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Grands carnivores

Avec Bertrand Belin.
Entretien animé par Yann Nicol.

Auteur-compositeur, guitariste et chanteur, Bertrand Belin est aussi écrivain, auteur de Requin (2015) et Littoral (2016), parus chez P.O.L, dans lesquels on retrouve la poésie concise, les ellipses et l’univers mystérieux de ses chansons. Son nouveau roman, Grands carnivores confirme que la mélodie de ses mots n’est pas sans résonance avec sa musique.
Dans cette fable à l’ironie corrosive, il raconte la rivalité violente entre deux frères – l’un chef d’entreprise cynique et l’autre, artiste rêveur et idéaliste –, alors que des fauves échappés d’un cirque sèment la panique dans la population… Qui a peur d’être dévoré ? Et par qui ?

Un entretien tout en douceur et en profondeur, une autre occasion d’entendre sur scène la belle voix grave du dandy punk de la chanson française, aussi subtilement radical et avisé dans ses romans que dans ses albums.


À lire

  • Bertrand Belin, Grands carnivores, P.O.L, 2019.

À écouter

  • Bertrand Belin, « Persona », Wagram, 2019.

En coréalisation avec le Mucem.

Marseille, port d’attaches

Avec Claudine Galea et Cloé Korman.
Rencontre animée par Guénaël Boutouillet.

Dans Midi, Cloé Korman nous entraîne dans une tragédie que ses personnages vont vivre de manière rétrospective. Que s’est-il vraiment passé à Marseille, il y a vingt ans, lors de ce stage de théâtre pour enfants ? Que cachait cette petite fille à la silhouette fragile ? Claire, la narratrice, devenue médecin à Paris, va devoir affronter ce dont, alors à peine sortie sortie de l’adolescence, elle n’avait pas voulu prendre conscience, éblouie par l’insouciance de l’été…

Dans Les Choses comme elles sont, Claudine Galea retrace l’émancipation d’une enfant curieuse de tout, devenue adolescente rebelle, puis jeune femme sur le seuil de tous les possibles. On plonge avec elle dans une existence familiale d’une grande âpreté ; on respire aussi l’épaisseur langagière des époques traversées, à Marseille, et les relents amers de l’histoire, d’une rive à l’autre de la Méditerranée.

Rencontre avec deux auteures qui situent toutes deux l’action de leur dernier roman dans la cité phocéenne, port d’attaches certes, mais aussi lieu de sombres tempêtes.


À lire :

  • Claudine Galea, Les Choses comme elles sont, Verticales, 2019.
  • Cloé Korman, Midi, Seuil, 2018.

En coproduction avec l’Alcazar.

La mémoire des vivants

Avec Cécile Hennion et Hyam Yared.
Rencontre animée par Élodie Karaki.

Reporter au journal Le Monde, spécialiste du Moyen-Orient où elle a couvert de nombreux conflits, Cécile Hennion est l’auteure d’un livre bouleversant, Le Fil de nos vies brisées. Elle y fait le portrait de la ville syrienne d’Alep, telle qu’elle fut et ne sera jamais plus, à travers le récit de ses habitants contraints à l’exil par la violence et la guerre. Une ville réduit à l’inexistence, sauf à la faire revivre à travers la mémoire des vivants. C’est ce qu’elle s’emploie à faire, à la manière d’un Jean Hatzfeld quand il racontait le drame rwandais, dans une langue qui en fait aussi un objet littéraire à part entière. Une plongée dans l’indicible que ce livre parvient pourtant à transformer en un élan vital d’une grande force.

Née à Beyrouth, où elle vit toujours, Hyam Yared est ces temps-ci en résidence à Marseille – elle est la première titulaire de la chaire Camus, à l’IMéRA – où elle travaille sur le thème de l’hospitalité. Auteure de plusieurs recueils de poésie et de quatre romans, elle ausculte dans une langue puissante l’histoire du Liban, ses guerres successives et ses luttes politiques, mais aussi le poids hypocrite des traditions, la condition de la femme dans les sociétés orientales, la violence des discriminations…

Fiction, récit, poème, recueil de paroles… Quelles écritures pour dire le monde ? Rencontre avec deux auteures aussi engagées que passionnées, qui se sont rencontrées à Beyrouth et se retrouvent à Marseille.


À lire :

  • Cécile Hennion, Le Fil de nos brisées, Anne Carrière, 2019.
  • Hyam Yared, Tout est halluciné, Fayard, 2016.

En partenariat avec l’IMéRA.

 

Par-delà nature et culture

Avec Philippe Descola et Alessandro Pignocchi.
Rencontre animée par Sophie Joubert.

D’après Philippe Descola – anthropologue et professeur au Collège de France –, Bruno Latour et de nombreux autres penseurs contemporains, il est temps de se défaire de notre concept de « Nature » et d’apprendre à penser par-delà la distinction que l’Occident moderne trace entre la nature et la culture. Selon Alessandro Pignocchi, chercheur mais aussi auteur de bande dessinée, en France c’est dans les ZAD, et notamment celle de Notre-Dame-des-Landes, que cette révolution cosmologique trouve son expression la plus concrète et la plus massive. Il faut sortir de la nature à vocation utilitaire à laquelle elle se trouve cantonnée : la nature n’est pas utile, elle est source de liens.

À partir d’images tirées des albums d’Alessandro Pignocchi, les deux auteurs croiseront leurs points de vue sur l’anthropologie, l’écologie des relations et la façon dont les sciences et la bande dessinée peuvent traduire ensemble les usages du monde. Ils nous donneront sans doute également des Nouvelles des Indiens Jivaros, titre d’un album de Pignocchi où il raconte ses découvertes et ses déconvenues dans la jungle amazonienne chez les Jivaros Achuar, sur les traces d’un certain… Philippe Descola, qui vécut parmi eux de 1976 à 1979.

Une rencontre qui promet d’être passionnante entre l’un des plus éminents anthropologues de notre époque, lu et étudié dans le monde entier, et un auteur de BD qui sait mêler avec brio sciences humaines et humour incisif.


À lire :

  • Philippe Descola, Par-delà nature et culture, Gallimard, 2005.
  • Alessandro Pignocchi, Anent. Nouvelles des Indiens Javaros, Steinkis, 2016 (préface de Philippe Descola ; La Recomposition des mondes, Seuil, 2019.

En coproduction avec Opera Mundi.

Cent jours autour du monde

Christian Garcin et Tanguy Viel.
Rencontre animée par Élodie Karaki.

« En cargo, en train, en voiture, à cheval s’il le faut, mais pas en avion. » Dans Travelling, deux écrivains font le récit d’une expérience pour le moins insolite au XXIe siècle : faire le tour du monde, sans jamais prendre l’avion !

L’un, Christian Garcin, est un grand voyageur, dont l’œuvre aux ramifications multiples se nourrit de ses pérégrinations ; l’autre, Tanguy Viel, un sédentaire à l’écriture distanciée qui croyait avoir signé la pétition de Beckett, « On est cons, mais pas au point de voyager pour le plaisir ». Ensemble, ils se sont lancés le défi de parcourir le monde, de l’Amérique à la Sibérie en passant par le Japon et la Chine, par tous les moyens de transport possibles, sauf l’avion. Récit né de ce périple, leur ouvrage Travelling se révèle être une méditation littéraire inoubliable sur le voyage, sur notre rapport à l’espace et au temps, sur la confrontation entre le réel et ce qu’on imagine.

Pour Oh les beaux jours !, Christian Garcin a trié les photos de leur tour du monde, qu’ils projettent pour nous relater leur voyage en images… Comme une soirée diapo littéraire d’un genre nouveau !

« (…) quelque chose comme le voyage de Phileas Fogg en un peu plus long, volontairement plus long même, à l’opposé du pari qu’il fit quant à lui de la vitesse et de la performance. Et non pas parce qu’on se soutiendrait de l’idée absolument inverse d’une lenteur sans limites, mais enfin, il est vrai, en bons romantiques attardés, qu’à la performance on opposera volontiers la promenade, à la vitesse la flânerie, enfin, en bons bouddhistes zen, à l’œuvre accomplie le trajet qui y mène.


À lire

  • Christian Garcin, Tanguy Viel, Travelling, JC Lattès, 2019.
  • Christian Garcin, Les Oiseaux morts de l’Amérique, Actes Sud, 2018.
  • Tanguy Viel, Article 353 du Code pénal, Minuit, 2017 (Grand prix RTL–Lire).

Non-dits

Avec Sarah Chiche et Corinne Royer.
Rencontre animée par Guénaël Boutouillet.

Rencontre avec deux auteures dont les derniers romans ont en commun les non-dits, les fantômes du passé, des figures maternelles déterminantes, mais aussi l’indépendance et la fougue nécessaire à l’amour et à la vie.

Dans Ce qui nous revient, Corinne Royer mêle la controverse scientifique au drame familial pour évoquer le destin contrarié de Marthe Gautier, premier médecin à mettre en évidence le gène surnuméraire de la trisomie 21 dans les années 1950, mais dépossédée de sa découverte par un confrère masculin.

Dans Les Enténébrés, l’écrivaine et psychanalyste Sarah Chiche compose une fresque puissante et sombre sur l’amour fou, où le mal familial côtoie celui de l’Histoire en marche, de la fin du XIXe siècle aux décombres de la Seconde Guerre mondiale, de l’Afrique des indépendances à la catastrophe climatique de ce début de millénaire.

Deux mosaïques romanesques qui traversent les époques dans le tourment des généalogies et questionnent la transmission, pour le meilleur et pour le pire…


À lire

  • Sarah Chiche, Les Enténébrés, Seuil, 2019.
  • Une histoire érotique de la psychanalyse, Payot, 2018.
  • Corinne Royer, Ce qui nous revient, Actes Sud, 2019.

En coproduction avec l’Alcazar.

Le tour de France de Jamy

Avec Jamy Gourmaud.
Entretien animé par Nicolas Lafitte.

Tout le monde connaît Jamy ! Grâce à son émission de télé C’est pas sorcier, il a su faire aimer la science à de très nombreuses générations.

Ce passeur d’histoires à la curiosité insatiable vient de publier son premier livre, Mon tour de France des curiosités naturelles et scientifiques, dans lequel il nous entraîne dans une promenade hors des sentiers battus, à la découverte des trésors de notre patrimoine : entre anecdotes personnelles et explications scientifiques, Jamy Gourmaud dévoile les secrets d’une quinzaine de curiosités réparties dans toute la France, des dinosaures d’Espéraza aux centrales hydro-électriques du Rhin, et de la vanille de la Réunion au Radôme futuriste de Pleumeur-Boudou… sans oublier, bien sûr, l’indétrônable savon de Marseille !


À lire :

  • Mon tour de France des curiosités naturelles et scientifiques, Stock, 2019.

En coproduction avec l’Alcazar.

Damas, ruine et renaissance

Une histoire de la capitale syrienne à la fin du Moyen Âge

Par Élodie Vigouroux (chercheuse associée au CNRS et à l’IFPO).


COMPLET !


Au cours de l’hiver 1400, Damas, principale ville de Syrie et riche cité marchande, fut occupée par les troupes du chef turco-mongol Tamerlan qui pillèrent et incendièrent ses souks, massacrèrent une partie de sa population et capturèrent ses artisans. Pour les historiens arabes et européens, il ne restait de la ville qu’un amas de décombres. Dans le contexte troublé du début du XVe siècle, sa reconstruction apparaissait néanmoins stratégique, tant d’un point de vue politique qu’économique. Cette conférence, à travers l’analyse des sources historiques et des vestiges architecturaux, abordera la question de l’emprise de la ruine, ainsi que les enjeux, les modes, les formes et les acteurs de la renaissance de Damas après Tamerlan.


Cette rencontre entre dans le cadre du Collège de Méditerranée, un cycle de conférences organisé à l’année où des chercheurs vont à la rencontre du public, avec l’ambition de replacer les sciences humaines au cœur de la cité.


À consulter :

Oh les beaux lecteurs !

Valérie Manteau dialogue avec ses lecteurs.

Valérie Manteau sera interrogée par les lecteurs des bibliothèques marseillaises. Épaulés par Élodie Karaki, critique littéraire, ces lecteurs se sont réunis régulièrement au cours des derniers mois et ont choisi le dernier roman de Valérie Manteau, Le Sillon, parmi un choix de livres qui leur étaient soumis. Le festival leur offre l’occasion d’une rencontre privilégiée avec elle pour évoquer ses engagements militants, son parcours de journaliste et d’écrivain et, sans doute, commenter le prix Renaudot qu’elle a reçu cette année.


À lire :

  • Valérie Manteau, Le Sillon, Le Tripode, 2018 (prix Renaudot 2018).

Une rencontre en partenariat avec le réseau des Bibliothèques de Marseille.

La Trace et l’Aura

Avec Patrick Boucheron.
Entretien animé par Arno Bertina.

Avec l’Histoire mondiale de la France, qu’il a dirigée avec succès, ses cours au Collège de France, ses émissions pour Arte et pour France Culture, Patrick Boucheron a acquis une notoriété à laquelle peu d’historiens peuvent prétendre aujourd’hui. C’est donc avec excitation qu’on l’entendra évoquer son dernier essai, La Trace et l’Aura, où il revient à son champ d’études privilégié : le Moyen Âge. Avec une passion érudite, il y fait le récit de la vie – ou plutôt des vies posthumes – d’Ambroise, élu évêque de Milan en 377, à cette époque de l’Antiquité tardive où la ville est l’une des capitales de l’Empire romain. En interrogeant le temps long de l’histoire, il nous révèle sur douze siècles les multiples directions que peut prendre un récit qui cherche à se renouveler, entre manipulation du souvenir et mémoire chahutée.

Pour comprendre sa tentative de « rendre l’épaisseur des temps par quelques expériences narratives », Oh les beaux jours ! a demandé à l’écrivain Arno Bertina d’interroger Patrick Boucheron. Ensemble, ils évoqueront les manières dont se fabriquent les identités collectives mais aussi les frontières poreuses entre histoire et littérature.


À lire

  • Patrick Boucheron, La Trace et l’Aura. Vies posthumes d’Ambroise de Milan (IVe-XVIe siècle), coll. « L’Univers historique », Seuil, 2019.
  • Arno Bertina, Des châteaux qui brûlent, Verticales, 2017.