Simon Abkarian et Ibrahim Maalouf : Panaït Istrati, une vie romanesque

Louons maintenant les grands auteurs
samedi 01 juin, 21h
Mucem, fort Saint-Jean

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Avec Simon Abkarian et Ibrahim Maalouf (piano et trompette)
Dessins : Golo
Mise en espace : Julie Kretzschmar

Libre-penseur et vagabond globe-trotter, personnage romanesque avant d’être écrivain, Panaït Istrati, « Le Gorki des Balkans » pour reprendre la formule de l’écrivain Romain Rolland, est l’auteur méconnu de quelques livres magnifiques sur les révolutions sociétales et politiques du début du XXe siècle en Europe et en Orient.

Dans deux albums de BD édités récemment, le dessinateur Golo retrace sa vie rocambolesque et rend hommage à ses combats avant-gardistes et à sa littérature insoumise. Né en 1884 à Brăila d’une mère roumaine blanchisseuse et d’un père contrebandier grec, Panaït Istrati sillonna l’Europe et la Méditerranée en exerçant divers petits métiers avant de s’installer en France et de devenir un écrivain de langue française, aidé à ses débuts par Eugène Ionesco. Ses premiers romans à caractère autobiographique mettent en scène son double littéraire, Adrien Zograffi.

En 1927, communiste convaincu, il voyage pendant seize mois en URSS. Le récit qu’il fait de son voyage, publié en 1929 sous le titre Vers l’autre flamme, livre cosigné avec Boris Souvarine et Victor Serge, est un coup de tonnerre et fustige le stalinisme. Cette critique implacable du système soviétique, parue sept ans avant Retour de l’URSS d’André Gide, lui vaudra d’être lynché par l’intelligentsia de gauche en France. De retour en Roumanie, l’écrivain se fait conteur haïdouc et publie d’autres ouvrages qui racontent les destins singuliers de personnages issus des bas-fonds prolétaires. Pour les communistes, il était « fasciste », pour les fascistes il était « cosmopolite ». Témoin des injustices sociales de son temps, il mourra seul, le 16 avril 1935 à Bucarest, à l’âge de 51 ans.

Pour découvrir Panaït Istrati, Oh les beaux jours ! vous convie à une soirée spéciale. Le comédien Simon Abkarian (que l’on a vu au cinéma chez Robert Guédiguian ou à la télévision dans les séries Pigalle, la nuit et Kaboul Kitchen), accompagné par le grand musicien Ibrahim Malouf et les dessins de Golo, feront entendre la belle langue et les engagements d’Istrati.


À lire :

  • Panaït Istrati, Œuvres, tomes I, II et III, Libretto, 2015.
  • Golo, Istrati !, tomes 1 et 2, Actes Sud BD, 2017 et 2018.

À écouter :

  • Ibrahim Maalouf, « Levantine Symphony No.1 », Mister Ibe, 2018.

En coréalisation avec le Mucem.

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