Alain Guiraudie
Entretien animé par Chloë Cambreling
Né en Aveyron, Alain Guiraudie n’a jamais quitté tout à fait ses paysages d’origine. Les causses, les routes secondaires, les lisières de forêt : des espaces en apparence tranquilles, mais où quelque chose circule ; des désirs, des peurs, des élans qui débordent les cadres.
Depuis ses premiers films jusqu’à L’Inconnu du lac, récompensé à Cannes, ou le récent Miséricorde, son cinéma suit des corps en mouvement, des silhouettes qui s’observent, se frôlent, s’attirent, disparaissent. Chez lui, le désir est une boussole incertaine : il égare autant qu’il guide, il ouvre des possibles et des zones de trouble. Une clairière devient un lieu de rendez-vous, un lac un théâtre de fantasmes et de dangers, un trajet banal une dérive imprévisible.
Depuis 2014, il s’aventure sur les terrains mouvants de la littérature : avec Rabalaïre, roman-fleuve occitan de plus de mille pages, puis sa suite Pour les siècles des siècles, il déploie une fresque ample et indocile. Cette liberté traverse aussi ses autres livres, d’Ici commence la nuit à Persona non grata, où sa langue charnelle, généreuse, mêle humour cru et mélancolie. Il y raconte des hommes qui fuient, reviennent, désirent mal, désirent trop, cherchent leur place dans un monde qui résiste.
Au fil de cet entretien, il sera question de littérature et aussi de cinéma, de ce qui se joue dans une phrase, un regard, un corps, un paysage. On parlera de ses fidélités, de ses influences, de ce goût pour les marges — là où les normes se fissurent et où d’autres récits deviennent possibles.
Un grand entretien avec un auteur qui fait du trouble une méthode, et du désir, un terrain d’exploration.
À lire
- Persona non grata, P.O.L, 2025.
- Pour les siècles des siècles, P.O.L, 2024.
- Rabalaïre, P.O.L, 2021.
- Ici commence la nuit, P.O.L, 2014.
À voir (sélection)
- Miséricorde, 2024.
- Viens je t’emmène, 2022.
- L’Inconnu du lac, 2013.
- Pas de repos pour les braves, 2003.
- Ce vieux rêve qui bouge, 2001.
