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Prix littéraire du Barreau de Marseille

Rencontre avec Adèle Yon et Marion Brunet
Prix littéraire du Barreau de Marseille

Rencontre et remise du prix animées par Nicolas Lafitte

Depuis 2020, le Barreau de Marseille et le festival Oh les beaux jours ! sont unis autour de la création d’un prix littéraire récompensant un auteur ou une autrice dont le livre (fiction ou non-fiction) traite d’un sujet en lien avec les préoccupations professionnelles ou éthiques des avocats : sujet de société, famille, travail, histoire…

Joris Giovannetti (Ceux que la nuit choisit, Denoël), Sarah Jollien-Fardel (La Longe, Sabine Wespieser), Jessica Martin/François Beaune (La Profondeur de l’eau, Albin Michel), Delphine Minoui (Badjens, Seuil), Florence Seyvos (Un perdant magnifique, Éditions de L’Olivier) et Adèle Yon (Mon vrai nom est Elisabeth, Éditions du sous-sol) étaient les auteurs et autrices des six livres en compétition cette année.

Le jury du Prix littéraire du Barreau de Marseille, composé de huit avocats et présidé cette année par Marion Brunet (lauréate l’an dernier), a choisi Adèle Yon pour Mon vrai nom est Elisabeth. Un choix qu’il résume en ces mots : « Ce livre nous a séduit unanimement par sa composition hybride, entre récit familial, essai et enquête. Sa capacité à mettre au jour et à ordonner les pièces d’un lourd dossier fait écho à notre travail quand nous préparons un procès. Cette forme complète de récit atteint ici son but : justice est rendue à une personne. »

Après avoir reçu son prix, Adèle Yon dialoguera avec Marion Brunet, qui vient de recevoir le prix Astrid-Lindgren couronnant ses écrits dédiés à la jeunesse.

Adèle Yon reçoit la somme de 5000€ grâce au soutien de la Société de courtage des Barreaux et à l’Ordre des avocats du Barreau de Marseille.

En partenariat avec le Barreau de Marseille.


À lire

  • Adèle Yon, Mon vrai nom est Elisabeth, Éditions du Sous-sol, 2025.
  • Marion Brunet, Nos armes, Albin Michel, 2024.

Les six romans sélectionnés pour le Prix littéraire du Barreau de Marseille 2025

  • Ceux que la nuit choisit, Joris Giovannetti, Denoël (2025)
  • La Longe, Sarah Jollien-Fardel, Sabine Wespieser (2025)
  • La Profondeur de l’eau, Jessica Martin (François Beaune), Albin Michel (2025)
  • Badjens, Delphine Minoui, Seuil (2024)
  • Un perdant magnifique, Florence Seyvos, Éditions de L’Olivier (2025)
  • Mon vrai nom est Elisabeth, Adèle Yon, Éditions du Sous-sol (2025)

Les fractures de l’Amérique

Christian Garcin et Eddy L. Harris
Rencontre animée par Chloë Cambreling

Dans Confession américaine, Eddy L. Harris explore les racines des fractures sociales et politiques des États-Unis. L’écrivain s’interroge sur l’aveuglement collectif qui a permis l’émergence de Donald Trump, tout en revisitant son propre lien à un pays qu’il a quitté depuis trente ans. Décortiquant le rêve américain, il met au jour les racines du mal.

Ausculter l’histoire américaine, c’est aussi ce que fait Christian Garcin dans La Vie singulière de Thomas W. Higginson, où il plonge au 19e siècle pour retracer la vie de cet intellectuel abolitionniste, officier pendant la guerre de Sécession et mentor d’Emily Dickinson dont il révéla l’œuvre immense. À travers le portrait de cet homme engagé, il éclaire des moments charnières de l’histoire des États-Unis, où les luttes pour la liberté et l’égalité ont redéfini les contours d’une nation.

Rencontre entre deux écrivains passionnants qui interrogeront avec conviction les fondements de l’Amérique et ses illusions perdues.

En coréalisation avec le Mucem.


À lire

  • Christian Garcin, La Vie singulière de Thomas W. Higginson, Actes Sud, 2025.
  • Eddy L. Harris, Confession américaine, Liana Levi, 2024.

Retrouvez Christian Garcin lors de la rencontre avec l’écrivain László Krasznahorkai, qu’il interviewera lui-même, le samedi 31 mai à La Criée.

Tout ange est terrible

Christian Garcin et László Krasznahorkai
Rencontre animée par Christian Garcin et traduite du hongrois par Ildikó Lőrinszky

Christian Garcin a découvert l’écrivain hongrois László Krasznahorkai à travers le cinéma de Béla Tarr. Depuis, il n’a cessé de le lire, séduit par une œuvre qu’il tient comme l’une des plus passionnantes du moment, dont il dit qu’elle tend vers l’inaccessibilité, alliant « mélancolie hongroise et certitude de la catastrophe », dans le sillage de celle de Kafka.

Réflexions sur la beauté, l’attente, la déliquescence de nos sociétés, porteurs d’une vision du monde souvent dystopique, les livres de László Krasznahorkai – lauréat du Man Booker Prize – déploient une prose ample et labyrinthique. Considéré comme l’un des plus grands écrivains européens contemporains, Krasznahorkai est salué pour la puissance de ses phrases longues et sinueuses, et la densité sensorielle de son écriture. Il pousse l’expérience littéraire jusqu’à ses limites, invitant le lecteur à se perdre dans des univers où la beauté naît de la complexité et du vertige.

Son œuvre, traversée par la noirceur, la tension entre chaos et transcendance, met en scène des personnages en quête de sens dans un monde crépusculaire, oscillant entre l’absurde et la révélation. Outre la passion du cinéma, il partage avec Christian Garcin un goût pour les territoires incertains et un art du récit où la frontière entre réel et imaginaire s’efface parfois.

C’est Christian Garcin qui a eu envie d’inviter László Krasnahorkai au festival et qui l’interviewera. Oh les beaux jours ! est particulièrement heureux et fier d’accueillir pour la première fois à Marseille cet immense écrivain qui compte déjà de nombreux lecteurs, mais en stimulera d’autres à n’en pas douter !



À lire

László Krasnahorkai

  • Petits travaux pour un palais, traduit du hongrois par Joëlle Dufeuilly, Cambourakis, 2024.
  • Le Baron Wenckheim est de retour, traduit du hongrois par Joëlle Dufeuilly, Cambourakis, 2023.
  • Guerre et guerre, traduit du hongrois par Joëlle Dufeuilly, Cambourakis, 2013.
  • Au nord par une montagne, au sud par un lac, à l’ouest par les chemins, à l’est par un cours d’eau, traduit du hongrois par Joëlle Dufeuilly, Cambourakis, 2010, réed. coll. Babel, 2017.
  • Le Tango de Satan, traduit du hongrois par Joëlle Dufeuilly, Gallimard, 2000.

Christian Garcin

  • La Vie singulière de Thomas W. Higginson, Actes Sud, 2025.
  • Un chemin entre plusieurs mondes, Finitude, 2025.
  • Les Oiseaux morts de l’Amérique, Actes Sud, 2018.
  • Poèmes américains, Finitude, 2018.

Retrouvez Christian Garcin le dimanche 1er juin au Mucem pour une rencontre avec Eddy L. Harris.

Les beaux jours de Zeruya Shalev

Zeruya Shalev
Entretien animé et traduit par Valérie Zenatti

Dès ses premiers romans, Zeruya Shalev s’est imposée comme l’une des voix les plus puissantes de la littérature israélienne contemporaine. Diplômée en études bibliques, éditrice puis écrivaine, elle explore, dans une langue aussi dense que lumineuse, les failles intimes, les liens familiaux, la mémoire des corps et des âmes. Avec Ce qui reste de nos vies, Douleur, Vie amoureuse ou Stupeur, ses récits, traduits dans plus de 25 langues, ont conquis un public international. Son œuvre, parfois nourrie d’éléments autobiographiques, atteint une dimension universelle — là où le cœur humain résiste, s’attache, se brise ou renaît.

Née en 1959 dans un kibboutz de Galilée, elle grandit au rythme des récits bibliques que lui lisait son père. En 2004, elle survit à un attentat-suicide à Jérusalem, une épreuve qui bouleverse sa vie comme son écriture. Pourtant, jamais ses romans ne cèdent à la tentation du manifeste : tout y passe par l’intime, par la tension intérieure, par le fil presque invisible qui relie la douleur individuelle aux fêlures collectives.

Récompensée par de nombreux prix littéraires, dont en France le Prix Femina étranger (2014) et le prix Jan Michalski (2019), Zeruya Shalev sera interviewée par une autre écrivaine qui la connaît bien, Valérie Zenatti. Ensemble elles reviendront sur son enfance, sa mère peintre et son père critique littéraire, sur les auteurs qui ont nourri son œuvre (Virginia Woolf notamment) et sur son processus d’écriture. Elles évoqueront aussi l’adaptation cinématographique de Vie amoureuse, avec la comédienne Maria Schneider.
Une rencontre rare, un face-à-face entre deux écrivaines d’une intensité peu commune, ponctuée de lectures.


À lire

  • Zeruya Shalev, Ce qui reste de nos vies, traduit de l’hébreu par Laurence Sendrowicz, coll. «Du monde entier», Gallimard, 2014 (prix Femina étranger).
  • Douleur, traduit de l’hébreu par Laurence Sendrowicz, coll. «Du monde entier», Gallimard, 2017.
  • Stupeur, traduit de l’hébreu par Laurence Sendrowicz, coll. «Du monde entier», Gallimard, 2023.
  • Valérie Zenatti, Une bouteille dans la mer de Gaza, L’École des loisirs, 2005; Jacob, Jacob, Éditions de l’Olivier, 2014 (Prix du livre Inter); Qui-vive, Éditions de L’Olivier, 2024.

 

Retrouvez Valérie Zenatti pour une sieste acoustique le dimanche 1er juin à 14h au conservatoire Pierre Barbizet.

 

Les beaux jours de Susie Morgenstern

Susie Morgenstern et Noam Silvy
Entretien animé par Chloë Cambreling

Oh les beaux jours ! consacre cette année un grand entretien à une figure incontournable de la littérature jeunesse, Susie Morgenstern, adulée par des générations de lecteurs, en France et au-delà. Dans ses romans, souvent nourris de son propre parcours, elle explore les questions universelles de l’enfance : la solitude, l’entrée dans l’adolescence, le poids des héritages familiaux, et le besoin vital d’affection et de liberté.

Née aux États-Unis (à Newark, comme Philip Roth, qu’elle admire), issue d’une double culture juive et américaine, elle s’est installée à Nice et a commencé à écrire, en français, à la naissance de ses filles dans les années 1970. Livre après livre, elle est devenue l’une des autrices les plus célèbres de la littérature jeunesse. La Sixième (1984), best-seller intemporel, Lettres d’amour de 0 à 10 (1996, prix Tam-Tam) ou encore Joker, La famille trop d’filles ou Confessions d’une grosse patate sont autant de romans devenus des classiques, traduits dans de nombreuses langues et portés par une écriture vive, drôle, toujours en empathie avec ses personnages. Dans Mes 18 exils (2021), elle revient sur son propre chemin de vie, marqué par les voyages, l’amour, les épreuves et les renaissances, révélant combien son œuvre, tout en s’adressant à la jeunesse, parle à chacun d’entre nous.

Depuis quelques années, elle aime travailler en famille et écrit à quatre mains avec ses petits enfants. Sur scène, elle sera d’ailleurs accompagnée par Noam Silvy, son petit-fils pianiste avec qui elle a créé la lecture musicale adaptée de son album Mr Gershwin. Les gratte-ciels de la musique, dont ils feront entendre un extrait.

Un grand entretien en compagnie d’une conteuse inoubliable, dont l’optimisme farouche et l’énergie communicative combleront tous ses lecteurs, petits et grands ! Car, comme elle le dit elle-même : «Je n’écris pas pour la jeunesse, j’écris pour tout le monde. »


À lire

  • Susie Morgenstern, Lettres d’amour de 0 à 10, L’École des loisirs, 1996.
  • Mr Gershwin. Les gratte-ciels de la musique, avec Sébastien Mourrains (illustrations), Didier Jeunesse, 2015.
  • Les Vertuoses, avec Emma Gauthier, L’École des loisirs, 2022.
    La Fleur du passage clouté, avec Serge Bloch (illustrations), L’École des loisirs, 2025.

Les beaux jours de Paul B. Preciado

Paul B. Preciado
Entretien animé par Olivia Gesbert
Avec des interviews filmées de Virginie Despentes et Julien Delmaire

Philosophe du corps, des études de genre et de la politique sexuelle, Paul B. Preciado est l’une des voix les plus radicales et novatrices de la pensée contemporaine. Né à Burgos, en Espagne, en 1970, il se forme à la New School for Social Research à New York, puis à Princeton, où il soutient une thèse en théorie de l’architecture, marquée par les influences de Foucault, Derrida ou Judith Butler. Depuis, son parcours n’a cessé de mêler savoirs théoriques, engagement politique et récit autobiographique.

Théoricien d’une transition comme geste politique, il déconstruit avec audace les normes de genre et les structures patriarcales. Auteur de textes puissants et hybrides traduits dans le monde entier, Paul B. Preciado s’est imposé avec Testo Junkie (2008), œuvre-manifeste où il expérimente la testostérone en dehors du cadre médical, tout en critiquant les dispositifs de contrôle du corps que sont l’industrie pharmaceutique, la pornographie ou les biotechnologies. Vingt-cinq ans après sa parution, il vient de publier une nouvelle édition de son Manifeste contre-sexuel, un essai théorique fondateur de la pensée queer, où il propose une déconstruction radicale du système sexe-genre. Dans Je suis un monstre qui vous parle, il détourne le langage psychiatrique pour faire entendre une parole trans qui n’est ni pathologisée ni normée. Un appartement sur Uranus ou Dysphoria Mundi prolongent cette écriture incarnée, bouleversant les frontières entre le soi et le monde, l’intime et le politique.
Militant infatigable, commissaire d’expositions majeures (documenta 14, Biennale de Venise), cinéaste avec Orlando, ma biographie politique — film choral porté par vingt-six voix trans et non binaires — Paul B. Preciado dessine une autre cartographie des identités, en quête de mutations et de formes de vie insoumises.

Dans ce grand entretien, il reviendra sur son parcours, ses luttes, ses influences, mais aussi sur sa manière singulière d’écrire, de penser et d’habiter le monde. On y entendra aussi des interviews filmés de Virginie Despentes et de Julien Delmaire, complices de longue date.
Une rencontre exceptionnelle avec une figure intellectuelle majeure, dont les textes comme les gestes sont traversés par une énergie critique et poétique qui invite à repenser nos identités.

En coréalisation avec le Mucem.


À lire

  • Paul B. Preciado, Je suis un monstre qui vous parle, Grasset, 2020. 
  • Dysphoria Mundi, Grasset, 2022.
  • Manifeste contre-sexuel, traduit de l’espagnol par Vanasay Khamphommala, Au Diable Vauvert, 2025.

Les beaux jours de Marie-Hélène Lafon

Marie-Hélène Lafon et Pauline Maucort
Entretien animé par Marie Richeux (France Culture)

Fille du Cantal et héritière d’un monde rural qu’elle raconte avec une rare intensité, Marie-Hélène Lafon a fait de la littérature un territoire où la mémoire, les paysages et les êtres s’entrelacent. Issue d’une famille paysanne, devenue agrégée de grammaire et enseignante à Paris, elle n’a jamais rompu avec ses origines, puisant dans cette double appartenance une écriture précise, charnelle et traversée de silences éloquents.

Depuis Le Soir du chien (2001), prix Renaudot des lycéens, en passant par Histoire du fils (2020), couronné par le prix Renaudot, son œuvre creuse inlassablement la matière humaine, ausculte les liens de filiation, l’ancrage et l’exil, le poids des non-dits et la force des destinées ordinaires. Dans Joseph (2014) ou dans son dernier roman Les Sources (2023), elle excelle à faire surgir, d’une langue taillée à l’os, le monde paysan d’hier et d’aujourd’hui, ses rudesses et ses tendresses enfouies.

Marie-Hélène Lafon est l’invitée d’Oh les beaux jours ! pour un grand entretien où il sera question d’héritage et de transmission, d’écriture et de territoire, de la beauté âpre des campagnes et des vies que l’on y invente. À ses côtés, elle a convié la journaliste et productrice de documentaires radio Pauline Maucort, dont le travail de création s’appuie sur le recueil d’histoires intimes qui, par leur entrelacement, forment elles aussi la trame d’un récit collectif. Marie-Hélène Lafon nous parlera également du peintre Vincent Bioulès, et plus largement du rapport qu’elle entretient avec les images.

Une rencontre avec une des plus grandes écrivaines françaises, qui fait entendre, à travers une langue incandescente et dans la simplicité apparente du quotidien, la profondeur du romanesque.


À lire

  • Vies de Gilles, avec Denis Laget (peintures), Les éditions du Chemin de fer, 2025.
  • Les Sources, Buchet-Chastel, 2023 (prix du Style 2023).
  • Cézanne, Flammarion, 2023.
  • Histoire du fils, Buchet-Chastel, 2020 (Prix Renaudot).
  • Histoires, Buchet-Chastel, 2015 (prix Goncourt de la nouvelle).
  • Marie-Hélène Lafon, Le Soir du chien, Buchet-Chastel, 2001 (prix Renaudot des lycéens).

Retrouvez Marie-Hélène Lafon pour une sieste acoustique le vendredi 30 mai à 14h au Conservatoire.

Les beaux jours de Françoise Sagan

Arnaud Cathrine, Céline Hromadova et Denis Westhoff
Entretien animé par Alexandre Alajbegovic

Avec ce nouveau grand entretien posthume, le festival célèbre une figure incontournable de la littérature française du 20e siècle : Françoise Sagan (1935-2004), romancière fulgurante, libre et insaisissable, dont le nom évoque d’emblée l’élégance mélancolique d’un certain art de vivre et d’écrire.
Fille d’une famille bourgeoise du Lot, elle publie à seulement 18 ans Bonjour tristesse, roman scandaleusement moderne qui fait d’elle un mythe instantané, admirée pour son style vif, sa lucidité cruelle, et sa désinvolture frondeuse. « Un charmant petit monstre », écrivait Mauriac.

Sagan, c’est une « petite musique » reconnaissable entre toutes : celle des amours désabusées, des existences mondaines traversées de spleen, des héroïnes au bord du vertige. De Aimez-vous Brahms ? à La Chamade, en passant par ses pièces de théâtre, ses chroniques et ses confidences autobiographiques, elle laisse une œuvre marquée par une liberté de ton rare et une grâce faussement légère. Mais Françoise Sagan, c’est aussi une vie de passions et de scandales : la vitesse, les amitiés flamboyantes, les excès, les accidents, les procès. Une existence sans concessions, entre ivresse de vivre et solitude assumée, qui continue de fasciner autant que son écriture.

Pour évoquer cette femme sans pareil, l’écrivain Arnaud Cathrine, admirateur de longue date et auteur d’une nouvelle consacrée à l’écrivaine, la chercheuse Céline Hromadova, spécialiste de son œuvre, et Denis Westhoff, le fils de Françoise Sagan. Avec passion, mais sans nostalgie, tous se prêteront à un exercice d’admiration, entre témoignages, lectures et images d’archives.
Une traversée en clair-obscur dans l’univers d’une femme qui « ne croyait pas pouvoir vivre sans élégance », et qui fit de l’écriture un éclat de liberté.


À lire

  • Arnaud Cathrine, Nos vies romancées, Stock, 2011.
  • Céline Hromadova, Françoise Sagan à contre-courant, Presses Sorbonne Nouvelle, 2017; Bonjour tristesse 1954-2024, avec Flavien Falantin, Classiques Garnier, 2024. 
  • Denis Westhoff, Sagan et fils, Stock, 2012; Les Années Sagan, Gourcuff Gradenigo, 2024.
  • Et toute l’œuvre de Françoise Sagan !

Retrouvez Arnaud Cathrine pour le spectacle La Nuit Mylène. Tout est chaos ?, la lecture musicale Roman de plages et le DJ Set des écrivains du festival.

Le rêve du jaguar

Miguel Bonnefoy
Entretien animé par Sonia Déchamps

Oh les beaux jours ! est heureux d’accueillir pour la première fois l’écrivain franco-vénézuélien Miguel Bonnefoy. Avec Le Rêve du jaguar, il nous entraîne dans une saga familiale tourbillonnante, nourrie de ses racines et de l’imaginaire sud-américain. Tout commence à Maracaibo, au Venezuela, où un nouveau-né abandonné, Antonio, est recueilli sur les marches d’une église par une mendiante muette. Devenu orphelin, il grandit dans la pauvreté, exerce mille métiers, puis, porté par une énergie combative, se hisse au rang de chirurgien renommé. Sur sa route, il rencontre Ana Maria, la première femme médecin de la région, qui devient sa compagne. Ensemble, ils donneront naissance à une fille prénommée Venezuela, en hommage à leur pays alors en pleine tourmente politique. De génération en génération, la famille inscrit ses histoires dans la mémoire du pays, jusqu’à Cristobal, dernier maillon de cette lignée, qui recueille dans son carnet les mille histoires de ses ancêtres…

Au-delà d’un portrait familial hors du commun, Le Rêve du jaguar nous plonge dans l’histoire tourmentée du Venezuela, ses révolutions, ses dictatures et ses mythes fondateurs. Nourri à la source de la littérature sud-américaine et au réalisme magique, sans jamais être prisonnier de ses codes, Miguel Bonnefoy excelle à entrelacer précision historique et onirisme, porté par un art du récit sans faille. Avec un style flamboyant, poétique, qui emprunte ses références à la nature, à la jungle, à la pluie et à la terre rouge, il sculpte ses phrases et offre à ses personnages une épaisseur inoubliable.

Lauréat du Grand Prix du Roman de l’Académie française et du prix Femina, Miguel Bonnefoy reviendra sur la genèse de cette fresque familiale, la manière dont le Venezuela y devient un personnage à part entière, mais aussi sur son rapport à la langue française et à l’héritage métissé qui irrigue toute son œuvre.


À lire

  • Miguel Bonnefoy, Le Rêve du jaguar, Éditions Rivages, 2024 (Grand Prix de l’Académie française et prix Femina).

La grande interview du Club ado

Amélie Antoine dialogue avec le Club de lecture ado de l’Alcazar

En partenariat avec le réseau de lecture publique de la Ville de Marseille, Oh les beaux jours ! a mis en place un club de lecture à destination des 13-17 ans. Accompagnées par les bibliothécaires de l’Alcazar, sept jeunes lectrices ont exploré une sélection de dix livres, débattu de leurs coups de cœur et choisi collectivement l’ouvrage qu’elles souhaitaient mettre en avant lors d’une rencontre publique inscrite au programme du festival. Ce projet leur a permis de prendre en main l’organisation de l’événement : choix du livre, préparation des questions, animation de la rencontre… Autant d’étapes qui transforment ces adolescentes en actrices autonomes de la vie littéraire.

Après des discussions passionnées, leur choix s’est porté sur Ne vois-tu rien venir ? d’Amélie Antoine, un roman fort et engagé qui suit, à deux voix, le parcours de Sarah, élève populaire, et d’Orlane, la nouvelle. Il explore avec justesse les rouages du harcèlement scolaire, la peur, l’isolement, mais aussi la résilience et l’espoir. Originalité du livre : il propose deux fins alternatives, l’une sombre, l’autre constructive, pour ouvrir la réflexion et encourager l’action. La postface d’Emmanuelle Piquet, spécialiste du harcèlement, enrichit encore la lecture et fait de ce roman un outil précieux de compréhension et de prévention.

Amélie Antoine sera donc interviewée par les membres du Club ado sur la scène de l’Alcazar. Depuis plusieurs semaines, celles-ci ont profité de l’ouverture des coulisses du festival pour s’immerger dans la préparation d’une manifestation littéraire. Elles auront également l’opportunité de rencontrer l’éditrice d’Amélie Antoine, afin de découvrir les différents métiers du livre et d’approfondir leur regard sur la création littéraire.
Une belle manière de faire vivre la littérature jeunesse à Marseille !

En partenariat avec les bibliothèques de la Ville de Marseille.


À lire

  • Amélie Antoine, Ne vois-tu rien venir ?, Syros, 2024.