Hanna Bervoets est une autrice néerlandaise, récompensée en 2021 pour l’ensemble de son œuvre par le Frans Kellendonk Prize, le prix littéraire le plus prestigieux des Pays-Bas.
Elle a écrit dans De Volkskrant, publié des romans et des nouvelles. Les choses que nous avons vues (Le Bruit du monde, 2022) est son premier roman traduit en français. Dans une langue percutante, Hanna Bervoets y décrit la folie du monde et son impact dans la construction de soi, dans nos relations avec les autres, dans nos histoires d’amour. Une fiction qui dit le réel à travers son personnage, « éboueuse du web » ou « modératrice », une plongée dans le pire de ce que nous pouvons concevoir. Que font en nous toutes ces choses que nous avons vues ? Quelles règles dictent ce qui est visible ou pas ? Un texte fort.
Bibliographie sélective
- Les Choses que nous avons vues, traduit du néerlandais par Noëlle Michel, Le Bruit du monde, 2022.
Fille de diplomate, Elif Shafak est née à Strasbourg en 1971. Elle a passé son adolescence en Espagne avant de revenir en Turquie. Après des études en « Gender and Women’s Studies » et un doctorat en sciences politiques, elle a un temps enseigné aux États-Unis.
Son œuvre, pour laquelle elle a reçu la décoration de Chevalier des Arts et des Lettres, est traduite dans le monde entier et saluée par la critique. Féministe engagée, cosmopolite, humaniste et profondément imprégnée par le soufisme et la culture ottomane, elle collabore régulièrement avec des quotidiens internationaux comme The New York Times, The Guardian et La Republica.
Son dernier roman, L’Île aux arbres disparus (Flammarion, 2022), se déroule à Chypre, à l’époque de la partition de l’île en deux parties, séparées par une ligne de démarcation.
Elif Shafak s’intéresse aux silences, à la mémoire et à sa transmission, ainsi qu’aux questions d’appartenance, d’enracinement, et d’exil.
À lire
- La Bâtarde d’Istanbul, traduit par Aline Azoulay-Pacvon, Phébus, 2007.
- Lait noir, traduit par Valérie Gay-Aksoy, Phébus, 2009.
- Soufi, mon amour, traduit par Dominique Letellier, Phébus, 2010.
- Trois filles d’Ève, traduit par Dominique Goy-Blanquet, Flammarion, 2018.
- 10 minutes et 38 secondes dans ce monde étrange, traduit par Dominique Goy-Blanquet, Flammarion, 2020.
- L’Île aux arbres disparus, traduit par Dominique Goy-Blanquet, Flammarion, 2022.
Loren Capelli a étudié à l’École de l’Image d’Épinal. Au gré de stages et de formations diverses, elle s’initie et se passionne pour la gravure, la sérigraphie, la photographie et les films d’animation.
Elle maîtrise aussi l’aquarelle, et aime composer avec les éléments de la nature. Son dessin est doux et tendre, délicat, et nous entraîne à observer le monde à hauteur d’enfant et d’innocence. Un dessin dynamique, qui sait jouer du blanc et de la saturation dans la page. Illustratrice de nombreux albums, elle a également dessiné pour The New York Times et The New York Times Book Review. Son album Cap ! (Courtes et longues, 2019) dont elle est illustratrice et autrice a reçu le prix Sorcière 2020 dans la catégorie Carrément beau maxi.
Son dernier ouvrage, Il faudra, avec Ramona Bãdescu, a été publié en 2021 dans la jeune maison d’édition jeunesse La Partie.
Enfin, elle aime faire des lectures bruitées et des performances à partir d’histoires qu’elle dessine.
Bibliographie sélective
- C’est Giorgio, avec Corinne Lovera Vitali, Rouergue, 2008.
- De ma fenêtre, Courtes et longues, 2014.
- Cap !, Courtes et longues, 2019.
- Il faudra, avec Ramona Bãdescu, La Partie, 2021.
Agnès Desarthe, normalienne et agrégée d’anglais, est romancière et traductrice.
Autrice d’une trentaine de livres pour les enfants et les adolescents, et de nombreux romans, elle a également consacré un essai à Virginia Woolf, en collaboration avec Geneviève Brisac.
Par ailleurs, elle traduit en français, entre autres, des romans d’Anaïs Nin, d’Alice Munro, de Jay McInerney, de Cynthia Ozick et de Virginia Woolf. Elle a consacré un récit au double portrait de son grand-père et du pédagogue Janusz Korczak.
Elle écrit aussi des chansons pour Michel Lascault et le groupe MASH et se tourne régulièrement vers le théâtre.
Avec son dernier roman, L’Éternel fiancé (L’Olivier, 2021), Agnès Desarthe confirme son talent à nous émerveiller et à inventer de nouvelles formes.
Bibliographie sélective
- Je ne t’aime pas, Paulus, L’École des loisirs, 1992.
- Quelques minutes de bonheur absolu, Éditions de l’Olivier, 1993.
- Un secret sans importance, Éditions de l’Olivier, 1996 (prix du Livre Inter 1996).
- C’est qui le plus beau ?, illustrations d’Anaïs Vaugelade, L’École des loisirs, 2005.
- Mangez-moi, Éditions de l’Olivier, 2006.
- Le Remplaçant, Éditions de l’Olivier, 2009.
- Dans la nuit brune, Éditions de l’Olivier, 2010 (prix Renaudot des lycéens).
- Ce cœur changeant, Éditions de l’Olivier, 2015 (prix littéraire du Monde).
- La Chance de leur vie, Éditions de l’Olivier, 2018.
- L’Éternel fiancé, Éditions de l’Olivier, 2021.
Alice Kaplan est écrivaine et historienne. Elle a étudié en France et enseigne la littérature française à l’université de Yale. Elle est l’autrice de plusieurs essais sur l’attitude des Français pendant la seconde guerre mondiale, lors de l’occupation et de la collaboration. Elle travaille également sur la question de l’écriture de la mémoire en tant que genre littéraire.
Dans son livre Intelligence avec l’ennemi : le procès Brasillach (Gallimard, 2001), elle enquête sur le procès de Robert Brasillach, écrivain condamné à mort en 1945 pour trahison et exécuté, après avoir collaboré avec les nazis, dénoncé des Juifs et des résistants.
La nouvelle maison d’édition marseillaise Le Bruit du monde vient tout juste de publier une traduction de Maison Atlas. Un roman qui s’inscrit dans l’histoire de l’Algérie et de ses années noires à travers le destin d’une famille juive d’Alger. Spécialiste d’Albert Camus, elle s’intéresse à la transmission de de l’histoire familiale, à la judéité et à la question de l’émigration.
Bibliographie sélective
- Intelligence avec l’ennemi : le procès Brasillach, traduit de l’américain par Bruno Poncharal, Gallimard, 2001.
- L’Interprète : dans les traces d’une cour martiale américaine, Bretagne 1944, traduit de l’américain par Patrick Hersant, Gallimard, 2007.
- Trois américaines à Paris. Jacqueline Bouvier Kennedy, Susan Sontag, Angela Davis, traduit de l’américain par Patrick Hersant, Gallimard, 2012.
- En quête de l’Étranger, traduit de l’américain par Patrick Hersant, Gallimard, 2016.
- Maison Atlas, traduit de l’américain par Patrick Hersant, Le Bruit du monde, 2022.
Maylis Besserie est productrice radio et collabore régulièrement à diverses émissions sur France Culture depuis 2003.
En 2020, elle publie un premier roman qui imagine les derniers jours de la vie de Samuel Beckett dans une maison de retraite parisienne (Le Tiers temps, Gallimard) et obtient le prix Goncourt du premier roman.
Dans Les Amours dispersées (Gallimard, 2022), elle s’intéresse à un autre prix Nobel de littérature, un autre irlandais, William Butler Yeats, mort en 1939 et enterré en France, dont le fantôme revient lorsque qu’un document atteste que les restes rapatriés en Irlande ne sont pas vraiment les siens. Comment raconter une vie, celle d’un autre ? Maylis Besserie explore avec talent les voix de l’exofiction.
Bibliographie sélective
- Le Tiers temps, Gallimard, 2020 (Prix Goncourt du premier roman).
- Les Amours dispersées, Gallimard, 2022.
Vanessa Schneider est journaliste, essayiste et romancière. Elle a été journaliste politique à Libération, reporter pour l’agence CAPA, et collabore pour plusieurs médias, presse écrite et audiovisuelle. Elle est aussi grand reporter au Monde, chroniqueuse et documentariste.
En 2001, elle publie son premier livre, un essai politique intitulé La Déprime des politiques (Seuil). Elle signe en 2015 un autre essai politique, Le Mauvais génie (Fayard), avec Ariane Chemin. Ce livre sera adapté en documentaire.
Vanessa Schneider écrit également des récits autobiographiques dans lesquels elle explore les relations à l’histoire familiale.
En 2021, elle publie avec Georges Kiejman, L’Homme qui voulait être aimé (Grasset), un récit qui relate la vie de celui qui fut avocat du monde de l’édition, et de Malik Oussekine, l’ami de Simone Signoret, François Truffaut et François Mitterrand.
Dans son dernier roman, La Fille de Deauville (Grasset, 2022), elle suit les révolutionnaires d’Action Directe qui ont marqué les années 80 de leurs attentats et braquages, en s’attachant au parcours de Joëlle Aubron, de son engagement à ses planques, arrestation et incarcération, en alternant les points de vue avec celui de la police qui a longtemps été dans l’impossibilité de mettre un nom sur cette fille qui venait de Deauville.
Bibliographie sélective
- La Mère de ma mère, Stock, 2008.
- Le Pacte des vierges, Stock, 2011.
- Le Mauvais génie, avec Ariane Chemin, Fayard, 2015.
- Tu t’appelais Maria Schneider, Paris, Grasset, 2018.
- L’Homme qui voulait être aimé, Grasset, 2021.
- La Fille de Deauville, Grasset, 2022.
Olivia Ruiz est musicienne, chanteuse et écrivaine. D’origine espagnole, elle a grandi à Marseillette, dans le Sud Ouest.
Son premier album J’aime pas l’amour lui vaut une nomination aux Victoires de la Musique en 2005. Suivront, entre autres, La Femme chocolat (2005) et Miss Météores (2009).
Grâce à la fraicheur et à la poésie de son univers musical, Olivia Ruiz connait un franc succès populaire, enchaînant les récompenses.
En 2020 elle publie son premier roman, La Commode aux tiroirs de couleurs (JC Lattès), portrait de femmes sur quatre générations, entre l’Espagne et la France, de la dictature franquiste à aujourd’hui.
Dans Écoute la pluie tomber (à paraître en mai 2022), elle revient sur des trajectoires de vie à travers des figures féminines malmenées par le franquisme.
Bibliographie sélective
- La Commode aux tiroirs de couleurs, JC Lattès, 2020.
- Écoute la pluie tomber, JC Lattès, 2022.
Discographie sélective
- « J’aime pas l’amour », Polydor, 2003.
- « La Femme chocolat », Polydor, 2005.
- « Miss Météores », Polydor, 2009.
- « Le Calme et la tempête », Polydor, 2012.
- « A nos corps-aimants », Polydor, 2016.
Née en Équateur, Mónica Ojeda a suivi des études de lettres en Espagne.
Elle est l’auteure de deux romans ainsi que d’un recueil de nouvelles et d’un recueil de poèmes (non traduits à ce jour). Elle vit et travaille à Madrid depuis 2016.
Mâchoires (Gallimard, 2022), son premier roman traduit en français, la place parmi les écrivains latino-américains les plus talentueux et les plus prometteurs de sa génération. La traduction de ce dernier roman en plusieurs langues confère à Mónica Ojeda une reconnaissance internationale.
Un roman comme un thriller psychologique à la prose riche et énergique, qui met en scène une enseignante sado-maso, des adolescentes à la recherche des limites de la peur, les rapports de pouvoir mère-fille mais aussi bourreau-victime. Le portrait d’une jeunesse ayant grandi avec la révolution numérique.
À lire
- Mâchoires, traduit de l’espagnol (Équateur) par Alba-Marina Escalón, coll. « Du monde entier », Gallimard, 2022.
Jeanne Macaigne est diplômée des Arts Décoratifs de Paris.
Elle dessine régulièrement pour la presse (Revue XXI, Alternatives Economiques, Libération etc.) et l’édition jeunesse. Elle écrit et dessine ce qui l’entoure, ainsi que son monde intérieur avec une attention particulière pour le vivant.
En 2021, elle publie Changer d’air (Les Fourmis rouges), un album empreint de poésie et d’humour, dans lequel ses illustrations sont au service d’une histoire qui parle à la fois d’écologie et du rapport aux autres.
Bibliographie sélective
- L’Hiver d’Isabelle, MeMo, 2017.
- Le Coiffeur des étoiles, MeMo, 2018.
- La Chose du MéHéHéH, texte de Sigrid Baffert, MeMo, 2019.
- Changer d’air, Les Fourmis rouges, 2021.