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Vies secrètes
Rencontre
samedi 30 mai, 16h
1h
Entrée libre
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Sylvie Altenburger et Hugo Lindenberg

Rencontre animée par Élodie Karaki

Une maison, un appartement. Des pièces, des odeurs, des silences. Et ce moment, des années plus tard, où l’on y revient, physiquement ou dans ses souvenirs.

Dans Une belle maison, admirable premier roman, Sylvie Altenburger explore l’enfance derrière la façade tranquille d’une maison de province dans les années 1960. Une mère empêchée, brisée par un deuil caché et les renoncements à une carrière universitaire, un père rigide et mutique, sans doute abimé par la guerre d’Algérie : l’enfant observe, puis l’adulte relit, sans accuser. Par touches précises, à travers des scènes très fortes, le livre fait affleurer une vérité intime, longtemps tue.

Avec Les Années souterraines, Hugo Lindenberg rouvre la porte de l’appartement paternel, où il a grandi après le suicide de sa mère. Un lieu de relégation plus que d’accueil, dominé par un père distant, incapable de tendresse, qui semble refuser toute filiation. Ni procès ni absolution. Le narrateur n’en fait pas un monstre, mais un homme démuni, qui n’avait peut-être rien à transmettre — et c’est peut-être plus troublant encore.

Des romans sur les pères et les mères, il y en a beaucoup. Ceux-ci comptent parmi les plus justes du moment. Sans doute parce qu’ils refusent de juger, et qu’ils cèdent à la tentation, fragile et nécessaire, de comprendre d’où nous venons — avec une émotion tenue et une forme de lucidité qui, contre toute attente, ouvre plutôt qu’elle n’accable.


À lire

  • Sylvie Altenburger, Une belle maison, P.O.L, 2026.
  • Hugo Lindenberg, Les Années souterraines, Flammarion, 2026.

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