Interventions de Philippe Blanchon et Martin Richet
Lectures par Michaël Batalla, Philippe Blanchon, Liliane Giraudon, David Lespiau et Martin Richet
Née en Pennsylvanie en 1874, Gertrude Stein s’installe en France avec son frère Léo en 1903. Elle s’intéresse à la peinture et devient parmi les mécènes les plus importants de la place de Paris, se démarquant par sa prédilection pour la radicalité artistique, notamment le cubisme. Elle fait de l’appartement de la rue de Fleurus, qu’elle habite avec sa compagne Alice B. Toklas, un lieu de rendez-vous et d’invention où se croisent Picasso, Matisse, Derain, mais aussi, dans les années 1920, des écrivains américains de la « génération perdue ».
Elle-même écrit beaucoup, s’essayant à différents genres qu’elle réinvente toujours à sa manière, faite de répétitions et d’agrégations de propositions qui tordent la grammaire et en mettent au jour les mécanismes.
Figure emblématique de la modernité en littérature, Gertrude Stein est morte à Paris en 1946. Son œuvre brillante est traduite aux éditions Cambourakis par Martin Richet. On la réentendra à travers des lectures de textes, ponctuées par les interventions éclairantes de Philippe Blanchon et de Martin Richet.
« 10. Après la poésie, Stein se tourne vers la prose romanesque, dans la même nouvelle perspective. L’autobiographie de tout le monde (1937) devra être le portrait en prise de chacun, c’est-à-dire du plus grand nombre possible de personnages. Et le portrait de chacun doit être dans le nouveau style, inspiré de la ‘la ligne vibrante’ de Picabia, de ses ‘transparences’.
12. La prose de Gertrude Stein est ‘déceptive’, trompeuse. La répétition, le ressassement égarent le lecteur. Comme l’éléphant, elle trompe énormément. Il faut lire ses écrits lentement, vraiment lentement, pour être en mesure de les apprécier. On le fait rarement (…) »
Jacques Roubaud
Préface à l’édition française de Mrs Reynolds de Gertrude Stein, traduction de Martin Richet, Cambourakis, 2018
« Quel héritage littéraire nous a laissé Miss Stein ? On emprunte certains de ses procédés (répétitions et réduction du champ lexical) sans toujours savoir qu’ils étaient le fruit d’un long processus de réflexion et d’élaboration. (…) Ils approfondissaient sa quête existentielle, singulière et profonde. »
Philippe Blanchon, Gertrude Stein, Gallimard, coll. Folio biographies, 2020
En partenariat avec le CipM.
À lire
- Gertrude Stein, Exacte ressemblance. Brève anthologie de portraits textuels composés de 1910 à 1931, textes choisis, traduits de l’anglais (États-Unis) et préfacés par Martin Richet, Cambourakis, 2024.
- Gertrude Stein, Ida, traduit de l’anglais (États-Unis) par Martin Richet, Cambourakis, 2024.
- Gertrude Stein, Notre mère à tous, traduit de l’anglais (États-Unis) par Martin Richet, Cambourakis, 2022.
- Michaël Batalla, Noir de l’Égée, Nous, 2019.
- Philippe Blanchon, Gertrude Stein, coll. Folio biographies, Folio/Gallimard, 2020.
- Liliane Giraudon, Pot pourri, P.O.L, 2025.
- David Lespiau, Une danse pour les doigts humains, Éditions Héros-limite, 2024.
