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Marcher jusqu’au soir

Avec Lydie Salvayre.
Entretien animé par Élodie Karaki.

Sur proposition de son éditeur, Lydie Salvayre (Prix Goncourt en 2014 pour Pas pleurer) a accepté (à contrecœur !) de se laisser enfermer toute une nuit dans le musée Picasso, à Paris, à l’occasion d’une exposition consacrée à Giacometti. Pourtant, face à L’homme qui marche, elle se retrouve bien vite dans l’incapacité d’écrire… Cette œuvre, qu’elle admire tant, ne lui inspire rien.

Ce vide d’inspiration va l’amener à se tourner vers son enfance, explorant la figure de son père – redouté et redoutable –, et essayant de comprendre comment s’est constitué son rapport à la culture. L’humeur railleuse et le verbe corrosif, elle en profite aussi pour questionner le milieu artistique et ses institutions, non sans faire l’éloge de Giacometti, de sa radicalité et de ses échecs revendiqués.

C’est dans un autre musée qu’elle vient aujourd’hui nous raconter cette étrange expérience…


À lire :

  • Lydie Salvayre, Marcher jusqu’au soir, coll. « Ma nuit au musée », Stock, 2019.

En coréalisation avec le Mucem.

Manifesto

Avec Léonor de Récondo.
Entretien animé par Guénaël Boutouillet.



Rencontre avec la violoniste et écrivaine Léonor de Récondo pour un dialogue intime autour de son œuvre littéraire et musicale, mais aussi autour de son père, le peintre et sculpteur Félix de Récondo, auquel elle rend un hommage poignant dans son dernier livre, Manifesto.

Renouant avec la veine autobiographique de son premier roman Rêves oubliés (2012), elle y fait le récit de la longue veillée précédant sa mort, entre évocations de sa jeunesse (la guerre d’Espagne, l’exil), de son rapport à l’art, et conversations rêvées (avec Hemingway). Dans ces moments de recueillement, la présence solaire de sa mère lui permet de convoquer le couple qu’ils formaient et leur puissant amour familial.

Un somptueux éloge de l’amour, de la joie partagée, et de la force créatrice comme ultime refuge à la violence du monde.


À lire :  

  • Léonor de Récondo, Manifesto, Sabine Wespieser, 2019.

    En coproduction avec l’Alcazar.

Personne n’a peur des gens qui sourient

Avec Véronique Ovaldé.
Entretien animé par Nicolas Lafitte.

Gloria prend la fuite, un jour de juin. Elle récupère ses deux filles à l’école et les embarque sans préavis pour un long voyage en voiture. Les voilà en route vers une maison alsacienne dans la forêt de Kayserheim où Gloria, enfant, passait ses vacances. Pourquoi cette désertion soudaine ? Fuit-elle les rives de la Méditerranée pour une menace réelle ou se laisse-telle envahir par les démons de la paranoïa ? Pour le savoir, il faudra revenir en arrière, dans les eaux troubles du passé, rencontrer Giovannangeli, qui l’a prise sous son aile à la disparition de son père, lever le voile sur la mort de Samuel, le père de ses enfants, et comprendre enfin quel rôle le mystérieux avocat Santini a joué dans toute cette histoire.
Jusqu’où peut-on et doit-on protéger ses enfants? À travers l’histoire de cette mère en cavale, l’auteure de Ce que je sais de Vera Candida ou signe dans ce road-movie aux allures de thriller un véritable traité de résistance.

À La Criée, on retrouvera la grâce et l’impertinence de Véronique Ovaldé dont la voix sur scène sait admirablement transmettre les soubresauts, la fantaisie et la liberté à l’œuvre dans ses romans.


À lire :

  • Véronique Ovaldé, Personne n’a peur des gens qui sourient, Flammarion, 2019.

Marseille, port d’attaches

Avec Claudine Galea et Cloé Korman.
Rencontre animée par Guénaël Boutouillet.

Dans Midi, Cloé Korman nous entraîne dans une tragédie que ses personnages vont vivre de manière rétrospective. Que s’est-il vraiment passé à Marseille, il y a vingt ans, lors de ce stage de théâtre pour enfants ? Que cachait cette petite fille à la silhouette fragile ? Claire, la narratrice, devenue médecin à Paris, va devoir affronter ce dont, alors à peine sortie sortie de l’adolescence, elle n’avait pas voulu prendre conscience, éblouie par l’insouciance de l’été…

Dans Les Choses comme elles sont, Claudine Galea retrace l’émancipation d’une enfant curieuse de tout, devenue adolescente rebelle, puis jeune femme sur le seuil de tous les possibles. On plonge avec elle dans une existence familiale d’une grande âpreté ; on respire aussi l’épaisseur langagière des époques traversées, à Marseille, et les relents amers de l’histoire, d’une rive à l’autre de la Méditerranée.

Rencontre avec deux auteures qui situent toutes deux l’action de leur dernier roman dans la cité phocéenne, port d’attaches certes, mais aussi lieu de sombres tempêtes.


À lire :

  • Claudine Galea, Les Choses comme elles sont, Verticales, 2019.
  • Cloé Korman, Midi, Seuil, 2018.

En coproduction avec l’Alcazar.

Le tour de France de Jamy

Avec Jamy Gourmaud.
Entretien animé par Nicolas Lafitte.

Tout le monde connaît Jamy ! Grâce à son émission de télé C’est pas sorcier, il a su faire aimer la science à de très nombreuses générations.

Ce passeur d’histoires à la curiosité insatiable vient de publier son premier livre, Mon tour de France des curiosités naturelles et scientifiques, dans lequel il nous entraîne dans une promenade hors des sentiers battus, à la découverte des trésors de notre patrimoine : entre anecdotes personnelles et explications scientifiques, Jamy Gourmaud dévoile les secrets d’une quinzaine de curiosités réparties dans toute la France, des dinosaures d’Espéraza aux centrales hydro-électriques du Rhin, et de la vanille de la Réunion au Radôme futuriste de Pleumeur-Boudou… sans oublier, bien sûr, l’indétrônable savon de Marseille !


À lire :

  • Mon tour de France des curiosités naturelles et scientifiques, Stock, 2019.

En coproduction avec l’Alcazar.

La Trace et l’Aura

Avec Patrick Boucheron.
Entretien animé par Arno Bertina.

Avec l’Histoire mondiale de la France, qu’il a dirigée avec succès, ses cours au Collège de France, ses émissions pour Arte et pour France Culture, Patrick Boucheron a acquis une notoriété à laquelle peu d’historiens peuvent prétendre aujourd’hui. C’est donc avec excitation qu’on l’entendra évoquer son dernier essai, La Trace et l’Aura, où il revient à son champ d’études privilégié : le Moyen Âge. Avec une passion érudite, il y fait le récit de la vie – ou plutôt des vies posthumes – d’Ambroise, élu évêque de Milan en 377, à cette époque de l’Antiquité tardive où la ville est l’une des capitales de l’Empire romain. En interrogeant le temps long de l’histoire, il nous révèle sur douze siècles les multiples directions que peut prendre un récit qui cherche à se renouveler, entre manipulation du souvenir et mémoire chahutée.

Pour comprendre sa tentative de « rendre l’épaisseur des temps par quelques expériences narratives », Oh les beaux jours ! a demandé à l’écrivain Arno Bertina d’interroger Patrick Boucheron. Ensemble, ils évoqueront les manières dont se fabriquent les identités collectives mais aussi les frontières poreuses entre histoire et littérature.


À lire

  • Patrick Boucheron, La Trace et l’Aura. Vies posthumes d’Ambroise de Milan (IVe-XVIe siècle), coll. « L’Univers historique », Seuil, 2019.
  • Arno Bertina, Des châteaux qui brûlent, Verticales, 2017.

Fiction et poésie, les passerelles invisibles

Avec Michaël Batalla et Tiffany Tavernier.

Le roman est passionnant, la poésie est ennuyeuse… On connaît la chanson. Ce qu’on connaît moins, ce sont les liens qui se tissent entre écriture poétique et écriture romanesque. Grande lectrice de poésie contemporaine, Tiffany Tavernier nous parlera de cette passion et de la relation qu’elle entretient avec les poésies d’aujourd’hui. La mémoire des corps, celle des lieux, sont les thèmes récurrents de ses romans. Dans Roissy, le dernier en date, elle fait le portrait magnifique d’une femme qui a perdu mémoire et identité, une de ces « indécelables » sans domicile fixe qui s’invente vies et voyages depuis l’aéroport de Roissy, où elle a posé ses valises pour mieux se réinventer.

La rencontre prendra la forme d’un dialogue amical entrecoupé de lectures, en compagnie de Michaël Batalla, directeur du Centre international de poésie Marseille, lui-même poète.


À lire

  • Michaël Batalla, Noir de l’Égée, NOUS, 2019.
  • Tiffany Tavernier, Roissy, Sabine Wespieser, 2018.

En coproduction avec le cipM.