cccccc

Archives

Insula

Théo Casciani
Lecture par Aurore Clément

Entretien animé par Sonia Déchamps

Une fête queer aux allures de fin du monde, quelque part à Londres dans des bureaux désaffectés de la City. Des corps qui circulent, du sexe partout, des larmes de sperme, et cette rumeur : une pilule permettrait d’entrer dans un jeu clandestin, Insula, une autre réalité. Le narrateur la garde dans sa poche. Il n’est pas sûr de vouloir passer de l’autre côté.

Tout s’interrompt pourtant. Il doit rentrer à Paris : son père est en train de mourir. À l’hôpital, un mot revient dans la bouche des médecins, « insula » là encore, cette zone du cerveau atteinte par la maladie. Comme une île dans la tête. À partir de là, le récit se lézarde. Ce qui relevait du jeu ou de la simulation devient une traversée intime, où le deuil déplace tout et fait vaciller la frontière entre réel et digital.

Avec ce deuxième roman électrisant, Théo Casciani nous offre une expérience sensorielle à la fois très concrète et traversée de visions. Un conte sous acide, qui avance comme une quête hallucinée, peuplée de fantômes et de signes.

Pour faire entendre cette dystopie, rien moins que l’une des grandes voix du cinéma français : Aurore Clément, présence inoubliable notamment dans les plus beaux films de Chantal Akerman, ou encore dans Paris, Texas et Apocalypse Now. Une lecture, suivie d’un échange avec l’auteur, pour entrer dans les arcanes de ce roman-labyrinthe.


À lire

  • Théo Casciani, Insula, P.O.L, 2026.

Gertrude Stein a 152 ans

Interventions de Philippe Blanchon et  Martin Richet
Lectures par Michaël Batalla, Philippe Blanchon,  Liliane Giraudon, David Lespiau et Martin Richet

Née en Pennsylvanie en 1874, Gertrude Stein s’installe en France avec son frère Léo en 1903. Elle s’intéresse à la peinture et devient parmi les mécènes les plus importants de la place de Paris, se démarquant par sa prédilection pour la radicalité artistique, notamment le cubisme. Elle fait de l’appartement de la rue de Fleurus, qu’elle habite avec sa compagne Alice B. Toklas, un lieu de rendez-vous et d’invention où se croisent Picasso, Matisse, Derain, mais aussi, dans les années 1920, des écrivains américains de la « génération perdue ».

Elle-même écrit beaucoup, s’essayant à différents genres qu’elle réinvente toujours à sa manière, faite de répétitions et d’agrégations de propositions qui tordent la grammaire et en mettent au jour les mécanismes.
Figure emblématique de la modernité en littérature, Gertrude Stein est morte à Paris en 1946. Son œuvre brillante est traduite aux éditions Cambourakis par Martin Richet. On la réentendra à travers des lectures de textes, ponctuées par les interventions éclairantes de Philippe Blanchon et de Martin Richet.


« 10. Après la poésie, Stein se tourne vers la prose romanesque, dans la même nouvelle perspective. L’autobiographie de tout le monde (1937) devra être le portrait en prise de chacun, c’est-à-dire du plus grand nombre possible de personnages. Et le portrait de chacun doit être dans le nouveau style, inspiré de la ‘la ligne vibrante’ de Picabia, de ses ‘transparences’.

12. La prose de Gertrude Stein est ‘déceptive’, trompeuse. La répétition, le ressassement égarent le lecteur. Comme l’éléphant, elle trompe énormément. Il faut lire ses écrits lentement, vraiment lentement, pour être en mesure de les apprécier. On le fait rarement (…) »

Jacques Roubaud
Préface à l’édition française de Mrs Reynolds de Gertrude Stein, traduction de Martin Richet, Cambourakis, 2018

« Quel héritage littéraire nous a laissé Miss Stein ? On emprunte certains de ses procédés (répétitions et réduction du champ lexical) sans toujours savoir qu’ils étaient le fruit d’un long processus de réflexion et d’élaboration. (…) Ils approfondissaient sa quête existentielle, singulière et profonde. »

Philippe Blanchon, Gertrude Stein, Gallimard, coll. Folio biographies, 2020


En partenariat avec le CipM.


À lire

  • Gertrude Stein, Exacte ressemblance. Brève anthologie de portraits textuels composés de 1910 à 1931, textes choisis, traduits de l’anglais (États-Unis) et préfacés par Martin Richet, Cambourakis, 2024.
  • Gertrude Stein, Ida, traduit de l’anglais (États-Unis) par Martin Richet, Cambourakis, 2024.
  • Gertrude Stein, Notre mère à tous, traduit de l’anglais (États-Unis) par Martin Richet, Cambourakis, 2022.
  • Michaël Batalla, Noir de l’Égée, Nous, 2019.
  • Philippe Blanchon, Gertrude Stein, coll. Folio biographies, Folio/Gallimard, 2020.
  • Liliane Giraudon, Pot pourri, P.O.L, 2025.
  • David Lespiau, Une danse pour les doigts humains, Éditions Héros-limite, 2024.

Des nouvelles des collégiens – 8e édition

Lætitia Bianchi, Marwan Chahine, Tim Dup, Marie Kock, Marcus Malte, Mélanie Masson, Insa Sané et les collégiens

Rencontre animée par Nicolas Lafitte

Pour la 8e édition de ce concours qui stimule l’imagination des collégiens, cinq écrivains ont chacun accompagné une classe dans l’écriture d’une nouvelle. Une page vierge que les collégiens ont remplie durant les ateliers animés cette année par Lætitia Bianchi, Marwan Chahine, Marie Kock, Marcus Malte et Insa Sané.

Reflétant les interrogations et préoccupations de leurs jeunes auteurs, ces nouvelles nous plongent dans des intrigues à suspens qui flirtent parfois avec des mondes irréels ! Les textes ont ensuite été soumis au vote de 2500 collégiens des Bouches-du-Rhône, qui en ont débattu passionnément. Le palmarès sera dévoilé en direct, en présence des écrivains et des collégiens qui se verront remettre le recueil imprimé des cinq textes.

Nouveauté cette année : au plateau, les nouvelles seront mises en musique par un ensemble de collégiens, que l’auteur et compositeur Tim Dup a guidés lors d’ateliers pendant plusieurs semaines. Tandis qu’un groupe d’élèves du collège Marseilleveyre, encadré par la journaliste Mélanie Masson, présentera au public une émission littéraire autour de ces nouvelles, réalisée et enregistrée à Radio Grenouille.


Projet mené en collaboration avec l’académie d’Aix-Marseille, avec le soutien du Département des Bouches-du-Rhône, de la Fondation d’entreprise La Poste et de la Fondation Crédit Mutuel pour la lecture.


À lire

  • Des nouvelles des collégiens, saison 8, Oh les beaux jours !, 2026.