Entretien animé par Camille Thomine et traduit de l’espagnol par Coralie Tripier
Avec Les Vilaines, puis Histoire d’une domestication, Camila Sosa Villada s’est imposée comme une voix majeure de la littérature contemporaine, traduite dans le monde entier, portée par une écriture profondément libre, à la fois charnelle et politique. Ses livres circulent comme une déflagration. Sa présence en France est rare et c’est une joie de l’accueillir pour cette dixième édition du festival.
Dans Je suis une idiote de t’aimer, elle rassemble neuf récits où défilent coiffeuses, prostituées, enfants, saintes ou fugitives. Toutes affrontent un monde brutal, où la violence sociale et le patriarcat s’exercent sur les corps. Mais aucune ne se résigne : elles rient, se vengent, rendent les coups, désirent, inventent des façons d’exister. Chez Camila Sosa Villada, la douleur bifurque, la nuit se peuple de créatures insoumises, et la langue elle-même déborde jusqu’à contaminer le réel.
Née en Argentine, passée par la prostitution avant de trouver dans le théâtre puis dans l’écriture une puissance de transformation, elle puise dans son histoire pour nourrir une œuvre qui glisse sans cesse vers l’excès et le prodigieux.
Une littérature de la marge et du corps, qui fait entendre, avec intensité, d’autres manières d’habiter le monde.
À lire
- Camila Sosa Villada, Je suis une idiote de t’aimer, traduit de l’espagnol (Argentine) par Laura Alcoba, Métailié, 2026.
- Histoire d’une domestication, Métailié, 2024.
- Les Vilaines, Métailié, 2021.
