La plus secrète mémoire des hommes

Ce que peut la littérature
Entretien
samedi 28 mai, 14h
Bibliothèque de l’Alcazar, hall
Entrée libre

Partager

Avec Mohamed Mbougar Sarr (Prix Goncourt 2021).
Rencontre animée par Élodie Karaki.

Prix Goncourt retentissant à l’automne dernier pour La Plus Secrète Mémoire des hommes, Mohamed Mbougar Sarr, un de ses plus jeunes lauréats, est devenu en quatre romans et à 31 ans seulement un écrivain reconnu pour la qualité de ses écrits et pour les idées qu’il défend, marquées par le refus de l’assignation à une appartenance.
D’une perpétuelle inventivité, tant dans la langue, flamboyante et érudite, qu’à travers une narration labyrinthique, le roman qui lui valu le Goncourt est une œuvre étourdissante, dominée par l’exigence du choix entre l’écriture et la vie, ou encore par le désir de dépasser la question devenue cruciale du face-à-face entre Afrique et Occident. Mohamed Mbougar Sarr y croise l’histoire de deux écrivains sénégalais, l’un contemporain qui vit à Paris, à la recherche de lui-même, et l’autre – le mystérieux T.C. Elimane, surnommé le « Rimbaud nègre » – qui défraya la chronique en 1938 à la faveur de la publication d’un seul roman, avant de disparaître.
Cette quête haletante nous fait voyager entre les époques et nous mène du Sénégal à Buenos Aires en passant par Amsterdam ou Paris, n’omettant rien des tragédies de notre siècle que sont la Shoah et le colonialisme, révélant peu à peu le propos de ce roman qui est aussi une juste revendication à ne pas mettre l’Afrique à part dans l’histoire des lettres.

La Plus Secrète Mémoire des hommes est aussi un chant d’amour à la littérature et à son pouvoir intemporel, littérature qui « transfigure la vie », assène Mohamed Mbougar Sarr, lecteur assidu dès son enfance passée au Sénégal. Marqué par la culture africaine, l’écrivain refuse néanmoins de se laisser prendre au piège de l’enfermement identitaire et milite pour les frictions et les hybridations fécondes avec d’autres imaginaires, par exemple la littérature sud-américaine où il puise « des échos, des images, des façons de concevoir le roman qui me révèlent à moi-même. »

Une rencontre avec un jeune écrivain, déjà très grand, à la parole dense et profondément ouverte sur le monde.


À lire

  • Mohamed Mbougar Sarr, La Plus Secrète Mémoire des hommes, Philippe Rey /Jimsaan, 2021 (prix Goncourt 2021, prix Transfuge du meilleur roman de langue française 2021, prix Hennessy du livre 2021 et prix Fetkann/Maryse Condé 2021)..

Abonnez-vous à notre newsletter !

  • Ce champ n’est utilisé qu’à des fins de validation et devrait rester inchangé.