Les beaux jours d’Erri De Luca

Les beaux jours de...
Grand entretien
samedi 30 mai, 11h
1h30
Tout public
Entrée libre
Entrée libre

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Erri De Luca, entretien animé par Olivia Gesbert.

Né à Naples, dans un quartier où les murs laissaient passer les cris de la rue autant que les voix des voisins, Erri De Luca a grandi au milieu des récits. Ceux qu’on entend sans les voir, et ceux qu’on garde pour soi. Entre le tumulte des ruelles et le silence de la bibliothèque paternelle, il apprend très tôt à écouter et à faire place aux mots.
À dix-huit ans, il quitte le foyer familial, franchissant ce qu’il appelle « l’abîme de la première marche ». Ce sera l’engagement politique, les années 1968, puis le travail manuel : ouvrier chez Fiat à Turin, maçon itinérant sur des chantiers en Italie, en France, en Afrique. Longtemps, l’écriture viendra après, comme un prolongement du corps, de la fatigue, du réel.

Ses livres, de Montedidio à Trois chevaux, jusqu’à ses plus récents textes, portent cette empreinte : une langue sobre, traversée d’expérience, tendue vers une idée de la liberté qu’il définit comme « un champ ouvert où l’on peut s’égarer ». Dans L’Âge expérimental, il scrute, avec Inès de la Fressange, le vieillissement comme une énigme toujours recommencée ; dans Michel-Ange. Enquête sur une disproportion, il s’attarde sur les excès du David — tête trop grande, mains démesurées — pour y voir surgir une beauté hors norme.

Au fil de cet entretien, il sera question de ces chemins multiples : de Naples et de ses voix, des langues, des œuvres qui déplacent le regard, des amitiés qui comptent : celle du poète bosniaque Izet Sarajli, rencontré pendant la guerre, ou du photographe Paolo Roversi, avec qui il dialogue entre images et mots. On entendra aussi les chants de Roberto Murolo, qui stimulent son imaginaire.

Un grand entretien avec un écrivain pour qui la littérature ne sépare pas du monde, mais y ramène, obstinément —  là où les frontières vacillent, et où les voix, même les plus fragiles, trouvent encore à se faire entendre.


À lire (bibliographie sélective)

  • L’Âge expérimental, avec Inès de la Fressange, Gallimard, 28 mai 2026.
  • Michel-Ange. Enquête sur une disproportion, Gallimard, 2026.
  • Récits de saveurs familières, traduit de l’italien par Danièle Valin, Gallimard, 2025.
  • Impossible, traduit de l’italien par Danièle Valin, Gallimard, 2020.
  • Le Poids du papillon, traduit de l’italien par Danièle Valin, Gallimard, 2011.
  • Au nom de la mère, traduit de l’italien par Danièle Valin, Gallimard, 2006.
  • Montedidio, traduit de l’italien par Danièle Valin, Gallimard, 2002 (prix Femina étranger 2002).
  • Tu, mio, traduit de l’italien par Danièle Valin, Éditions Payot & Rivages, 1998.

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