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Certaines fièvres échappent au mercure

Mathilde Forget

Petite, Édith préfère les filles, mais croit que seuls les garçons ont le droit de les aimer. Alors elle se cache. À 8 ans, la mort brutale de sa mère ouvre en elle une faille durable. Depuis, dans sa « tête secrète », tout s’intensifie : les peurs, les scénarios, les sensations.

Avec Certaines fièvres échappent au mercure, son troisième roman, Mathilde Forget écrit au plus près de ces mouvements invisibles et capte ce qui circule sous la surface : les souvenirs qui insistent, les désirs qui débordent. Jusqu’à cette rencontre, dans un train de banlieue, avec une jeune femme aux cheveux bouclés. Une apparition concrète, presque électrique, qui déplace les lignes. Entre la mère disparue et l’amoureuse, une circulation s’invente.

Sur scène, l’écrivaine, par ailleurs compositrice et interprète, propose une lecture-performance où elle lit, joue de la guitare et fait entendre une création sonore qu’elle a composée pour l’occasion. Les extraits du texte alternent avec des chansons, dans un mouvement tendu qui prolonge l’écriture. Comme autant de variations autour d’une même fièvre…


À lire

  • Mathilde Forget, Certaines fièvres échappent au mercure, L’Iconoclaste, 2026.

Avale

Séphora Pondi et Edgard Chenest

Pour ouvrir la soirée de clôture, une entrée en matière intense.
Séphora Pondi, pensionnaire de la Comédie-Française, donne voix à Avale, son premier roman salué par le prix du Premier roman des Inrockuptibles et le prix du Roman des étudiants France Culture. Accompagnée par le musicien Edgard Chenest, elle en propose une lecture tenue de bout en bout, où chaque phrase engage le corps, le souffle, la présence.

Juillet 2018. Soir de finale de la Coupe du monde. Tom se cache dans les toilettes d’un centre commercial, les mains couvertes de sang. Depuis l’enfance, cet étudiant en pharmacie accumule humiliations et rejets, jusqu’à voir affleurer en lui des pulsions de dévoration. Face à lui, Lame, jeune actrice d’origine camerounaise, explore sous hypnose les failles de son passé : une enfance en banlieue, une amitié fondatrice, un désir de scène traversé par la peur d’être happée par les regards.

Deux trajectoires qui avancent en parallèle, se frôlent, s’aimantent, jusqu’au point de bascule. Entre réalisme et trouble, le texte ausculte les corps, leurs failles, leurs débordements, dans une langue tendue, presque organique. La musique d’Edgard Chenest accompagne cette progression, prolonge les tensions, creuse les silences et installe un climat à la fois nerveux et hypnotique.

Une lecture à vif, où la langue se joue au présent, avant de laisser place, dans un autre tempo, au concert littéraire de Vincent Delerm.

En coréalisation avec le Mucem.


Le billet pour Avale donne également accès au concert littéraire Vincent Delerm, concert en toutes lettres, le même jour à 21h30.

L’entrée au Mucem pour la soirée se fait uniquement par la passerelle du fort Saint-Jean.


À lire

  • Séphora Pondi, Avale, Grasset, 2025.