki.

Après 1984 l’an dernier, Oh les beaux jours ! vous fait redécouvrir un autre « monstre » de la littérature à l’occasion de la nouvelle traduction de l’œuvre de l’écrivain américain Edgar Allan Poe. Plus d’un siècle et demi s’est écoulé depuis celle de Baudelaire et il fallait du culot (et du courage !) à Christian Garcin et à Thierry Gillybœuf pour s’attaquer à ce cas « unique dans les annales littéraires » où « traducteur et auteur semblent à ce point indissociables qu’on a parfois presque été tenté de croire que l’écrivain américain était une invention, une création du poète français ».

Qu’y a-t-il donc de nouveau ici ? Quelques corrections d’erreurs de traduction, de nouveaux mots qui viennent remplacer ceux qui n’existent plus dans les dictionnaires… Mais surtout l’ambition de traduire l’intégralité de l’œuvre (3 tomes sont prévus, avec des inédits), dans une présentation chronologique plutôt que thématique qui en révèle la richesse et casse l’image d’une littérature qui ne serait que fantastique, noire et macabre, inspirée seulement du gothique anglais ou du fantastique allemand. Car, on le constate ici, Poe fut aussi le père du roman policier et l’auteur d’écrits satiriques féroces visant de manière « plus ou moins déguisée » ses contemporains, avec un sens du grotesque et une habileté que les traducteurs décryptent aujourd’hui dans des notes contextualisant la vie politique et littéraire de l’époque.

Adieu donc la légende de l’écrivain incompris, du poète maudit, un corbeau noir perché l’épaule, sombre et alcoolique (Poe buvait peu d’alcool et n’a jamais fumé d’opium, nous apprennent les traducteurs) ! Avec l’obsession d’enquêteurs qui ne laissent rien de côté, dans une langue accessible qui ne trahit pas l’originale, Christian Garcin et Thierry Gillybœuf se sont lancés dans une entreprise captivante qu’ils partagent avec nous aujourd’hui.


À lire

  • Edgar Allan Poe, Nouvelles intégrales. Tome 1 (1831-1839) et Tome 2 (1840-1844), traduits de l’anglais (États-Unis) par Christian Garcin et Thierry Gillybœuf, Phébus, 2018 et 2019. Illustrations originales de Sophie Potié.

Fiction et poésie, les passerelles invisibles

Avec Michaël Batalla et Tiffany Tavernier.

Le roman est passionnant, la poésie est ennuyeuse… On connaît la chanson. Ce qu’on connaît moins, ce sont les liens qui se tissent entre écriture poétique et écriture romanesque. Grande lectrice de poésie contemporaine, Tiffany Tavernier nous parlera de cette passion et de la relation qu’elle entretient avec les poésies d’aujourd’hui. La mémoire des corps, celle des lieux, sont les thèmes récurrents de ses romans. Dans Roissy, le dernier en date, elle fait le portrait magnifique d’une femme qui a perdu mémoire et identité, une de ces « indécelables » sans domicile fixe qui s’invente vies et voyages depuis l’aéroport de Roissy, où elle a posé ses valises pour mieux se réinventer.

La rencontre prendra la forme d’un dialogue amical entrecoupé de lectures, en compagnie de Michaël Batalla, directeur du Centre international de poésie Marseille, lui-même poète.


À lire

  • Michaël Batalla, Noir de l’Égée, NOUS, 2019.
  • Tiffany Tavernier, Roissy, Sabine Wespieser, 2018.

En coproduction avec le cipM.

Ailleurs en ce pays

Avec Lisa Ginzburg et Valérie Manteau.
Rencontre animée par Élodie Karaki.

Dans son premier roman traduit en français, Au pays qui te ressemble, Lisa Ginzburg suit les émois et les bouleversements vécus par Vituca, une documentariste italienne qui vit à Paris et s’éprend de Ramos, un brillant chorégraphe brésilien. Son amour pour cet homme va l’amener à découvrir le Brésil et ses favelas, ses croyances et ses rites, tout à la fois fascinants et oppressants.
Dans Le Sillon, le dernier roman de Valérie Manteau (prix Renaudot 2018), une jeune femme part retrouver son amant turc à Istanbul et se saisit de l’histoire contemporaine de la Turquie à travers le parcours de Hrant Dink, journaliste et militant infatigable de la cause arménienne, assassiné en 2007.
En confrontant histoire amoureuse et immersion dans une culture étrangère, quête personnelle et engagement, chacune fait à sa manière le portrait d’un pays en convoquant l’intelligence du désarroi et la finesse de la pensée.


À lire

  • Lisa Ginzburg, Au pays qui te ressemble, traduit de l’italien par Martin Rueff, Verdier, 2019.
  •  Valérie Manteau, Le Sillon, Le Tripode, 2018 (prix Renaudot, 2018).

Oh les beaux lecteurs !

Avec Mehdi Charef.
Entretien animé par les étudiants de Sciences Po Aix.

Mehdi Charef sera interrogé par les étudiants de Sciences Po Aix. Épaulés par Élodie Karaki, critique littéraire, ces beaux lecteurs ont découvert le travail de l’écrivain-cinéaste au cours d’ateliers. Le festival leur offre l’occasion d’une rencontre privilégiée avec lui pour évoquer son parcours, ses engagements et son dernier roman, paru chez une jeune maison d’édition marseillaise, Hors d’atteinte.


À lire :

  • Mehdi Charef, Rue des Pâquerettes, Hors d’atteinte, 2019.

Rencontre ouverte à tous.
En partenariat avec Sciences Po Aix.

 

La Fabrique des jeunes auteurs

Masterclass animée par Benoît Virot

Depuis quelques années, l’éditeur Benoît Virot publie avec talent traductions et rééditions, romans graphiques et littérature française contemporaine dans la maison qu’il a créée, Le Nouvel Attila. « L’éditeur qui met du sang dans son vin », comme il se définit lui-même, reçoit chaque semaine des dizaines de manuscrits qu’il ausculte avec une grande attention. Aussi, prodigue-t-il aux candidats à la publication quelques conseils avisés (par exemple celui d’envoyer quelques douceurs en pièces jointes : friandises, saucisson, olives, spécialités régionales…)

Ce sont ces conseils, et bien d’autres – plus sérieux ! –, qu’il a transmis tout au long de l’année avec générosité à des étudiants en création littéraire et métiers du livre, qui se sont mis dans la peau d’auteurs mais aussi d’éditeurs. Ensemble, ils nous invitent à pénétrer dans la grande fabrique de l’écriture et dans la belle machine de l’édition indépendante.

En ce soir d’ouverture d’un festival littéraire, quoi de plus stimulant que de s’immiscer dans les face-à-face légendaires qui unissent auteurs et éditeurs depuis que ces métiers existent ? Le principe est simple : des apprentis-auteurs ont soumis leurs manuscrits et leurs journaux d’écriture aux regards affûtés d’éditeurs en herbe, qui y réagissent devant nous.

Cette année, les étudiants ont été invités à écrire sur São Tomé et Principe, un État insulaire situé au large du Gabon, près de l’équateur. Le résultat de cette expérience littéraire se nomme Amertumes, un recueil de nouvelles qui porte un regard singulier sur cet archipel et ses habitants. Publié à l’occasion du festival en version numérique, il est présenté au détour d’une masterclass, qui nous plonge sans fard dans les coulisses de l’édition !


À lire:


En partenariat avec Aix-Marseille Université (AMU).
En coréalisation avec Le Merlan, scène nationale de Marseille.

Cette masterclass est proposée dans le cadre des actions culturelles du festival Oh les beaux jours!. Découvrez-ici tout le programme d’action culturelle.

Alger, Marseille, Nanterre

Mehdi Charef et Kamel Khélif.
Rencontre animée par Élodie Karaki.

Après 13 ans d’absence, Mehdi Charef revient à la littérature. On se souvient du Thé au harem d’Archi Ahmed, le premier livre de ce fils d’immigrés algériens paru en 1983, roman pionnier, simple et cru, sur la réalité des ensembles HLM (qu’on n’appelait pas encore des « cités ») et qu’il mit lui-même en scène au cinéma sur le conseil de Costa Gavras.
Son nouveau roman, Rue des Pâquerettes, nous ramène vingt ans plus tôt, en 1962, lorsque, âgé de 10 ans, il rejoint en famille son père dans le bidonville de Nanterre. Baraquements précaires, robinet collectif, froid, boue : le jeune Mehdi découvre l’humiliation et le racisme ordinaire d’une France où les ratonnades sont fréquentes. Mais il rencontre aussi un instituteur qui lui apprend à aimer les livres – ceux de Victor Hugo notamment – et cet amour des mots et de la littérature va créer les conditions de sa liberté.

Histoire similaire pour Kamel Khélif : arrivé d’Alger en 1964 pour retrouver son père dans le bidonville de Sainte-Marthe, à Marseille, c’est le dessin qui lui servira de refuge. Dans son nouvel et somptueux album BD aux cases sombres, entre polar et autobiographie, le récit débute alors que la nuit pénètre dans un appartement et empêche le narrateur de continuer à dessiner. Guidé par une force intérieure, il descend dans les rues de Marseille et croise celles et ceux qui un jour ont pris la route, de Tanger, Lisbonne ou d’ailleurs, dans l’espoir d’une vie meilleure qu’ils n’ont jamais pu vivre.

Rencontre avec deux belles personnalités qui font jaillir l’humanité d’existences fragiles et cabossées, au moment où leur pays d’origine, l’Algérie, vit un tournant de son histoire.


À lire

  • Mehdi Charef, Rue des Pâquerettes, Hors d’atteinte, 2019.
  • Kamel Khélif, Même si c’est la nuit, Otium, 2019.

 

Le karaoké littéraire

Avec Raphaël France-Kullmann (lecture, animation) et Vincent Truel (musique)

Un karaoké, oui, mais littéraire ! Et en lien direct avec la programmation du festival, pour faire entendre les textes des auteurs invités cette année. Allez, laissez-vous tenter ! Sur scène, accompagné du comédien Raphaël France-Kullmann, qui fera office de Monsieur Loyal et vous mettra à l’aise, vous lisez à voix haute le texte de votre choix (à partir d’une sélection qui vous est proposée). Et comme un bon karaoké ne peut se faire qu’en musique, Vincent Truel se charge d’interpréter, au clavier, le morceau que vous aurez choisi pour accompagner votre lecture.

Sélectionnés par un jury avisé, les meilleurs lecteurs se verront offrir… des livres !
Et comme il n’y a pas d’âge pour monter sur scène, petits et grands sont les bienvenus.


En partenariat avec La Mesón dans le cadre des Dimanches de la Canebière.

Oh les beaux jours ! ça commence en néerlandais !

Ouverture en compagnie de Benny Lindelauf.

Bon, soyons honnêtes : les Pays-Bas et la Flandre, vus de Marseille, c’est le pôle Nord ou carrément une destination exotique ! Quant à la littérature néerlandophone, il faut avouer que nous ne la connaissons guère. Et pourtant, elle est bouillonnante, diverse et sans tabou. Elle regorge de talents, qui savent raconter des histoires, à l’image de Benny Lindelauf qui a accepté pour Oh les beaux jours ! de porter son regard curieux sur Marseille. Auteur de livres à succès pour la jeunesse, couronnés par de nombreux prix et traduits dans plusieurs langues, il aime à dire qu’écrire, c’est quitter sa maison et s’installer dans celle d’à côté, puis celle d’à côté, et ainsi de suite…

Après une semaine d’immersion dans les maisons de Marseille, Benny Lindelauf livre ce soir ses impressions et a même pris le temps d’écrire un texte que nous avons fait traduire. Une belle manière de commencer au nord un festival littéraire du sud ouvert sur le monde !


À lire :

  • Benny Lindelauf, Une maison pour neuf, traduit du néerlandais par Mireille Cohendy, Folio Junior n°1655, Gallimard Jeunesse, 2013.

En partenariat avec Les Phares du Nord, la Fondation néerlandaise des lettres et Flanders Literature.

 

À la rencontre de Nathalie Kuperman

Avec Nathalie Kuperman. Rencontre animée par Sophie Quetteville.

Nathalie Kuperman est l’auteur d’une dizaine de romans parmi lesquels Nous étions des êtres vivants et, récemment, Je suis le genre de filles (Flammarion). Elle mêle souvent l’intime et le social, tricotant entre réel et fiction avec une fantaisie subtile et une grande sensibilité. Elle écrit aussi pour la jeunesse. Dans l’un de ses derniers romans, elle raconte une histoire vieille comme le monde : celle d’un garçon qui aime deux filles à la fois. Pas simple quand on 13 ans, qu’on connaît l’une des filles depuis la crèche et que celle-ci a pris l’habitude de vous mener par le bout du nez…


À lire :

  • Nathalie Kuperman, Le Garçon qui aimait deux filles qui ne l’aimaient pas, École des loisirs, 2013.

Cette année, les collégiens ont aussi leurs rencontres littéraires ! Oh les beaux jours ! organise spécialement pour les plus jeunes des rencontres avec Guillaume Guéraud, Nathalie Kuperman et Joy Sorman, trois écrivains qu’ils ont découverts et lus pendant l’année scolaire.

Cette programmation, ouverte à tous, entre dans le cadre des actions éducatives du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône.


À écouter sur France Culture, partenaire du festival Oh les beaux jours ! :