Au grand jamais

Vies secrètes
Entretien
samedi 30 mai, 18h
1h
Entrée libre
Entrée libre

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Jakuta Alikavazovic

Entretien animé par Olivia Gesbert

La mère de la narratrice a disparu. Poète reconnue dans son pays d’origine, elle s’était peu à peu effacée en arrivant en France, jusqu’à cesser d’écrire. Dans Au grand jamais, très belle «fiction autobiographique» comme elle aime à la nommer, Jakuta Alikavazovic part de cette absence pour remonter le fil d’une histoire familiale marquées par les silences et les renoncements. S’y dessine aussi, en creux, l’histoire de l’effacement des femmes artistes, que renforcent ici les blessures de l’exil.

Née entre deux langues, élevée entre le serbo-croate et le français, l’autrice sait ce que les mots recouvrent. Devenue mère à son tour, la narratrice collecte des signes, suit des pistes fragiles, approche une vérité qui ne se livre jamais tout à fait. Car les faits ne suffisent pas à mettre au jour les non-dits des histoires familiales : ils restent inertes tant qu’une voix ne les relie, ne leur donne forme.

Et c’est précisément ce que fait Jakuta Alikavazovic, dans une langue envoûtante, parfois aux lisières du réel. Elle compose un récit en spirale, à la construction étudiée, traversé par une autre expérience du temps, non linéaire, où rien ne disparaît complètement.
L’écrivaine signe ici l’un de ses romans les plus forts, un livre de la maturité, avec un art du récit qui interroge l’acte de transmettre.


À lire

  • Jakuta Alikavazovic, Au grand jamais, Gallimard, 2025.

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