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Leurs enfants après eux

Avec Nicolas Mathieu et Florent Marchet.

Prix Goncourt 2018 pour son deuxième roman, Leurs enfants après eux, Nicolas Mathieu est l’invité d’Oh les beaux jours !. Sur la grande scène de La Criée, il est rejoint par l’auteur-compositeur et interprète Florent Marchet, pour une lecture musicale à deux voix, qui verra les textes de l’un répondre aux chansons de l’autre jusqu’à ne plus savoir qui a écrit quoi.

Entre eux, les connivences sont nombreuses, et même davantage : Nicolas Mathieu et Florent Marchet partagent un univers commun ; l’adolescence d’abord, celle des étés brouillons, des flirts contrariés, le plus beau de la vie, le plus cruel aussi. Et puis cette sensation d’étouffement, le désir intense de ne pas reproduire la trajectoire de ses parents et l’envie à peine dissimulée de rompre avec son milieu social. Enfin, cette France « de l’entre-deux », celle des villes moyennes et des zones pavillonnaires, de la cambrousse et des ZAC bétonnées, étriquée et pétrie d’ordinaires lâchetés, que Florent Marchet évoque si bien dans son album à la portée romanesque, « Rio Baril ».

C’est tout cela – et l’admiration sincère qu’ils ont l’un pour l’autre –, qui va nourrir ce dialogue musical et littéraire entre deux artistes qui posent un même regard sur le monde, et dont les chemins se croisent à nouveau, ce soir à Marseille.

« Je suis né dans un monde que j’ai voulu fuir à tout prix. Le monde des fêtes foraines et du Picon, de Johnny Hallyday et des pavillons, le monde des gagne-petit, des hommes crevés au turbin et des amoureuses fanées à vingt-cinq ans. Ce monde, je n’en serai plus jamais vraiment, j’ai réussi mon coup. Et pourtant, je ne peux parler que de lui. Alors j’ai écrit ce roman, parce que je suis cet orphelin volontaire. »
Nicolas Mathieu


À lire

  • Nicolas Mathieu, Leurs enfants après eux, Actes Sud, 2018.

À écouter

  • Florent Marchet, « Bambi Galaxy », PIAS, 2014.

Lecture créée à la Maison de la Poésie – Scène littéraire.

Fou comme un lapin

Avec Joy Sorman et Rubin Steiner.


Accès à la soirée uniquement par la passerelle Saint-Laurent.


Généralement on invite des auteurs pour les entendre parler de textes qu’ils ont déjà publiés. Ce soir, la démarche est inversée et c’est un livre qui n’existe pas encore que nous allons voir naître !

Depuis plusieurs mois, Joy Sorman collecte la matière qui servira à son prochain roman. En immersion une fois par semaine dans un lieu qui n’accepte généralement aucun visiteur venu de l’extérieur, elle observe avec discrétion, consigne paroles et souvenirs, fouille les mémoires avec délicatesse, cherche, s’engage, mais hésite encore sur la forme à donner à tout cela. Pour Oh les beaux jours !, elle enclenche le processus créatif et nous livre avec générosité les prémisses de son futur récit. Mêlant sa voix aux sons électro du musicien Rubin Steiner, elle nous entraîne dans sa fabrique de littérature, pour une lecture musicale inédite et passionnante !

À l’heure de l’apéro, au fort Saint-Jean, un premier rendez-vous à ne pas manquer pour une soirée en deux temps qui fait dialoguer littérature et musique.


À lire

  • Joy Sorman, Sciences de la vie, Seuil, 2017.

À écouter

  • Rubin Steiner, « Vive l’électricité de la pensée humaine », Platinum Records, 2016.

Bon plan !

Le billet pour Fou comme un lapin donne accès à la lecture musicale à 21h30, Arthur H lit Fugues.


Soirée en coréalisation avec le Mucem.

Cent jours autour du monde

Christian Garcin et Tanguy Viel.
Rencontre animée par Élodie Karaki.

« En cargo, en train, en voiture, à cheval s’il le faut, mais pas en avion. » Dans Travelling, deux écrivains font le récit d’une expérience pour le moins insolite au XXIe siècle : faire le tour du monde, sans jamais prendre l’avion !

L’un, Christian Garcin, est un grand voyageur, dont l’œuvre aux ramifications multiples se nourrit de ses pérégrinations ; l’autre, Tanguy Viel, un sédentaire à l’écriture distanciée qui croyait avoir signé la pétition de Beckett, « On est cons, mais pas au point de voyager pour le plaisir ». Ensemble, ils se sont lancés le défi de parcourir le monde, de l’Amérique à la Sibérie en passant par le Japon et la Chine, par tous les moyens de transport possibles, sauf l’avion. Récit né de ce périple, leur ouvrage Travelling se révèle être une méditation littéraire inoubliable sur le voyage, sur notre rapport à l’espace et au temps, sur la confrontation entre le réel et ce qu’on imagine.

Pour Oh les beaux jours !, Christian Garcin a trié les photos de leur tour du monde, qu’ils projettent pour nous relater leur voyage en images… Comme une soirée diapo littéraire d’un genre nouveau !

« (…) quelque chose comme le voyage de Phileas Fogg en un peu plus long, volontairement plus long même, à l’opposé du pari qu’il fit quant à lui de la vitesse et de la performance. Et non pas parce qu’on se soutiendrait de l’idée absolument inverse d’une lenteur sans limites, mais enfin, il est vrai, en bons romantiques attardés, qu’à la performance on opposera volontiers la promenade, à la vitesse la flânerie, enfin, en bons bouddhistes zen, à l’œuvre accomplie le trajet qui y mène.


À lire

  • Christian Garcin, Tanguy Viel, Travelling, JC Lattès, 2019.
  • Christian Garcin, Les Oiseaux morts de l’Amérique, Actes Sud, 2018.
  • Tanguy Viel, Article 353 du Code pénal, Minuit, 2017 (Grand prix RTL–Lire).

Reconnaissance

Avec Arnaud Cathrine et Delphine de Vigan.
Rencontre animée par Yann Nicol.

Delphine de Vigan est l’une des auteures les plus suivies de la littérature française d’aujourd’hui (citons Rien ne s’oppose à la nuit ou D’après une histoire vraie, prix Renaudot et Goncourt des lycéens 2015). Poursuivant le cycle entamé avec Les Loyautés, elle explore dans son nouveau roman, Les Gratitudes, cette forme de reconnaissance – profonde et sincère – qui nous lie les uns aux autres et transcendes nos existences. À travers l’histoire d’une vieille dame qui perd peu à peu l’usage de la parole, elle y soulève des questions universelles : remercie-t-on jamais assez ceux qui nous ont aimés, aidés, et sans qui nous ne serions pas tout à fait les mêmes ?

Arnaud Cathrine ne dit finalement pas autre chose dans J’entends des regards que vous croyez muets. En soixante-cinq récits brefs, il imagine les vies potentielles de celles et ceux qu’il croise – dans le métro, dans la rue, au café, à la plage… –, tout en renvoyant aux fantasmes de celui qui les regarde. Comme un jeu de miroirs entre ces inconnus propices à la fiction et un autoportrait subtil de l’auteur, devenu à son tour un personnage à part entière. S’il s’applique à « voler des gens », c’est bien parce qu’il se reconnaît en eux…

Répondant à l’invitation d’Oh les beaux jours !, Delphine de Vigan et Arnaud Cathrine se retrouvent tous deux sur la grande scène de La Criée pour évoquer cette idée polysémique de « reconnaissance », qu’ils creusent tous deux à leur manière dans leur œuvre respective en observant avec attention leurs contemporains. Rencontre avec deux auteurs qui se connaissent bien et qui se reconnaissent mutuellement dans une commune appartenance au monde.


À lire

  • Arnaud Cathrine, J’entends des regards que vous croyez muets, Verticales, 2019.
  • Delphine de Vigan, Les Gratitudes, JC Lattès, 2019.

Complicità letteraria

Avec Silvia Avallone et Daniel Pennac.
Rencontre traduite par Valentine Leÿs.

S’il y a un écrivain qui aime partager ses découvertes littéraires, c’est bien Daniel Pennac ! L’auteur de la saga Malaussène raconte avoir eu un véritable coup de foudre à la lecture du premier roman de Silvia Avallone, D’Acier, fasciné par la « puissance d’écriture incroyable » de cette jeune Italienne. Salué par le prix Campiello du premier roman en Italie, par plusieurs prix de lecteurs en France, traduit en plus de 20 langues et adapté au cinéma, ce roman social et initiatique a valu à Silvia Avallone une renommée internationale. Celle qui lisait enfant les livres de Daniel Pennac traduits en italien confesse, à l’instar d’une génération, qu’il est l’un des premiers à lui avoir donné le goût de la lecture, puis de l’écriture.

Quatre ans après Marina Bellezza, où elle poursuivait son exploration d’une Italie au bord du gouffre à travers un amour impossible, Silvia Avallone fait, dans La Vie parfaite, le portrait bouleversant d’une génération écartelée entre ses doutes et ses rêves, entre précarité et espoir. « Si modestes soient-ils, ses personnages sont des géants ; ils nous donnent à voir le monde en sa folie même », affirme Pennac, qui dévore chacun de ses nouveaux livres.

Inspiré par le festival Italissimo qui les avait réunis à Paris l’an dernier, Oh les beaux jours ! leur a proposé de se retrouver à Marseille pour une rencontre transalpine que Daniel Pennac animera avec la générosité et la vivacité qu’on lui connaît. Che piacere !


À lire

  • Silvia Avallone, La Vie parfaite, traduit de l’italien par Françoise Brun, Liana Levi, 2018.
  • Daniel Pennac, Le Cas Malaussène, tome 1. Ils m’ont menti, Gallimard, 2017 ; Mon frère, Gallimard, 2018.

En coproduction avec l’Institut culturel italien de Marseille.

Dans le ventre des frigos

Avec Arnaud Cathrine, Cédric FabreGauzCapucine et Simon Johannin, Florent Marchet, Tiffany Tavernier
Mise en scène ildi ! eldi  (Sophie Cattani et Antoine Oppenheim).
Photographies & vidéo Pierre Morales.

Après avoir ouvert les portes de la littérature aux vestiaires de foot et aux coulisses de l’amour au cinéma, ce sont les portes de nos frigos qu’Oh les beaux jours ! compte bien dégivrer cette année lors de son incontournable soirée d’ouverture !

Appareil standardisé et sans histoire, présent dans chaque cuisine française depuis les années 1960, le réfrigérateur abrite pourtant bien des secrets… Miroir de nos pratiques et de nos marottes alimentaires, révélateur de nos contradictions et de notre rapport à la société de consommation, le frigo fait partie des objets intimes qu’on ne montre pas toujours.

À Marseille, des habitants ont accepté d’en ouvrir la porte, livrant son contenu au regard d’un photographe obsessionnel et aux imaginations d’écrivains curieux. Sur scène, sept auteurs nous font le récit gourmand de leur immersion dans les clayettes et les bacs à légumes, entre histoires personnelles et fictions ménagères.

Des écrivains réunis sur scène dans un exercice inédit, des fictions, des récits autobiographiques et peut-être même des chansons,  un souffle de fraîcheur pour démarrer le festival sur le plateau du Merlan. Brrr…


La soirée d’ouverture commence dès 19h dans le hall du théâtre !

Avec une rencontre en entrée libre : La Fabrique des jeunes auteurs.


En coréalisation avec Le Merlan, scène nationale de Marseille.